Jean Labre (photos M. Vicent-Roubert)Tous les harmonicas
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Edito

 

Un harmonica à l'Opéra Garnier
Récemment je vous ai fait part d'un événement, vous annonçant qu'il allait se dérouler sous peu. C'est chose faite... Pour la première fois de son histoire l'Opéra Garnier a accueilli dans ses murs un instrument de musique né comme lui au XIXème siècle, représenté par un harmoniciste que nous connaissons bien : le talentueux Antoine Leroux.
Cela s'est passé du 7 mars au 1er avril, durant 12 représentations au cours desquelles Antoine Leroux interpréta la « Valse des Fleurs » du ballet « Casse Noisettes » de Tchaïkovski, évoluant sur scène parmi les danseuses et danseurs de l'Opéra Garnier.
Ce Palais Garnier classé monument historique, tout comme le Carnegie Hall de New York, classé lui « National Historic Landmark », dans lequel Larry Adler et Buddy Green obtinrent un triomphal succès, sans oublier Claude Garden à Boston avec le Boston Pop Orchestra.
Il en a été de même pour Antoine Leroux, félicité à la fin de ces concerts par les instances de l'Opéra Garnier à commencer par le directeur artistique...
Autant de lieux prestigieux qui contribuent à mieux faire connaître notre instrument auprès du grand public.
On ne pourra plus dire désormais que notre instrument n'a pas recueilli ses lettres de noblesse.
Fini le « vilain petit Canard »...
L'Opéra Garnier, le « Graal »... Des lustres que j'attendais cela.

Jean Labre

L'harmonica sous sa forme actuelle est bien né en 1821 en Allemagne, inventeur Christian Friedrich Buschmann. Mais n'oublions pas que son ancêtre anches libres, le Sheng, est né lui il y a 4500 ans en Chine, inventé sous le règne de l'Empereur Huàngdi. Il sera suivi plus tard, au VIIème siècle de notre ère par le Shô Japonais.
Harmonica, Sheng et Shô sont de conception identique basée sur le principe anches libres soufflé-aspiré, seuls instruments au monde offrant cette possibilité.
Il est très regrettable que le musée National de la Musique de Paris, n'en ait pas encore eu connaissance.

Paru le 10 juin 2016


Edito

 

Le franc Pinot
Il suffit de passer le pont et l'on se retrouve dans l'ile Saint Louis proche de Notre Dame, un univers enchanteur, sans métro, dans lequel bon nombre de célébrités ont choisi de vivre s'accordant un temps de répit dans la tourmente journalière d'un Paris voisin. Les îles ont toujours quelque chose de magique, d'indéfinissable, c'est vrai même en plein cœur de Paris.
Récemment, il m'a suffit de passer le pont Marie pour assister à un concert de Nami Miyata, virtuose d'un instrument qui nous est cher. Concert qui eut lieu dans le petit théâtre centenaire Paul Rey, rue d'Anjou, que la Seine baigne à l'angle du Pont Marie.
En sortant du spectacle, m'accordant quelques pas le long des quais je tombe en arrêt quai Bourbon devant une vieille enseigne en fer forgé, parée de pampres de vignes, le Franc Pinot ! Pour autant que je me souvienne je n'ai pas franchi la porte de cet établissement depuis 1954. Magie de cette nuit d'automne, il m'a suffit de pousser cette porte pour me retrouver dans un espace riche de souvenirs... j'avais alors vingt ans !
J'ai été chaleureusement accueilli par le nouveau gérant auquel je fis découvrir la période harmoniciste des années 50 dont il ignorait totalement l'existence, m'écoutant avec un vif intérêt, lui racontant qu'au tout début de cette époque, Borrah Minévitch, entre autres célébrités, se rendit acquéreur du Franc Pinot, dans lequel depuis trois siècles bourgeois et artistes venaient s'encanailler; et que de nos jours ce sont les harmonicistes du monde entier qui ont pris le relais fréquentant ce café concert Ludovisien.
Enthousiasmé mon hôte m'invite alors à revisiter les lieux. Mis à part quelques modifications survenues au premier niveau, rien n'a changé: avec cette cave médiévale, sa petite scène et son piano à queue, et cette autre cave voutée en second sous sol réservée aux rendez- vous privés... oui, rien n'a changé : décoration murale, carrelages etc. De nos jours cet établissement est devenu un rendez-vous jazz.
Le temps s'est écoulé, Borrah Minevitch est décédé dans l'appartement de son Franc Pinot... Il nous a laissé un héritage inestimable, celui d'une formation d'une qualité musicale, scénique, dans la pure tradition "Music-Hall", jusqu'à nos jours inégalée, glanant tant de succès dans le monde entier avec ses "Rascals" : Johnny Puleo, Richard Hayman, Jerry Murad, Don Les, Pete Pedersen, et les autres... Ne l'oublions pas.

Quelle soirée ! Au petit matin, il m'a suffit de repasser le pont Marie pour regagner mes pénates des Buttes Chaumont.

Jean Labre.

*L'île Saint Louis est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO
*Le Franc Pinot est situé 1 quai Bourbon, Ile Saint Louis 75004
Paru le 27 février 2016


Edito

 

L'Anecdote
Une anecdote est une particularité historique, un trait de mœurs ou de caractère, une petite histoire qui se raconte plaisamment et se retient aisément, en faisant appel aux sentiments. L'art de raconter une anecdote fait en grande partie du charme de la conversation, en quelque lieu que ce soit, le plus souvent en famille, voire entre amis dans un lieu public : restaurant, café, bistrot...
Notre petit monde de la musique à bouche n'est pas en reste. Depuis des lustres les anecdotes ne manquent pas d'alimenter la chronique. Moi-même, j'évoquais récemment cette rencontre des années 50 au cours de laquelle le regretté Jean Wetzel gifla, le non moins regretté Larry Adler, pour une sombre histoire de « Grisbi ».
Une opportunité nous est aujourd'hui offerte de nous retrouver dans un lieu approprié pour « tailler des costumes », voire décerner des louanges... « Amas d'épithètes, mauvaises louanges : ce sont les faits qui louent, et la manière de les raconter » nous disait La Bruyère...
Et oui, surprise, fait du hasard, c'est au café « L'anecdote » que se déroulera désormais notre rendez-vous mensuel. Ce café bistrot, rendez-vous de la rue de Bercy auquel nous autres harmonicistes parisiens restons très attachés, ex « Lien » de Monique, bonne fée de ce rendez-vous ainsi rebaptisé par le nouveau propriétaire.
C'est Isabelle qui dorénavant nous accueillera en ce lieu que l'on peut qualifier de mythique après une si longue et si fidèle fréquentation, souvenirs à la clé...
Que d'anecdotes au fil du temps dans ce monde à la fois merveilleux et si tourmenté.
Harmonicalement
Jean Labre
Paru le 5 février 2016


Edito

 

Planète Blues
"Le Blues c'est la vie et la vie c'est le Blues. Cela va du premier pleur de l'enfant nouveau né au dernier hoquet de l'homme qui meurt. C'est la vérité de l'existence."The Blues is Life". Tout est dit dans ce beau livre de Victoria Spivey.

Blues... BB King vient de nous quitter. La planète Blues est en deuil.

Le bluesman a cette particularité de vivre le blues avec deux supports complémentaires qui sont à la fois la voix et l'instrument. Par chance la guitare est un instrument polyphonique, de ce fait une simple guitare peut remplacer tout un orchestre. BB King en a fait l'éclatante démonstration durant des décennies. "L'homme a besoin de passion pour exister" nous disait Goethe... Baby Blues* en est la parfaite illustration.

Depuis les origines, il y a près de deux siècles, le blues est devenu peu à peu une simple littérature chantée issue d'une communauté éprouvée, une philosophie en liberté, un art de vivre que la musique rock répandra plus tard sur toute la planète.
L'harmonica n'interviendra que vers la fin du XIXème siècle, apportant dès lors un plus à l'éventail de la panoplie des bluesmen, receuillant d'emblée un vif succès, il portera désormais le nom de "Mississipi Saxo".

A Memphis, dans Beale street, il existe un lieu culte, le "BB King Blues Club"... Espace magique dans lequel BB King et ses prédecesseurs ont laissé depuis des lustres une empreinte indélébile. Lieu proclamé "National Historic Landmark" (site historique national), en 1966 aux USA.
A l'instar de Hollywood Boulevard à Los Angeles, il existe sur le trottoir de Beale street un "Walk of Fame" (chemin des célébrités), dalles sur lesquelles apparaissent les noms de BB King, Little Walter, Sonny Boy Williamson, le King Elvis, plus récemment celui de Pete Pedersen... et tant d'autres.

On ressort du BB King Blues Club ouïe et palais comblés, en ce lieu dans lequel blues et "Lips Making Ribs", barbecue créole, se confondent à merveille.
Oui, la planète Blues se porte bien, merci.

Mais BB King n'est plus... Lucille, sa guitare, est désormais orpheline.

Jean Labre

*Ainsi surnommé affectueusement dans le monde du blues depuis son enfance.
Paru le 20 mai 2015


Edito

 

Etre ou ne pas être...
Tout dépend de la manière dont les gens le perçoivent, la compréhension de cette phrase est multiple. Démarquons-nous un instant de la dimension poétique, théâtrale de son auteur, Shakespeare, pour nous retrouver dans l'actualité quatre siècles plus tard, en ce matin du 9 janvier 2015 avec ce drame survenu dans les locaux de Charlie Hebdo. Incommensurable atteinte à nos libertés.
Être ? Oui, il importe d'être Charlie, soyons Charlie, je suis Charlie. Notre petit monde de la musique à bouche est de tout cœur Charlie.
Ils sont nombreux à continuer de brandir des crayons, leur seule arme contre la barbarie, en ce qui nous concerne nous ne disposons que d'un petit instrument...
J'ai eu la chance, le grand bonheur, de parcourir un monde de diversités, de différences, un monde florissant de musiques de tous genres et de rencontres ô combien enrichissantes... L'aventure, avec toujours en poche ma musique à bouche, inséparable compagne, symbole de liberté, mon meilleur passeport à travers ce monde à la fois merveilleux et si tourmenté.
Oserais-je ? Cela va sans doute faire sourire nos caricaturistes et, qui sait, leur inspirer un dessin impliquant une lecture au deuxième voire au troisième degré... Oui, je pense à ce dicton de temps aujourd'hui révolus : « Si tous les gars du monde voulaient se donner la main... » !
Allons, ça n'est pas défendu de rêver ensemble...

Harmonicalement
Jean Labre
Paru le 24 janvier 2015

Claude Garden, biographie 1937-2004-(1)

Cliquez pour voir la photo agrandie.

Nous sommes en 1952. De cette année là, un jour reste encore gravé dans ma mémoire. Nous étions réunis un samedi après midi au " CHARM " (Club de l'harmonica fondé par Albert Raisner), lorsque Claude Garden apparut pour la première fois dans notre univers harmoniciste en franchissant la porte du légendaire local de la rue des Petites Ecuries, à Paris. Claude avait tout juste 15 ans.
Accompagné au piano par sa maman, il joua la Marche Turque de Mozart dans un silence religieux, subjugués que nous étions tous en découvrant ce jeune visiteur doué déjà d'une virtuosité étonnante alliée à une sensibilité qui en disait déjà long sur un talent exceptionnel et prometteur. Sa brillante carrière le confirmera. Je revois encore cette lueur de fierté rayonnante qui animait le regard de sa mère.
Elle était et restera son plus fidèle soutien tout au long de sa carrière, elle aura 99 ans cette année (en 2004).

" Je me suis mis à jouer de l'harmonica du jour où j'ai entendu jouer Larry Adler, merci Larry... ", me confia-t-il un jour lors d'une interview (2). Son " explosion " lors des années 50 fut favorisée par l'engouement exceptionnel que connut notre instrument durant cette décennie, " l'âge d'or de la musique à bouche ", unanimement reconnu par tous ceux d'entre nous qui le vécurent.
Heureuse époque durant laquelle Claude se fit vite une place parmi l'élite. Radios, concerts, enregistrements se succédèrent à une cadence qui nous laisse encore rêveurs de nos jours. Il reste encore trace de bon nombre de disques enregistrés par Claude durant cette époque, j'en fais mention en fin de cette biographie. Ce sont pour la plupart des enregistrements de musique classique auxquels s'ajouteront de remarquables disques de jazz et de variétés parmi lesquels celui du " Grisbi ", que je préfère personnellement à celui de Larry Adler.

Au début des années 60, la vogue des " fifties " alla decrescendo. L'avènement des Beatles et du rock'n roll proposa vite au grand public une autre mode de musique plus attractive à ses yeux, avec la venue de nouveaux instruments, effets électroniques, etc. Les harmonicistes professionnels garderont un bien triste souvenir de cette époque. Claude Garden devait me confier : " L'époque des années 50 fut vite révolue. Je me suis dit à la fin des années 60, qu'il allait falloir tenter d'ouvrir davantage l'éventail de mes possibilités, me faire un peu plus caméléon, ne serait-ce que pour continuer à gagner ma vie décemment. Je faisais de la variété et c'est à cette époque que j'ai été attiré par le jazz. J'ai appris le jazz avec Martial Solal, Nicole Croisille, Luigi Trussardi, Maurice Vander. Nous nous retrouvions souvent à Paris au " Living Room ". C'était une boîte de jazz très fréquentée par bon nombre de musiciens de jazz américains." Ayant quand même eu la chance de faire partie de l'écurie du célèbre imprésario Johny Stark, Claude prendra part à des tournées en Europe avec Jacques Brel, Zizi Jeanmmaire, Johnny Halliday, Raymond Devos, etc. Mais cette aventure devait mal se terminer, Stark avait un foutu caractère ... Monsieur Claude Garden n'était pas en reste!

Vinrent les années 70, et Claude d'ajouter : " Le hasard est venu à mon secours. Grâce à André Dassary (célèbre chanteur de l'époque), je me suis fait engager sur le paquebot "France ". Et c'est reparti pour un tour, New York, Montréal, 2 ans de croisières sur l'Atlantique nord, de 70 à 72. C'est là que j'ai connu Salvador Dali... toujours le hasard. Sur le France je jouais très souvent des morceaux d'Eric Satie. C'est par ce cheminement que j'ai fait sa connaissance, car lui et Satie faisaient partie du cercle fondateur du mouvement surréaliste qui fit fureur fin des années 20, début des années 30.

Cliquez pour voir la photo agrandie.

C'est ainsi que pendant 3 à 4 ans Dali m'a régulièrement invité à jouer à New York à l'hôtel Saint Régis, où il résidait, puis j'ai fait ensuite un tour du monde avec lui. J'ai été très déçu par les Etats-Unis. Malgré son aide, je n'ai joué que deux fois aux USA. Une fois à Boston, avec le Boston Pop Orchestra, où j'ai interprété le Concerto d'Arthur Benjamin, et une autre fois à New York où j'ai joué le Concerto d'Henri Sauguet. Avoir connu Dali, ça a beaucoup changé ma vie et ma vision des choses. "

C'est également à cette époque que Claude Garden va découvrir le Canada. Coup de cœur ! A la suite d'une télévision à Montréal Claude, ce français de "l'aut'bord ", va être adopté par ses cousins canadiens. Felix Leclerc (avec lequel il enregistrera un disque), Charlebois, Vigneault, qui l'invitèrent à maintes reprises à jouer avec eux. L'organisme " Jeunesses Musicales " du Québec va lui offrir une grande tournée à travers l'Amérique du Nord dans une nouvelle formule : " Duo Harmonica Guitare " faisant ainsi découvrir outre atlantique un nouveau registre de son talent. François Dompierre, compositeur québécois, lui dédiera " Harmonica Flash " qu'il jouera en concert et enregistrera chez Deutsche Grammophon avec l'Orchestre Philharmonique de Montréal sous la direction de Charles Dutoit. Faisant de rares incursions en France, il choisira de vivre au Canada jusqu'en 1985, adoptant la double nationalité. Il dira de ce pays : " y avoir retrouvé ses racines ".

Il ne rentrera pas directement en France s'arrêtant 6 mois aux Caraïbes, toujours en quête de découverte de la planète... Pendant la période d'hiver il se produira dans tout l'archipel avec un quartet de jazz. Il découvrira alors Haïti, des amis musiciens, danseurs et peintres qui vont vite l'adopter (Claude était aussi un peintre de talent, ayant fréquenté dans sa jeunesse l'école des Arts Décos de Paris, un de ses tableaux trône à jamais dans mon appartement). Claude habitera pendant sa période haitienne sur les hauteurs de Port au Prince (Black Mountain) où on l'appelle encore : " Ti Blanc Gentil ".
Fin 85, engagé par le célèbre chef d'orchestre Paul Mauriat il va partir en tournée pour la première fois au Japon. Il découvre le pays du Soleil Levant... nouveau coup de cœur !... Qui ne prendra fin, hélas, qu'un bien triste matin d'automne.
Dès 1986, lui et moi entretiendrons désormais une relation à la fois amicale et professionnelle ; j'ai distribué sous mon label PSB deux de ses enregistrements.
En cette fin des années 80, Claude Garden se consacrera à l'enseignement de l'harmonica. Il va donner des cours, cinq années durant, au " Ménétrier ", rue de Rome à Paris ; magasin de musique parmi tant d'autres dans cette rue rendez-vous mondial des facteurs d'instruments.
Fait unique, le Conservatoire Européen de Paris, de la rue des Francs Bourgeois, va lui proposer l'ouverture d'une classe d'harmonica chromatique. Projet qui ne devait jamais voir le jour faute du peu de candidatures enregistrées. On ne peut que déplorer cet épisode sans suite qui nous aurait valu des lettres de noblesse dont nous avons tant besoin.

En 1992, Claude repart en tournée au Japon où l'harmonica est roi. Il va vite y devenir une star adulée, enchaînant chaque année des séries de concerts à guichets fermés. Tournées au cours desquelles il sera sollicité de toutes parts pour des master classes , télés et autre cours particuliers. Sur ses conseils la marque d'instruments " Suzuki " va créer un modèle d'harmonica chromatique 14 trous, le "Magic Garden ". Me rendant assez souvent dans ce pays, il m'est arrivé de partager avec lui, et quelques fois Pete Pedersen (souvent hôte de ce pays), des instants inoubliables. Je garde un souvenir marquant de sa participation aux Festivals de Yokohama en 1995 et à celui d'Atsugi (Tokyo), en 2002, auquel participaient également les " Hotshot's ", le "Trio Adler " et mes amis Juko Saito et Yasuho Watani. Histoire de vous situer l'intérêt suscité par un tel évènement dans ce pays, sachez que ce festival a recensé 28000 entrées en 5 jours ! Claude fut souvent accompagé dans ces concerts par la talentueuse pianiste Nami Miyata.

De 90 à ce début de siècle, tel un infatigable " globe trotter ", Claude Garden voguera de concerts en concerts autour du monde: Allemagne, USA, Chine, Corée, Malaysie, Canada, Taiwan,etc. Mais, paradoxalement, il se produira assez peu souvent en France... nul n'est prophète en son pays !

Mais il y a aussi le Claude Garden compositeur. Voici ce qu'il me confia lors de l'interview dont il est question :
" Mon souci constant dans ce domaine a toujours été de composer dans le registre des possibilités techniques et mélodiques de l'instrument. J'ai commencé à écrire il y a de cela 20 ans.
Ma première composition, "Alexandra ", fut dédiée à ma fille cadette. Elle a aujourd'hui 23 ans (Claude a une autre fille qui se prénomme Maud). Mes compositions de cette époque s'orientaient vers un style New Age, dans lequel les sonorités de l'harmonica étaient particulièrement mises en valeur. Puis il y a eu ma " Suite Enfantine ", etc. ". Claude a composé de nombreuses autres œuvres pour harmonica. Comment ne pas évoquer les 4 compositions figurant dans son dernier album, de jazz : " Garden Club ".

De grands noms de la musique ont composé pour lui : Darius Milhaud, Henri Sauguet, Astor Piazzola, Charles Dutoit, François Dompierre. Voici en un bref résumé de ce qui a été dit, ça et là, sur Claude :
" J'ai eu le grand plaisir de composer pour Claude Garden le " Garden Concerto ". Grâce à lui, l'harmonica connaît une nouvelle dimension, il en est le maître incontesté. Il a la technique et la sonorité la plus intelligente ". Henri Sauguet
" J'ignorais qu'il existait un harmoniciste capable de jouer aussi bien la musique classique, jazz ou latine. Quand Claude Garden m'a demandé de lui écrire un concerto je ne le connaissais pas. Dès que je l'ai entendu j'ai compris que j'avais affaire à un grand musicien ". Astor Piazzola
" En enregistrant " Harmonica Flash " chez Deutsch Grammophon avec Claude Garden, j'ai découvert un nouvel Harmonica que je n'imaginais pas ". Charles Dutoit
" En plus d'une incroyable musicalité dotée d'une technique à toute épreuve, Claude Garden ne tombe jamais dans la vulgarité ". François Dompierre
" Pour moi Claude Garden, qui est mon ami... n'est pas Claude Garden... Il est le symbole même de l'harmonica ". Salvador Dali
En 1995, au Festival mondial IHO/FIH, à Yokohama, auquel prirent part Larry Adler et lui. Larry me confia, au cours d'un petit déjeuner à l'hôtel Continental : " Il sait tout faire. Avec lui et quelques autres, Watani par exemple, j'ai la conviction que ma succession est assurée. "

Début août 2004. Nous avons pris part tous les deux au 5ème Festival Asiatique de Hong Kong. Bien que fatigué Claude nous a fait, une fois de plus, la démonstration de son immense talent au cours d'un concert jazz qui se termina par une standing ovation ô combien méritée.
C'est à Hong Kong, à la fin du festival, à l'hôtel " Ramada " dans Kowloon, par une chaude soirée d'été que nous nous sommes retrouvés pour la dernière fois autour du pot de l'amitié. Le lendemain matin, il reprenait l'avion pour sa dernière tournée au Japon.
Fidèle à son public, dépassant sa souffrance, Magic Garden fit une dernière fois la démonstration éclatante de ce grand talent que nous lui connaissions... et que nous ne sommes pas près d'oublier.

Jeudi 9 décembre 2004. Claude s'est éteint à l'hôpital Saint Joseph à Paris. Il repose désormais au cimetière de Bagneux.
Il a dit un jour : " L'Harmonica aura été pour moi un symbole de liberté, et aussi mon meilleur passeport à travers le monde ".
Sayonara Claude

Jean Labre

Traduction anglaise : Josette Labre
photos c/o Claude Garden
© Copyrignt 2005 by Jean Labre

(1)Claude Garden est né le 27 février 1937 à Verneuil sur Avre, en Normandie (27130).
(2)Il s'agit d'une interview réalisée par Jean Labre, en son domicile, le 6 novembre2002. Toutes les interventions de Claude Garden évoquées dans cet article sont issues de cette interview publiée dans la revue " Echos France Harmonica " N°40 (hiver 2002/2003).

DISCOGRAPHIE

Elle est non exhaustive. Claude a tellement pris part à des séances d'enregistrements en un demi siècle que je ne prétends pas vous livrer l'intégrité de son œuvre phonographique. Je me borne
aujourd'hui à porter à votre connaissance l'essentiel de ce que mes amis et moi avons retenu.

9265410V FONTANA " Les Rois de l'Harmonica "
S63082 CBS " Claude Garden Harmonica "
839851 GSY PHILIPS L'harmonica et son virtuose " Soirée Musicale "
995021 BARCLAY " Inédits ORTF Garden Concerto "
AG35701 AGAVE SONOPRESS "Music Garden"
RC1443 RADIO CANADA "International Transcription"
9500999 PHILIPS "Claude Garden Mundharmonica"
G05578R PHILIPS "Harmonica et son virtuose" Classique pour tous
2531265 DEUTSCH GRAMMOPHON " Harmonica Flash "
EPS 1222 VOGUE " Harmonica Concert Claude Garden "
460 072 VOGUE " Claude Garden Harmonica 1 "
EPS 1249 VOGUE " Claude Garden Harmonica 2 "
842851 PHILIPS " Texas Rider "

87701 PSB " Mes Rappels Préférés " Claude Garden Harmonica/classique vol. 1 (cassette), Collection CG/Productions Claude Garden
4232 PSB " L'Harmonica " Claude Garden Harmonica/classique
vol.2 (cassette), Collection CG/Productions Claude Garden
INCD 5001 " That's what friends are for " CD. Amplitude Canada variétés
Amplitude/Canada/ CD Félix Leclerc - Claude Garden /Productions Yvan Gadoua
INT-CD-111 " Tender Harmonica Stories " Intermède Communications
VICG-8069 Victor Ent. Japon " Mélodies Claude Garden " CD classique : Gossec, Desportes, Mozart, Kreisler et classique Japon : Miyagi, Sugiyama.

Série " Prestige de l'Harmonica " (3 CD's. Bleu, Blanc, Rouge)
ILD 642206 (Bleu) " Claude Garden vol.1 " : Hasse, Vivaldi, Mozart, Pergolèse, Purcell, Sarasate, Debussy, Gounod, Dinicu, St Saëns,Fauré.
<FNAC URL="musique.fnac.com/a1224666/Claude-Garden-Prestige-de-l-harmonica-CD-album" PROD="Claude Garden - Prestige de l'harmonica Vol.1">
ILD 642207 (Blanc) "Claude Garden vol.2" : Paganini, Teleman, Bach, Schubert, Donizetti, Albinoni, Vivaldi, Grieg, Beethoven, Bartok.
<FNAC URL="musique.fnac.com/a1253721/Garden-Prestige-de-l-harmonica-CD-album" PROD="Claude Garden - Prestige de l'harmonica Vol.2">
ILD 64208 (Rouge) "Claude Garden vol.3"  : Bach, Marcello,Ibert, Satie, Chopin, Schumann, Ravel, Katchaturian, Benjamin, De Falla.
Ces 3 CD sont aussi disponibles en contactant le : (33)1.48.25.29.41 ou sur FNAC.com.
<FNAC URL="musique.fnac.com/a1340262/Claude-Garden-Ambiance-classique-CD-album" PROD="Claude Garden - Prestige de l'harmonica Vol.3">
J.L.001 "Yokohama 95" CD compilation : Claude Garden, Larry Adler, Pete Pedersen, Charlie Mc Coy,Franz Chmel,Don Les, Mo Vint, Jean Labre,Juko Saito,Shigeaki Iwasaki... disponible sur ce site, rubrique http://www.jeanlabre.com/cd.html.
CD Jazz " Garden Club ", son dernier album.
photo c/o Claude Garden
Paru le 16 décembre 2014


Edito

 

Saveur du temps
Saveur, qualité qui est perçue par le sens et le goût. Littré

Ça bouge dans le monde de la musique à bouche. Les initiatives se multiplient aux quatre coins de l'hexagone, des liens se créent chaque jour grâce aux mouvements associatifs et autres petits groupes, attentifs au besoin d'information de chacun d'entre nous, où que nous soyons.
La mondialisation a élargi le paysage artistique. Saveur du temps qui nous délivre une multitude d'événements, concerts, festivals, rencontres, contacts, chroniques, publications tous azimuts.
Ça bouge, et nous ne sommes pas en reste, ne serait-ce qu'à Condat sur Vienne, au cœur de notre hexagone, où vient de voir le jour un Pôle de Ressources Harmonicas (PRH) d'audience internationale parrainé par Brendan Power et Joe Filisko, à l'initiative de l'association locale Harpedge.
Sans oublier pour autant ceux d'entre nous, dépourvus d'internet, qui vont désormais trouver dans la revue « Harmonicas de France » une multitude d'informations consacrées en priorité aux associations et harmonicistes de France.

Outre les saveurs de l'esprit il en est d'autres sans lesquelles cet édito manquerait précisément... de saveur. Tout à un sens, le goût en a plusieurs. L'arrivée du Beaujolais nouveau est devenue un événement planétaire. Novembre 1999, un Boeing 747 cargo d'Air France se pose à Tokyo Narita chargé d'une cargaison de 145 tonnes de Beaujolais nouveau ! Je fus invité le soir même à une soirée musicale, histoire de fêter l'événement, au palace New Otani de Tokyo, soirée mémorable.
Dans l'avion du retour, il m'est venu l'idée de faire de même à Paris. C'est ainsi que naquit Harmo-Beaujo dont nous fêterons le quinzième anniversaire ce mois-ci, avec modération, au restaurant «Arts et sciences Réunis", à Paris...

«Vinicius et musica laetificant cor »
Le vin et la musique réjouissent le corps.
Ecclésiastiques XI, 20

Harmonicalement
Jean Labre
Paru le 6 novembre 2014


Edito

 

What's New / Quoi de Neuf
What's New ? Quoi de Neuf ?... Cette soif de savoir ce qui se passe sur notre planète, voire dans notre entourage, ce besoin alimenté par les médias n'a de cesse de croître, amplifié par un déluge de publicités... Que dire de ce phénomène générateur d'une addiction inhérente à notre époque ; nous en sommes tous plus ou moins victimes d'autant que la machine ne cesse de s'accélérer sous l'impulsion d'internet... Syndrome caractéristique de notre XXIème siècle.
Un de mes amis avait coutume de dire qu'il rêvait de se retrouver sur une île déserte avec pour seul siège une pile de bottins, histoire de savourer de ne plus avoir le téléphone. Le destin ne lui a pas, hélas, laissé le temps de réaliser son rêve, mais je me dis parfois que pareille délivrance vaudrait sans doute la peine d'être vécue...
Mais relativisons, vous tenir informés de l'actualité de notre musique à bouche n'est pas chose évidente. Cela requiert un travail considérable. Rendons hommage à l'équipe de rédaction H2F, laquelle se consacre inlassablement, bénévolement, à la bonne cause de notre instrument s'efforçant de vous tenir au courant de tout ce qui se passe dans notre petit monde de l'harmonica. Je m'efforce de leur venir en aide dans la mesure du possible.
Internet a changé la donne. Et si l'on considère que bon nombre d'entre vous n'ont pas accès à ce système...Reconnaissons que cela pose problème. C'est vers ceux-là que je me tourne aujourd'hui.
Dans un premier temps je leur conseille de s'abonner, s'ils ne le sont pas déjà, à la revue de l'association « Harmonicas de France ». Mais je ne peux m'empêcher de leur conseiller également d'adopter internet, conscient que de nos jours pratiquement tout se traite par ce cheminement planétaire... En se persuadant qu'il n'y a pas d'âge pour y accéder : une voisine de mes amis s'y est mise à 91 ans !
L'accès à internet leur permettra de consulter les sites dédiés à l'harmonica, les informations harmonica tous azimuts, à commencer par celles du site hexagonal Harmonicas de France, ainsi que le système Forum de Patrice Zanardo, Zazapat, dans lequel des internautes posent ou répondent à des questions. J'ai créé le site jeanlabre.com qui vous tient également au courant de tout ce qui se passe sur la planète Harmonica.
Inexorablement, il nous faut admettre qu'internet va devenir d'ici peu l'incontournable moyen d'information, seul interlocuteur capable de répondre à la question : What's new ? Quoi de neuf ?
Tel Robinson Crusoé, les dépourvus de ce système se retrouveront sur une ile déserte, avec ou sans bottins... Philosophie, choix de vie, pourquoi pas ?
Harmonicalement

Jean Labre
Paru le 11 mai 2014


Edito

 

En Famille
La valse des mirlitons et confettis s'en est allée, les rois mages sont repartis dans notre imaginaire jusqu'à l'an prochain. Il en est ainsi depuis bien des lustres, caprice du temps qui poursuit inlassablement son chemin.
Une foule d'événements montre déjà le bout du nez dans le calendrier harmoniciste. Il est incontestable que l'événement phare de l'année 2014 sera le 10ème Asia Pacific Harmonica Festival qui se déroulera en Chine, à Hangzhou, ville proche de Shanghai. Nous en reparlerons plus abondamment dans ce site.
Back to the past, je reviens sur l'événement qui a marqué la fin de l'année 2013, le World Harmonica Festival (WHF) de Trossingen. Outre la moisson de médailles d'or, 10 sur 13 attribuées à nos amis des pays du Soleil Levant, trois standings ovations survenues au cours des concerts traditionnels méritent que l'on s'attarde un instant sur ce festival qui n'a lieu, hélas, que tous les quatre ans.
L'hommage d'un public enthousiaste revint d'abord à Keith Dunn, qui nous délivra un blues à l'état pur, avec pour seul accompagnement le talon de ses boots scandant le tempo sur le plancher de la scène... magistral retour au « big-bang » de la musique à bouche.
Un siècle plus tard, au fil du temps qui passe notre instrument n'aura eu de cesse de décliner sa partition tous azimuts; avec l'apparition récente de l'orchestre « Hong Kong Harmonica Association », il devient... symphonique.
Au cours du concert de clôture, Yasuho Watani nous livra du Chopin, du Piazzola, et j'en passe, avec cette sensibilité, cette virtuosité qui le caractérise. Dernière standing ovation, on en redemande.
L'alchimie soufflé-aspiré, privilège du seul instrument de musique au monde capable de le pratiquer, a de nouveau fonctionné à merveille, nous démontrant une fois de plus que chromatique et diatonique sont viscéralement liés au sein d'une belle et même famille instrumentale. Qu'on se le dise.

Bonne et heureuse Année 2014

Jean Labre
Paru le 1er janvier 2014


Edito

 

Mythe en Forêt Noire
"A l'origine des découvertes il y a toujours un Eldorado, une route des Indes, une pierre philosophale..."

Tel le Phénix, c'est à  Trossingen, dans ce site magique, immarcescible, qu'il a trouvé refuge il y a de cela bientôt deux siècles, après 2500 ans d'un parcours planétaire riche en rebondissements, déjà maintes fois contés dans jeanlabre.com.
Un mythe ne meurt pas, Socrate et Platon restent toujours, contre vents et marées, confortablement intégrés dans notre vie contemporaine.
Porté dès l'origine par une tradition orale alliée à une constante pratique instrumentale, le mythe de la musique à  bouche nous enseigne que le rationnel peut devenir miraculeusement bénéfique, une des fonctions de celui-ci étant essentiellement pédagogique. Le 7ème WHF 2013, qui se déroulera du 30 octobre au 3 novembre à Trossingen en est la parfaite illustration.

L'harmonica est un objet qui fait rêver, il génère un imaginaire qui va bien au-delà des possibilités qu'on lui prête. Oui, bien au-delà, et je me réjouis d'avance à l'idée d'assister au concert de l'orchestre " Hong Kong Harmonica Association " dirigé avec maestria par mon ami Johnny Kuan, orchestre incluant 80 harmonicistes. Ensemble de haute tenue interprétant des œuvres classiques traditionnelles et modernes avec une exécution, une gestuelle s'inscrivant dans la lignée des grands orchestres classiques (hommes en smoking, femmes en robe du soir), qui ne déparerait pas dans notre Palais Garnier, larme à  l'œil garantie.

Si le cœur vous en dit, votre tirelire aussi, ne manquez pas ce festival mondial qui n'a lieu, hélas, que tous les 4 ans. Musique à  bouche en poche, votre meilleur passeport à travers ce monde à la fois merveilleux et tourmenté.
Harmonicalement

Jean Labre
Paru le 18 octobre 2013


Edito

 

Bénévolat
Par définition le bénévolat est une activité non rétribuée et librement consentie qui s'exerce en général au sein d'une institution, sans but lucratif. Celui ou celle qui s'adonne au bénévolat sont appelés bénévoles. L'étymologie du mot vient du latin « benevolus » qui signifie bonne volonté.
Se sentir utile et entreprendre quelque chose pour autrui est le moteur des bénévoles qui s'impliquent dans des domaines d'activités aussi divers que le sport, la culture, les loisirs, l'humanitaire et le petit monde de la musique à bouche en ce qui nous concerne... démarche que l'on peut résumer en un choix de vie au service de nos semblables.
Je suis de retour du forum harmonica de Mittelwihr, au cœur du vignoble alsacien, qui s'est déroulé sous la houlette de Patrice Zanardo, Zazapat, et Bernard Chemin, virtuoses du bénévolat. Trois jours durant lesquels des harmonicistes en provenance de l'hexagone, de Suisse et d'Allemagne, pays voisins, s'en donnèrent à cœur joie, dégustations des crus du terroir et pintes de bière à la clé... moderato.
Il en fut de même à Domancy en Haute Savoie, durant le même week-end au cours duquel Gérard Perrin et ses bénévoles délivrèrent un « Harmonic'Amis » dont on reparlera dans les chaumières.
Et les exemples en la matière ne manquent pas, il vous suffira de jeter un coup d'œil dans la rubrique calendrier de ce site pour en être convaincus... si vous ne l'étiez pas déjà.
Ce Bénévolat, fendons-nous d'une majuscule, est bel et bien la roue de secours de nos institutions, sans laquelle nos mouvements associatifs seraient irrémédiablement, j'en ai bien peur, en voie de perdition.

Récréation... Je terminerai par un trait de plume dont l'humoriste belge Philippe Geluk ne manque jamais de nous gratifier : « Si on payait mieux les bénévoles ça donnerait peut-être envie à plus de gens de travailler gratuitement ».
Harmonicalement

Jean Labre
Paru le 28 juin 2013


Edito

 

Le Retour des Hirondelles
Fidèles au rendez-vous printanier les voila de retour, chassant un hiver redoutable à grand renfort de gazouillis annonciateurs d'une météo harmonica florissante, avec en point d'orgue le World Harmonica Festival (WHF) 2013 qui aura lieu l'automne prochain à Trossingen.
Vous trouverez dans nos chapîtres « Nouvelles/Calendrier » toutes les dates et informations concernant les autres événements harmonicistes de l'année en cours.
Le rendez-vous planétaire de Trossingen approche. Les championnats du monde de la musique à bouche, événement phare de ce festival, attirent de plus en plus de pays dont bon nombre d'Extrême Orient. La course aux médailles est ouverte! Je conseille à ceux d'entre vous, compétiteurs ou touristes, qui souhaiteraient prendre part à ce WHF 2013 de contacter sans tarder le site http://www.whf-2013.de.

L'éclatement d'Internet a laissé sur place ceux d'entre nous qui ont raté le train en marche. Attachés aux us et coutumes du passé ils ont fait le choix d'ignorer tout ce que le web nous apporte : multiples contacts instantanés, possibilités de dialoguer avec les internautes des antipodes, courriels, blogs, tweets, forums et encore bien plus.
Un récent sondage nous révèle que 40% des harmonicistes français se privent d'internet, se contentant de se tenir au courant via la presse papier... au petit bonheur la chance. Rendons hommage à l'association « Harmonicas de France » et à son président Daniel Marty qui dans son magazine s'efforce de publier chaque fois un maximum d'informations concernant l'actualité de notre instrument.

Mais force est de constater qu'une forte majorité de joueurs ne jure que par internet, pratiquant assidument la toile, allant même parfois jusqu'à l'addiction. Il faut nous rendre l'évidence, internet est une affaire qui marche, www.jeanlabre.com est désormais fréquenté par 131 pays.
Ma dernière pensée ira vers les exclus de la toile. N'est-on pas en droit de se demander où se posaient les hirondelles avant l'invention du téléphone ?

Harmonicalement
- Jean Labre
Paru le 4 avril 2013


Edito

 

Propos Post Apocalypse
« Je ne pense jamais au futur, il viendra bien assez tôt. » Albert Einstein

Ainsi donc, après 5125 années d'existence, le calendrier Maya, arrivant à la fin de son cycle long, nous annonçait une fin du monde pour le 21 décembre dernier, jour du solstice d'hiver.
Dieu soit loué, il n'en fut rien.
« Et bien, on s'en souviendra de cette planète... » Barbey d'Aurevilly

Premier janvier 2013.
Je savoure un tilleul menthe réparateur en ce petit matin post festivités, avec en fond sonore ce disque de Noël d'Elvis que je n'ai de cesse d'écouter chaque fin d'année, instant d'émotion musicale. La musique, toujours, fidèle compagne de route au fil de ces années qui passent de plus en plus vite... Bien que les scientifiques s'accordent à prédire encore à notre planète près de cinq milliards d'années d'existence; nous ne sommes que des passagers dans un univers qui s'éternise.

Retour à l'actualité... C'est à Trossingen que va se dérouler le prochain World Harmonica Festival 2013, événement top de l'année, qui a lieu tous les quatre ans, en automne, dans cette cité mythique dépositaire de la culture harmonica depuis près de deux siècles.
C'est au « Koncerthaus Dr.Ernst Hohner », Palais des festivals de Trossingen, que se déroule depuis 1989 ce rendez-vous planétaire de notre Musique à Bouche. Il y aurait tant à dire sur cette petite ville de Bavière, si accueillante, si séduisante parée des couleurs de l'Automne.
Une année 2013 qui s'annonce fertile en rendez-vous harmonicistes tous azimuts.
A commencer par le festival Harmonicas de France dans la commune de Vantoux, proche de Metz, sous la houlette de son dynamique nouveau président Daniel Marty et de Jean Louis Emmenecker.
Sans oublier le Festival Harmonica sur Cher à St Aignan, la convention AJHF de Tokyo et celle de la SPAH à Saint Louis USA.... Et tant d'autres événements harmonicistes évoqués dans notre rubrique calendrier.
Une année qui démarre avec le vent en poupe.

Bonne et Heureuse Année à vous tous ainsi qu'à vos proches.
Bonne et Heureuse Année aux 131 pays, fidèles lecteurs de Jean Labre.com.

Jean Labre
Copyright©2013 Jean Labre
Paru le 18 janvier 2013


Edito

 

Automne 2012 & Tel le Phoenix...
Heureux sont ceux qui parmi nous ont vécu l'ère Minévitch de son vivant. D'autres l'ont découvert plus tard à l'écoute d'une abondante discographie, testament qu'il nous a légué et dans lequel apparaissent une perfection orchestrale et une virtuosité instrumentale encore inégalées de nos jours. A l'écoute de Borrah Minevitch et de ses célèbres « Rascals », je m'étais toujours dit qu'il ne serait pas facile d'accéder à un tel niveau tant la barre était placée haute, voire inaccessible.

Je suis de retour du 9ème Asia Pacific Harmonica Festival, biennale qui à l'instar de nos événements méditerannéens est le rendez-vous des pays riverains du Pacifique et de quelques autres participants en provenance du monde entier. Une organisation sans faille dans un cadre "Mille et une Nuits", propice aux concerts et cérémonies officielles.

De l'avis de tous, le point d'orgue de ce Festival fut sans conteste le concours international d'harmonica, comprenant 14 catégories, comptabilisant un total de 2817 candidats ! Compétition d'un haut niveau atteignant chez les juniors et adultes des sommets de virtuosité impressionnants. Il en est de même pour les ensembles et orchestres dirigés par des maitres en la matière.

En ce qui me concerne, je situe ce point d'orgue ailleurs. J'ai vécu un grand moment d'émotion lors du concert « Fusion of Harmonica Arts » qui se déroula dans la Concert Ballroom du palace Berjaya. Je suis resté « scotché » devant la prestation du « Judy Harmonica Ensemble », de Taîwan, interprétant le thème du film « Pirates of the Caribbean », avec une présence orchestrale, une virtuosité que n'auraient pas désavoué les « Rascals »! Saluons en passant le travail de l'arrangeur... Oui, j'ai réalisé au cours de cette soirée que ce que je croyais impossible jusqu'alors, la succession de Minévitch, était désormais chose réalisable, dans le concept instrumental si cher à ce dernier, à savoir : 3 chromatiques, le chord et la basse.
Il en est de même pour le « Sirius Harmonica Ensemble », également de Taïwan, qui nous a gratifié d'un flot d'harmoniques bien en place, en interprétant magistralement « Contrat », thème d'un jeu vidéo qui déménage, ça va vite... encore un bravo pour l'arrangeur ! Ils sont cinq, eux aussi, avec la même définition instrumentale que les « Rascals ».

Il était temps que l'épopée Minévitch, devenue souterraine, héroïque, éclate à nouveau au grand jour. Sans doute la nouvelle la plus revigorante de la rentrée.

Harmonicalement

Jean Labre
Paru le 16 octobre 2012


Edito

 

Présidentielles
"Si j'étais Président de la République... J'écrirais mes discours en vers et en musique... Rien ne serait comme avant, si j'étais Président..."
Un vent présidentiel déferle en ce moment sur la planète, remettant à la mode la chanson de Gérard Lenormand et Pierre Delanoé "Si j'étais Président".
L'associatif n'échappe pas à ce phénomène, tel, France Harmonica/H2F, et aussi en ce moment la SPAH (Society for the Preservation and Advancement of the Harmonica) à Irvin au Texas... Associations dont les adhérents sont invités à reprendre le chemin des urnes.
Sans oublier pour autant les chefs d'États, en France, aux USA, et ailleurs ; une aubaine pour les médias qui n'ont de cesse de nous harceler en continu grâce à cette manne tombée du ciel, nous accordant parcimonieusement un répit de cinq ans, voir moins si l'on inclut les phases préliminaires des élections à venir.
Tant et si bien que bon nombre de candidats potentiels n'hésitent pas à se poser des questions en se regardant au petit matin devant la glace de leur salle de bain. Ces miroirs... qui feraient bien de réfléchir parfois avant de renvoyer les images (Jean Cocteau).

Il est un phénomène qui a attiré mon attention, phénomène qui nous apporte une bouffée d'oxygène dans cette tourmente présidentielle.
Edito en poche, partons à la découverte outre Atlantique d'une belle histoire d'amour pour le moins inattendue. Cela concerne huit présidents américains qui depuis plus de 150 ans on vécu une incroyable Lune de Miel avec notre instrument.
Cela a commencé vers 1860 avec Abraham Lincoln qui selon la biographie de Carl Sandburg jouait souvent de l'harmonica au cours de ses débats ; de Warren G. Harding qui pendant son court mandat a conservé une collection d'harmonicas dans le bureau ovale de la Maison Blanche ; Calvin Coolidge qui, dit-on, amusait ses visiteurs dans ce même bureau ; Theodore Roosevelt, Prix Nobel de la Paix, qui aimait souvent jouer de notre instrument ; Woodrow Wilson, autre passionné de l'harmonica ; Dwight Eisenhower, le vainqueur de la seconde guerre mondiale, qui était aussi un passionné de notre musique à bouche ; il en fut de même pour un Ronald Reagan, charmeur, qui ne se lassait pas de jouer « Red River Valley ».
Et puis, n'oublions pas, Bill Clinton, joueur de saxophone, n'a-t-il pas dit un jour : « On fait une campagne électorale en vers, puis l'on gouverne en prose... » Rejoignant quelque part Gérard Lenormand.

Je me souviens d'une soirée, hiver 1972 à Flaine en Haute Savoie, au cours de laquelle Valéry Giscard d'Estaing, futur Président de la cinquième République, interpréta talentueusement quelques airs bien de chez nous à l'accordéon. Cela se passait dans une trattoria auvergnate du centre de la station. Mon fils Stéphane, tout jeune bébé à cette époque, assistait à ce « bœuf » pré-présidentiel, bien sage et bien calé dans son couffin...

Le vote, c'est étymologiquement adresser un vœu, le saviez-vous ?

Allons, prenons le temps comme il vient, le vent comme il souffle et la vie du bon côté.

Harmonicalement
- Jean Labre
Paru le 20 juin 2012


Edito

 

The Artist
J'ai fait la découverte du cinéma muet à la fin des années 30 au cinéma « Le Taine », situé dans la rue du même nom, à Paris dans le 12ème arrondissement. Lieu culte du 7ème art à cette époque, rendez-vous de mon imaginaire d'enfant, où je me rendais de temps à autre avec ma grand-mère.
Le temps s'est écoulé, je n'en suis pas moins resté un inconditionnel de cet art inégalé de la pantomime, grâce auquel ce sont les yeux qui entendent ce qui se dit. L'œil écoute, et ce processus est largement favorisé par l'accompagnement musical qui empêche le spectateur d'entendre le silence du film.
« The Artist », saluons dans ce film la performance de Jean Dujardin et de sa partenaire Bérénice Bejo, sans oublier le petit chien Uggie, première star canine hollywoodienne à recevoir un Oscar, ô combien mérité.
A l'heure de la 3D, il fallait du courage et de l'obstination pour sortir un film muet en noir et blanc. Rencontre entre le cinéma muet et l'écriture musicale, scène privilégiée de l'art gestuel qui propose une nouvelle clé de lecture aux spectateurs ; un bel hommage rendu à Charlie Chaplin et aux « Temps Modernes".
Je suis toujours resté à l'écoute des musiques de films. Il m'arrive même souvent de privilégier l'écoute de la musique plutôt que l'image.
Cette musique, qui favorise l'échange et le respect de l'autre qui ne parle pas notre langue, pas plus que nous la sienne... autre forme de langage ; autre gestuelle spontanée, celle qui consiste pour nous autres harmonicistes à porter un harmonica à nos lèvres. Tel ce dialogue avec mon ami harmoniciste coréen, Lea Hea Bong, avec lequel je partage parfois des instants privilégiés... musique en bouche ; ou bien encore avec Jun Fukamachi, ce génial pianiste japonais avec lequel il m'est arrivé d'improviser "ad lib", jusqu'à plus soif, sur le thème des « Feuilles mortes » entre autres, devant une audience de rêve.
Mais cela va plus loin encore. Je suis resté scotché devant une émission de Thalassa se déroulant en Polynésie, dans l'archipel des Tuamotu, où l'on voyait un musicien entamer un dialogue musical avec une baleine ! Il s'agit de Pierre Lavaque, inventeur d'un instrument le « Shelltone », conçu spécialement pour cette aventure incroyable, basé sur le principe de la conque marine, assisté pour la circonstance d'une bouée hydrophone immergée entre la baleine et lui. Concert stupéfiant au cours duquel tous deux nous ont offert une "Jam", se répondant en alternance, dans des interventions de 4 mesures, respectées à la lettre par la baleine ! Oui j'ai compté !
La relation être humain-cétacés semble s'être améliorée depuis Moby Dick. D'autres dansent bien avec les loups...
Mais laissons au philosophe Friedrich Nietzsche le soin de conclure ce bavardage: « Sans la Musique la Vie serait une Erreur »... Point barre.
Jean Labre
Paru le 15 mars 2012

De l'Harmonica, à l'Accordéon, à l'Accordina

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Les 20 premières années du XIXe siècle ont été des plus prolifiques en inventions, à commencer par l'harmonica et ses multiples dérivés, fruits d'inventeurs imaginatifs et perfectionnistes à l'extrême...
Je vous invite aujourd'hui à revisiter avec moi les inventions de cette période, dans le domaine de l'anche libre, lesquelles après une suite de mutations successives vont aboutir à la naissance de l'accordéon.

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Nous sommes en 1821, en Allemagne, Christian Friedrich Buschmann invente un petit instrument, l'Aura, long de 10cm, qui possède 15 lamelles de métal qui vibrent sous le souffle. L'aura est simple, pratiquement indéréglable et a déjà les caractéristiques de l'harmonica tel que nous le connaissons.

1822 - Suite à son invention de l'année précédente, Friedrich Buschmann imagine d'associer un petit soufflet à l'Aura, ce qui démontre qu'il serait possible de substituer un souffle mécanique au souffle humain... Le premier fruit de cette expérience sera baptisé Handäoline (main éoline, photo).
La succession des inventions qui vont suivre, en commençant par le même raisonnement, nous révèle que Buschmann était en effet le précurseur de l'accordéon (qui devint plus tard l'accordéon).

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1827... A Paris, Marie Candide Buffet, accordeur de son état, invente l'Harmonica métallique à bouche (photo ci-dessous), dans son atelier situé rue des Blancs Manteaux dans le IVème arrondissement. L'entreprise de Buffet va connaître un développement rapide et fructueux, l'obligeant à distribuer le travail de fabrication en ville chez des particuliers et l'un d'eux, Jacob Alexandre, va fonder à son tour, en 1928, une firme spécialisée dans les fabrications de cette nature.

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Le nombre d'instruments que l'on inventera à cette époque n'aura de cesse de s'accroître. Ce qui va amener Marie Candide Buffet à s'installer dans des locaux plus spacieux, rue des Francs Bourgeois, dans le quartier du Marais.

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Etant arrivé aux mêmes conclusions que Christian Friedrich Buschmann, il invente à son tour un nouvel instrument basé sur le principe du soufflet mécanique baptisé l'accordion, dont il va il va dès lors en assurer la fabrication.

Il semble bien, qu'avec quelques autres (Buffon, Wheatstone, Demian, Hohner, etc.), M.C. Buffet ait assuré en France, sinon la fabrication mais aussi la vente (après l'harmonica métallique à bouche) de ce nouvel instrument. Il va s'y consacrer jusqu'en 1837 en collaboration avec Mathieu François Isoard, mécanicien luthier. C'est à cette époque que l'accordion va devenir l'accordéon. Marie Candide continuera à en assurer sa fabrication, soucieux de toujours vouloir améliorer l'instrument. Il décède en 1859 à l'âge de 62 ans. Il restera un symbole du passage de l'harmonica à l'accordéon.
(ci-contre, photo de l'Espace Marie Candide Buffet d'Orgelet, sa ville de naissance, classé patrimoine National/Franche Comté).

1829, Cyril Demian crée L'Harmonica à main, déposant un brevet à Vienne le 6 mai 1829, le concept de base, emprunté à l'handäoline de Christian Friedrich Buschmann, consistant à remplacer le souffle humain par un soufflet mécanique.
1829- La même année, en Angleterre, Charles Wheatstone invente un petit instrument hexagonal similaire à l'accordion, le concertina, transformant ainsi sa première invention, le symphonium à bouche (1825)... en un symphonium à soufflets (photo ci-dessous).

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Lequel aboutira en 1840/1849 à l'invention du Bandonéon par Heinrich Ban, en Allemagne, dont les premiers modèles, bien que carrés au lieu d'hexagonaux, laissent apparaître une similitude avec le concertina de Wheatstone, ainsi que la gestuelle des musiciens, autre similitude, signe d'appartenance à une même famille instrumentale.


Force est de constater que sans l'invention de l'harmonica, l'accordéon n'aurait sans doute jamais vu le jour à cette époque.

De l'Accordéon... à l'Accordina

1943- Un siècle plus tard... L'anche libre, déjà génératrice de multiples inventions, entre à nouveau dans le jeu créatif des chaises musicales, lequel nous ramène à la case départ... retour à la musique à bouche avec l'invention de l'accordina.
Il s'agit là d'un instrument hybride qui se situe naturellement entre l'accordéon et l'harmonica.
Imaginé par André Borel dans les années 30, l'accordina fut breveté en décembre 1943. Il emprunte à l'accordéon ses anches libres et son clavier chromatique (44 notes, 3 octaves et demie). Il tient de l'harmonica par l'apport du souffle produit par le musicien et par ses deux volets latéraux qui permettent de moduler le son, comme le fait l'harmoniciste avec ses mains.
Le côté hybride de cet instrument lui portera longtemps préjudice ; ciblant, à tort peut-être, un public accordéoniste, excluant le domaine de l'instrument à vent.
Aujourd'hui, par contre, Richard Galiano, Francis Jauvin, Daniel Mille, Jean Louis Matinier, Roland Romanelli ou encore Jacques Bolognesi l'emploie pour explorer de nombreux univers musicaux : jazz, chanson Française (Georges Moustaki, en tournée, a préféré l'accordina de Jauvin au traditionnel accordéon).

Au cours de son histoire, l'accordina va connaître plusieurs formes de fabrications. Les plus importantes évolutions surviennent à la fin des années 50. Les musiques changent, il faut s'y adapter. Les anches en laiton des premiers modèles seront remplacées par d'autres en inox. Parmi les nouvelles fabrications, on relève les modèles « or » et "argent" réalisés fin de années 60 par Paolo Soprani.
Tombé dans l'oubli pendant une longue période, l'accordina renaîtra de ses cendres en 1995, fabriqué par Laurent Jarry, et Marcel Dreux depuis 2002*.

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Les différents modèles
-L'accordina boutons
A l'origine, fut imaginé et construit par André Borel. La version 2000 de Marcel Dreux est la copie conforme de cet instrument avec pour principale modification la venue d'un sommier en matière synthétique. Marcel Dreux a réalisé le modèle 2004 en tenant compte des exigences des utilisateurs en remplaçant les ouïes latérales, finement découpées, qui permettent aux mains de mieux moduler le son , et intégrant un bec amovible, interchangeable (lavable). Ajoutons à cela un clavier en couleurs très pratique, permettant ainsi de mieux se repérer.
Le son est chaud et puissant. La tessiture couvre 3,5 octaves de Fa à Do.
-L'accordina piano
Il a été étudié en pensant au grand nombre d'accordéonistes qui jouent du clavier piano, mais aussi à tous les pianistes qui, pénalisés par un instrument très lourd, pourront désormais emporter sous le bras un outil qui leur permettra de s'intégrer plus facilement dans des groupes, au pied levé.
Il offre une tessiture qui couvre 3 octaves, de La à La, accordé à 442 Hz.
-L'accordina Diatonique
Il s'agit d'un accordina dit : « boutons 2004 ». Il est uni sonore avec un doigté qui correspond à celui d'un accordéon diatonique 3 rangées. Il possède un son chaud, puissant. Il couvre 3.5 octaves accordées à 442 Hz.

Le son de l'accordina est tellement proche de l'harmonica qu'il m'est arrivé de m'y laisser prendre à l'écoute d'enregistrements... en prenant l'un pour l'autre. L'accordina s'intègre avec bonheur aux styles de musiques actuelles, le jazz en particulier.

Que de chemin parcouru depuis l'aura de Christian Friedrich Buschmann, et, plus encore depuis l'empereur Huang-ti (Huangdi) , inventeur, il y a 4.500 ans du Sheng* , ancêtre de l'harmonica...
L'anche libre n'a sans doute pas fini de nous réserver des surprises... l'avenir nous le dira, restons attentif à la ronde des chaises musicales...

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Jean Labre

Sources : biographie Marie Candide Buffet, Harmonica museum Trossingen, Albert Raisner, Pierre Monichon, Marcel Dreux, extraits de l'Encyclopédie de l'Harmonica de Jean Labre, en fin d'écriture.

*Il s'agit en fait d'une photo d'un Shô Japonais, apparu au cours du VIIIème siècle, prolongement du sheng chinois.

photos: musée M.C. Buffet, Hohner, Harmonica museum Trossingen, musée Wheatstone, Marcel Dreux, Micheline Vicent/Roubert,Agnès Menouillard.

Copyright©2012 Jean Labre
Paru le 19 février 2012


Edito

 

Meilleurs Voeux 2012
Ce n'est pas une illusion, il existe deux planètes qui vivent une harmonieuse cohabitation...
Hôtes d'une planète Terre, qui revendique par coquetterie un âge avoisinant cinq milliards d'années, il nous appartient d'allumer aujourd'hui une bougie de plus sur son gâteau d'anniversaire.
Sans oublier pour autant l'autre planète, Harmonica, qui elle affiche 4.500 ans d'existence, une jeunesse ! Deux bougies pour deux gâteaux, symboles rituels du temps qui passe. Et dire que nous revendiquons les uns les autres, au pis aller, une relation qui n'excède pas le demi-siècle... Caprice du temps !
Planète Harmonica... rendons grâce à l'empereur Houang-Ti, lequel, sur les rives lointaines du Fleuve Jaune en fut le créateur, donnant naissance au « Sheng », premier instrument à anches libres, basé sur les deux principes fondamentaux qui régissent l'Univers : le Ying et le Yang, créateur également de la première gamme, pentatonique. Elle fera son chemin... prélude aux Jean Sébastien Bach, Mozart, Beethoven et autres.
Revenons au temps présent, nous basculons en 2012, une année prometteuse en événements harmonicistes tous azimuts, la rubrique « Calendrier » (Les Nouvelles) vous en dira l'essentiel.
Sachez, d'ores et déjà, que le point d'orgue de l'année sera sans conteste le « 9th Asia Pacific Festival » qui se déroulera à Kuala Lumpur, Malaisie, en août. A l'instar de nos festivals méditerranéens, cet événement rassemble tous les pays riverains du Pacifique ainsi que bon nombre d'autres participants venant du monde entier.
Autres événements : le Salon mondial de la Musique de Francfort fin mars (rendez-vous planétaire de toutes les marques d'harmonicas), le festival AJHF de Tokyo fin avril, le festival H2F de Jujurieux début juin, la convention SPAH de la mi-août à Irving, Texas (USA), etc. La planète Harmonica se porte bien, merci !
Bonne et Heureuse Année 2012 à vous tous ainsi qu'à vos proches.
- Jean Labre
Paru le 1er janvier 2012


Edito

 

Tango d'Automne
Je vous invite à voyager avec moi dans le temps... invitation, non pas à la valse, mais à la redécouverte du tango.
Novembre 1965. C'est le printemps à Buenos Aires. Nous sommes dans la calle Florida, artère centrale de la ville où, en cette fin d'après midi, grouille une foule de touristes et autres inconditionnels habitués des « bistrots tango ». Là où l'on joue, on chante et l'on danse depuis des lustres sur cette musique foncièrement baroque, dont la forme rythmique est la mesure à deux ou quatre temps... Ce tango, âme de l'Argentine.
Attiré par des harmoniques qui me sont familières, je pousse la porte d'un café concert et découvre un personnage rondouillard, atypique, jouant merveilleusement du tango au chromatique, un certain Hugo Diaz... Et j'oublie.
Ce n'est que 25 ans plus tard que je vais faire, par hasard, la découverte de sa notoriété planétaire, sur un double CD acheté chez un disquaire à Tokyo !
1971, Paris, rue de Lappe, au « Balajo », je suis passé dire un petit bonjour à mon cousin, Henri Blancher, " Riton ", virtuose du bandonéon, soirée au cours de laquelle il m'invite à partager avec lui quelques mesures de «La Cumparsita». Souvenirs, souvenirs...
2007, soirée tango à Saint Mandé. Des femmes qui viennent de quitter leur travail, se hâtent vers le « Chalet du Lac », serrant dans leurs sacs à main ces escarpins, accessoires indispensables au rituel du tango, qu'elles chausseront juste avant d'entrer sur la piste de danse. C'est Joe Powers, ce dynamique joueur chromatique américano/argentin qui anime cette soirée, durant laquelle il va jouer, chanter et danser le Tango! Joe nous remettra ça à Tokyo, Paris, et en bien d'autres endroits de la planète!
4 octobre 2011. A Paris, au café « Le Lien », lors du rendez-vous mensuel harmoniciste, Bernard Dubos nous joue « Libertango » de Piazzolla... j'invite à danser une jeune femme amoureuse du tango.

Je ne suis pas là pour aborder avec vous le sempiternel problème générationnel, mais il est évident qu'une fois de plus notre instrument nous fait la démonstration de son intemporel talent populaire, lié ici à l'éternelle légende du Tango.
Là, va prendre fin mon invitation au voyage dans le temps... Restons en à ce rendez-vous du 4 octobre 2011, date, pour le moment, de mon dernier Tango à Paris...

Jean Labre
Paru le 9 octobre 2011


Edito

 

Harmonica au Féminin...
Amour, délice et orgue... Il existe des mots qui peuvent être employés au masculin comme au féminin, tel harmoniciste. Cet hermaphrodisme me semble de bon augure pour aborder sereinement cet édito, hors du sempiternel débat macho dont nous n'aurons cure aujourd'hui.
«Une femme artiste n'a ni muse ni artifice, elle doit être ces deux choses pour elle-même » (Edna O'Brien). Elle est femme avant tout avec la sensibilité dont elle est pourvue depuis sa venue au monde, alliée en cela à sa pugnacité et son courage devant l'adversité.
Les femmes ont à leur actif un passé de muse dont nous autres hommes sommes totalement dépourvus : « La muse à elle seule transforme les hommes » nous disait Socrate... Tout est dit !
De plus, il n'y avait pas en ces temps anciens de dieu de la musique, mais une muse : Euterpe. Consolation, nous autres hommes avions l'Aède, continuité privilégiée de la muse, qui chantait les mythes et épopées en s'accompagnant de la phorminx, sorte de luth à quatre cordes. Le plus célèbre des aèdes est Homère, l'Odyssée nous en dit plus...
Si le cœur de l'harmonica est cette petite lame qui vibrait déjà dans l'ancienne Chine, c'est à la flûte de Pan qu'il empruntera la manière d'assembler les notes et de les faire jouer par glissement au ras des lèvres, cela grâce au Dieu Pan qui en fut l'inventeur, en de bien tristes circonstances. Car ce dieu Pan est laid, il a des cornes, des pieds de bouc et une voix affreuse ; tentant de lui échapper la jeune nymphe Syrinx se noiera dans un étang.
De la naîtra le mythe de ce dieu inconsolable qui taillera des roseaux, les portera à ses lèvres pour un dernier baiser adressé à la belle Syrinx...
Nous sommes en 2011...Loin de ces mythes et légendes, patrimoine de notre humanité.
En 2011, où l'on ne peut que se réjouir de ce vent de féminisation qui souffle sur notre instrument et de ce nombre croissant de femmes harmonicistes qui nous mettent le feu sur les planches du monde entier, pour la bonne cause de notre musique à bouche.
Oui, réjouissons-nous, l'occasion nous en sera offerte en ce 21 juin prochain jour de la fête de la musique.
Harmonicistes femmes, on vous aime... ça n'est pas Julien Clerc qui nous dira le contraire.
- Jean Labre
Paru le 5 juin 2011


Edito

 

Sakura*, Printemps au Japon
Après un long cheminement dans la colline, nous débouchons sur une longue allée bordée de cerisiers géants en fleurs, le « tunnel » me dit ma conductrice, une haie d'honneur au bout de laquelle se trouve le merveilleux Aoso Jinja, temple du VIIIe siècle, épargné comme par miracle par les caprices de la planète et but de notre voyage.
Oui, nous étions à Sendai, il y a de cela deux ans. C'est ainsi que j'ai découvert ce temple magique dans lequel j'ai eu le privilège de donner un concert en compagnie de mes amis harmonicistes japonais, à l'invitation de Cocoro Kaketa, ma conductrice occasionnelle, hôtesse des lieux.
Qu'en est-il aujourd'hui après ce cataclysme qui a frappé le Japon? Je viens d'apprendre que ma conductrice est saine et sauve, mais je suis sans nouvelles de bon nombre d'autres amis.
Rendons hommage à ce courageux peuple japonais qui n'est pas du genre à baisser les bras, il en a vu bien d'autres...
La nature ne fait pas de cadeaux... Après les éruptions volcaniques en Islande en 2010, voici que nous tombe sur la tête un "resshin" d'amplitude 9,1 suivi d'un tsunami apocalyptique, nous adressant peut-être, qui sait, un avertissement quant au déploiement des recherches, quoi qu'il en coûte, de sources d'énergies.
C'est là que l'on réalise que nos petites vicissitudes d'homo sapiens ne pèsent pas bien lourd en regard de l'ordre, voir le désordre, universel.
Et puis voilà que dame Nature, encore elle, s'apprête à fêter d'ici quelques jours Sakura, la quinzaine des cerisiers en fleurs, avec le peuple japonais, comme si de rien n'était ! Sous l'œil bienveillant de notre Aoso Jinja qui lui, du fin fond des collines de Sendai, nous rappelle qu'après les nuages il y a toujours le soleil...

Keep blowing.

- Jean Labre

Et pendant ce temps-là, l'orchestre « Les Lutéciens » nous fait une entrée, très remarquée, dans l'arène de la musique à bouche. Qu'on se le dise.

*Sakura est la symbolique fleur de cerisier.
Paru le 22 mars 2011

Il était une fois Albert Raisner / Biographie*
"Albert nous a quitté, à l'aube de ce premier janvier 2011, dans sa 89ème année... après une vie riche en émotions, en découvertes et en musique. Une vie dévouée à l'harmonica, instrument si cher à son cœur, à son public, et à ses enfants. Nous sommes heureux, en son nom, de la joie qu'il a pu procurer à ceux qui le suivaient et de la contribution qu'il a pu apporter au développement de l'harmonica.
Et nous te remercions, papa, pour tout l'amour que tu nous as donné.

Tes enfants,

Rémy et Richard"


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Le temps passe et c'est bien ainsi... avec le temps faut laisser faire comme le disait si bien Léo Ferré, cela permet à la légende de perdurer et au mythe de s'installer confortablement ad vitam aeternam.
La planète Harmonica est en deuil. Il m'échoit de vous parler d'Albert, ce que je vais tenter de faire, avec l'aide précieuse de mes souvenirs.

Autant commencer par un dénominateur commun, les Scouts. Lui et moi sommes passés par les joies partagées du feu de camp en musique, à l'harmonica, avec les copains de veillée, un moment de vie... Albert me confia un jour : « c'est d'ailleurs le cercle fraternel autour des feux de camps qui m'inspirera, bien plus tard, l'idée d'installer le public en hémicycle pour mes émissions de TV ».
J'avais à peine 17 ans lorsqu'au cours de la fête annuelle de mon groupe scout (Jacques Cartier), Roland Dhordain**, fondateur de FIP et France Inter, impliqué lui aussi dans le mouvement scout, vint nous voir à la fin de notre prestation avec mon premier trio (Les Vagabonds de l'Hudson), nous interpellant en ces termes : « Bravo les gars, il faut absolument que vous alliez voir mon ami Albert Raisner qui a créé un club d'harmonica, le CHARM, rue des Petites Écuries ».
Sitôt dit sitôt fait ! Nous nous rendîmes mes partenaires et moi en ce début d'année 1947 au CHARM où nous fûmes chaleureusement accueillis par Albert et Robert Deasey, alors directeur technique du Club dont la devise était : « Pour chasser tous les tracas, jouez de l'harmonica ».

Je vais évoquer maintenant avec vous le parcours d'un homme d'exception qu'il m'est arrivé de croiser souvent au fil du temps, 63 années durant.
Albert Raisner, Rufenach pour l'état civil, issu d'une famille modeste, est né à Apolda en Allemagne le 30 septembre 1922. Tout en suivant avec succès des études secondaires et plus tard supérieures, il est initié dès son enfance à la musique par son père qui l'oriente vers le classique. Albert va étudier le violon, le piano, la guitare, la contrebasse et la clarinette.
Mais, enfant à Montmartre, il va vite avoir un penchant pour les instruments marginaux tels le jazzo-flûte, le mirliton, la scie musicale... et l'harmonica ; ce qui fera dire à son père que ce dernier est un instrument tout juste « bon à faire danser les chèvres ».
Ayant acquis une solide formation classique il va se mettre, au cours des années 30, à étudier sérieusement l'harmonica chromatique au sein d'une association de scouts « Association Française pour l'Expansion Musicale », dirigée par Charles Rodriguez, monsieur « Ro » (accordéoniste, guitariste, violoniste, homme orchestre, philosophe), premier pionnier de l'harmonica en France. Grâce à lui, et en compagnie de Danny Kane, Jean Wetzel, Georges Naudin, Zappy Max, autres élèves assidus du « studio de Monsieur Ro » (situé rue des Petites Écuries, à Paris), Albert va atteindre un niveau professionnel qui n'aura de cesse de s'améliorer au cours de spectacles dans lesquels il va se produire ici et là.
« A Pigalle, vers 18h30, se tenait le marché aux musiciens, j'y fus souvent acheté pour quelques bals occasionnels où je tenais divers emplois (avec une préférence pour la contrebasse, parce que c'est l'instrument qui joue le moins de notes et que je pouvais m'appuyer dessus lorsque vers 3 ou 4 heures du matin la fatigue me gagnait !). Parfois je sortais mon chromatique pour un swing ou une valse musette. Surprise et premiers bravos ! », me confiait-t-il lors d'une interview.
Albert gardera toujours une tendresse particulière pour Charles Rodriguez lequel prendra sa retraite en Bretagne au cours des années 40.

Que dire du parcours universitaire d'Albert Raisner, sinon qu'il sera couronné par un doctorat en philologie, dont la thèse soutenue, en anglais, avait pour titre : « Les apports de Geoffrey Chaucer (1340/1400) au vocabulaire anglais ». Notre éclectique Albert était un passionné des langues étrangères, il en parlait 8 ! Il sera professeur d'allemand l'espace de quelques mois, la priorité des rendez-vous musicaux le contraindront à abandonner cette voie. Sa passion linguistique, sa facilité d'accès aux langues étrangères vont lui permettre d'entamer une brillante carrière artistique internationale, il sera toujours à l'aise là où il se trouve. Il en sera récompensé se voyant décerner l'Ordre de Chevalier du Mérite. Mais il n'en restera pas là, il se consacrera plus tard à la philologie patronymique (l'origine des noms de famille).
Dans un autre domaine, Albert, toujours soucieux de sa ligne, était un grand sportif. Il fut champion universitaire du 100 mètres nage libre, c'était aussi un assidu du footing dans le bois de Boulogne.

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J'en reviens à l'harmonica... Nous sommes en 1945 à Paris, après Zappy Max leur brillant prédecesseur, les assidus de la période Rodriguez vont tous refaire surface, à commencer par Albert Raisner qui va fonder le Club de l'Harmonica, le CHARM qui s'installera définitivement dans les locaux d'Hohner France, rue des Petites Écuries (rue décidemment placée sous le signe de l'harmonica). L'idée de créer un trio d'harmonicas qui lui trottait dans la tête va vite se concrétiser. Sollicité par Sirio Rossi, en quête d'orchestre lui aussi, l'affaire ne va pas traîner. Adrien Belin va se joindre à eux en tant que bassiste. Sirio, musicien accompli (excellent guitariste), alternera le chord et le solo avec Albert. C'est ainsi que va naître le célèbre Trio Raisner... qui n'étaient pas trois frères, ainsi que le croient encore certains de ses fans !
Deux ans plus tard, un dynamique danseur de claquettes, Astair Day (André Dionnet), va prendre la succession d'Adrien Belin à la basse. La différence de taille existant entre les trois (André mesurant un mètre ciquante et un, Sirio un bon mètre quatre vingt dix), va naturellement générer un jeu scénique dans la pure tradition music-hall.
Dans un premier temps, fin des années 40, le trio va se produire dans les "U.S. Special Service Shows" (tournées pour l'armée américaine), au cours desquelles il va côtoyer des noms fameux : Marlène Dietrich, Mickey Rooney, les Max Brothers, Louis Armstrong, Frank Sinatra, etc. Le Trio Raisner va désormais voler de succès en succès. De retour à Paris, c'est à Saint Germain des Prés qu'on le retrouve, quartier alors très animé, rendez-vous culturel avec ses caves à la mode où l'on danse le Be Bop accompagné par de célèbres musiciens jazz.
Le Trio Raisner fréquentera alors le Vieux Colombier dans la désormais célèbre cave de ce théâtre, fief à cette époque de Claude Luter, Sydney Bechet et autres jazzmen.
Arrivent les années 50, on le retrouve à l'affiche de l'Olympia, de Bobino, de l'ABC, des Concerts Pacra ; mais aussi à la radio, dans une émission sur France Inter (Paris Inter à l'époque), également sur Europe 1 et radio Luxembourg, ainsi qu'en témoigne son abondante discographie*** et les nombreuses vidéos qui circulent sur internet.
Le trio intervient dans plusieurs films allemand et français.
En 1953, il obtient le grand prix du disque de l'Académie Charles Cros.
Le CHARM de la rue des Petites Ecuries va devenirs la plaque tournante de l'harmonica en Europe, tout un environnement y contribuera, à commencer par le soutien de la maison Hohner, de son directeur Jules Coulon et de son frère Yves, mais surtout grâce au dynamisme d'Albert Raisner, autant de facteurs qui vont conduire , à son initiative, à la création de la FIH (Fédération Internationale de l'Harmonica), qui verra le jour le 3 octobre 1950, à Trossingen, Allemagne (mythique siège mondial de la société Hohner). De là naîtront les festivals internationaux, tel celui de la salle Pleyel à Paris, en 1950, ainsi que les premiers Championnats du Monde de l'Harmonica****.
Dès lors le CHARM va accueillir en ses locaux le gratin de la planète Harmonica ; le bar du club (autre initiative conviviale d'Albert, sponsorisée par une célèbre marque d'apéritif), recevra : Larry Adler, Danny Kane, Borrah Minnevitch, Toots Thielmans... Django Reinhardt, Claude Luter, et bien d'autres célébrités. J'étais un assidu de ces rendez-vous, accompagné de la chanteuse réaliste Gille, maman de nos filles. Ce bar, exclusivement réservé aux adultes, nous ouvrait ses portes en soirée une fois par mois... dans la mesure des disponibilités d'Albert.

Puis le fil du temps va nous entraîner inexorablement vers la fin des années 50. A partir de 1955 une nouvelle vague, un tsunami universel va révolutionner le monde de la musique : le « Rock and Roll », phénomène intemporel qui n'a pas pris une ride de nos jours.
Gene Vincent et ses Virginians (Be Bop a Lula), Bill Haley et ses Comets (Rock Around the Clock), Elvis Presley vont nous mettre le feu ! Albert craque, le trio Raisner va emboiter le pas au rock, le répertoire du trio va s'orienter vers un nouveau style plus scénique, incluant parfois d'autres musiciens. Tel un Gene Vincent, Albert va monter sur un piano pour exécuter un chorus qui déménage, il en sera de même pour Sirio à la guitare, André nous gratifiera de rocks endiablés (séquences vidéo que l'on retrouve dans internet). Désormais un tournant est pris. Â Londres, Albert et le trio en remettront une couche, ils enregistreront « Rock Around The Clock » et « Don't be Cruel ». D'autres trios d'harmonicas en feront autant en France. Plus tard, la maison Hohner produira un « Marine Band » à l'effigie des Beatles.
Arrive 1958, là Albert va faire très fort avec un Tour de France de l'harmonica dont on parle encore dans les chaumières ! Un véritable marathon relayé par les médias avec, entre autres, une émission radio hebdomadaire, « Trois Hommes Trois Harmonicas », diffusée avec la complicité de Dany Kane sur RTF France Inter, seule chaîne parisienne de cette époque. Bernard Deharbre et Michel Evain prendront également part au lancement de cette émission.
Mais le vent va tourner, d'autant que le CHARM de la rue des Petites Écuries va disparaître, Hohner va déménager pour s'installer rue Van Loo dans le 16ème arrondissement, dans un immeuble austère « sans CHARM » ! Ayant pour seul survivant des fifties le sympathique Helmut Hohner, accordeur, réparateur de génie.

Nous sommes en 1960, Albert Raisner va s'accorder un break, un temps de réflexion durant lequel il présentera sur France Inter « Le jeu des 1000 Francs ». En homme d'affaires avisé il sent bien que les temps changent et que plus rien ne sera jamais comme avant. Après mûre réflexion il va dissoudre son trio et miser désormais sur l'éclosion de la télé. S'inspirant du succès recueilli auprès des jeunes par Daniel Filipacchi sur Europe 1, avec son émission « Salut les Copains », il va miser lui aussi sur la jeunesse et se fixer pour objectif d'entreprendre la même démarche sur notre bonne vieille télé, alors dotée seulement d'une chaîne, en noir et blanc !
Pari gagné dès la première d'Âge Tendre et Têtes de Bois. La télévision ne disposant pas encore de studios pouvant accueillir le grand public, cette première émission, ainsi que les suivantes, eut lieu en direct du Golf Drouot, le 30 mai 1961, animée par Eddy Mitchell et ses « Chaussettes Noires ». Le ton est donné, avec un public jeune et follement enthousiaste, dansant le twist sur le plateau !

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Succédant à « Chouchou » et « Yéyé », les mascottes de " Salut les copains ", Albert invente Tête de Bois , petit bonhomme échappé d'un dessin animé auquel il va prêter sa voix.
Avec un sens inné de la logistique événementielle et sa faculté de s'adapter d'ores et déjà à toutes situations inhérentes au direct, il n'est pas exclu de considérer qu'Albert aura été le précurseur des émissions de variétés télé en France. La preuve en est que son émission figure dans le top 5 des meilleures émissions de variétés du siècle passé.
Âge tendre disparaît en 1966. Rebaptisée « Tête de Bois et Tendres Années » l'émission disparaît définitivement en 1968, après les événements du printemps.
Albert animera d'autres émissions, comme " Europarty ", " Point Chaud " où il recevra Jimmy Hendriks, puis " Tremplin 80 " et " Salut à l'Accordéon ".
Pendant plus une décennie, bon nombre d'artistes vont défiler sur les plateaux de ses émissions (et y faire leur premiers pas pour la plupart d'entre eux), entre autres : Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Sylvie Vartan, Sheila, Alain Barrière, Claude François, Richard Antony, Marcel Amont, Jacques Brel, les Beach Boys, Michèle Torr, etc...


Le 13 juillet 1979, Albert épouse Brigitte Konjovic, ils auront deux fils, Rémy et Richard.

La fin des années 80 et le début des années 90 vont modifier la donne avec l'amélioration des communications, l'avènement d'internet et la naissance concomitante de l'IHO (International Harmonica Organization). Je suis reconnaissant envers Albert, fervent précurseur de la relation internationale, de m'avoir vivement conseillé d'adhérer à cette association dont je devais devenir plus tard vice président Europe. Ce qui nous amènera lui et moi à nous revoir plus souvent. Dès lors, je ne manquerai pas de le tenir au courant du pouls de la planète Harmonica. Ainsi que l'occasion m'en fut donnée à mon retour de la convention SPAH (Society for the Preservation and Avancement of the Harmonica) à Memphis USA, en 1994, au cours de laquelle Jerry Murad me chargea de remercier Albert pour tout ce qu'il avait fait pour la bonne cause de l'harmonica. Ce que je fis dès mon retour à Paris lors d'une émission « Salut Albert » que nous fîmes ensembles à Radio Montmartre.

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Albert sera le Président d'Honneur du Festival International FIH/IHO d'octobre 1999, ainsi qu'en témoigne la photo, ci contre, prise sur le Bateau Mouche au cours du dîner concert de ce Festival. Photo symbolique sur laquelle apparaissent de gauche à droite John Walton (UK) président de l'IHO, Albert, fondateur de la FIH et votre serviteur.
Il sera un assidu de notre rendez-vous d'Automne, Harmo-Beaujo, auquel il prendra part jusqu'en 2002.

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Que dire de l'homme de plume à l'écriture fluide donnant une impression de facilité, d'évidence. Outre ses écrits de philologie, son livre « Le Livre de l'Harmonica », paru en 1965 et publié aux éditions du Temps Passé, reste encore de nos jours la Bible de notre musique à Bouche. Autres livres : « L'aventure Pop », publié chez Laffont, sujet qui le passionnait dans le prolongement de son aventure « Rock », enfin, sa « Méthode Générale pour Harmonica » aux éditions Hohner, préfacée par Darius Milhaud. Sans oublier l'homme de presse avec, en 1950, la sortie de « International Harmonica Magazine » tiré à 20.000 exemplaires, 3 éditions (une en français, une en anglais, une en allemand), vendu dans les kiosques. Pendant plus d'une décennie Albert interviendra dans le magazine « Harmonica Accordéon et Musique », dont il fera à maintes reprises la couverture.

Un tel parcours mérite que l'on s'attarde sur la personnalité d'Albert. Ses qualités : je placerais en premier sa pugnacité alliée à une intelligence raffinée, qui vont lui permettre de mener bien l'ensemble de ses projets. Avec en plus une virtuosité dans la pratique du lobbying, notre Albert, charmeur, toujours tiré à quatre épingles, jamais pris au dépourvu, ne manquera pas d'attirer l'attention dans les salons et autres événements grand public. En pareilles situations on ne se fait pas que des amis ! Il n'en aura que faire, ignorant les critiques. En résumé on peut dire qu'il s'était aguerri à surmonter les obstacles, subtil comme un stradivarius, puissant comme une Ferrari. Un Albert auquel il arrivera plus tard quelque chose d'extraordinaire : « Mon harmonica ne joua plus que des berceuses ! Entre deux biberons il trouva quatre petites oreilles extrêmement attentives : Rémy et Richard m'étaient donnés comme un double soleil ! » (autre propos dont il me fit son confident lors d'une de nos rencontres). C'est là que l'on découvre la face cachée d'un autre homme.
Son état de santé s'aggravant, c'est à son domicile que j'allais dorénavant lui rendre visite lui rapportant chaque fois d'Allemagne des Klösse, plat germanique (gnocchis à base de fécule de pomme de terre), qu'il aimait tant. Je l'ai vu pour la dernière fois il y a près de deux ans, très affaibli par la maladie, cela ne nous a pas empêché d'évoquer ensemble quelques souvenirs de " notre siècle des lumières... " .
Écoutons Michèle Torr, ce matin pluvieux du 12 janvier 2011 :« Dans les années 60, il y avait deux émissions pour nous : à la radio c'était " Salut les copains " et à la télévision " Âge Tendre et Têtes de bois ". J'avais 16 ans, il était très tendre et paternel, il m'encourageait, me donnait des conseils sur ce métier, sur la façon de travailler, ayant beaucoup tourné avec son trio, il avait un sens inné de la scène... »

Dieu soit loué, les mythes sont immortels.

- Jean Labre

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Photo : Michèle Torr entourée de Remy et Richard, fils d'Albert

* Le prochain numéro de la revue « Harmonicas de France » sera consacré à cette biographie d'Albert Raisner. Il paraîtra fin mars (tirage limité). Vous pouvez dès à présent le commander en vous adressant à : Harmonicas de France, 5 rue Alexandre Fleming, 66000 Perpignan France. Coût 8 €, port inclus. Attention, les adhérents de l'association Harmonicas de France vont le recevoir automatiquement.
** Roland Dhordain est décédé le 22 décembre 2010.
*** Le label ILD à réussi la remarquable performance de réaliser deux CD, compilations de l'essentiel de la discographie du trio. Ayant pour références : ILD642241 et ILD642289. Contact :
**** Championnats du monde d'harmonica, voir notre article http://www.jeanlabre.com/article.php?id=63, également paru dans notre revue N°12 Printemps 2008.

Photos : famille Raisner, revue Echos France Harmonica, France Harmonica, C. Heymans, J.F. Laurion.

Copyright©2011Jean Labre
Paru le 11 février 2011


Edito

 

Bonne Année 2011
A l'aube de la révolution industrielle, la première partie du 19ème siècle est déjà riche en inventions tous azimuts. En ce début d'année nouvelle, j'en retiendrai deux : l'harmonica, incontournable, et le timbre poste, en 1840.
Avec ce dernier naîtra la tradition des vœux de fin d'année envoyés dès lors aux êtres chers, tel un pigeon voyageur.
Un siècle plus tard l'avènement d'Internet* va modifier la donne. La question est de savoir laquelle des deux possibilités offertes rencontre la faveur du grand public ? Trancher ce débat ne sera pas mon propos en ce premier jour de l'année, d'autant que la toile me permet aujourd'hui de vous rendre visite, ce qui est très pratique. Mais cependant, j'avoue avoir une préférence pour notre pigeon voyageur... si j'en juge par l'abondance de cartes de vœux qui encombrent déjà mon bureau.
La carte de vœux, c'est palpable, c'est comme un disque, comme un bon livre, c'est confortable. Il nous faut bien admettre qu'internet nous prive de ce contact, de cette présence humaine dont nous avons tant besoin, simple comme une poignée de main, les yeux dans les yeux... geste qui se fait de plus en plus rare...
Les papiers d'emballages éparts et quelques confettis me ramènent à la réalité de ce premier jours de l'année, avec en fond sonore ce disque de Noël d'Elvis que je n'ai de cesse d'écouter chaque fin d'année, instant d'émotion musicale... Cette émotion musicale, ma fidèle compagne de route, la vôtre aussi sans doute au fil du temps.
Autant d'instants d'émotion que je vous souhaite de vivre au seuil de cette nouvelle année, instants partagés avec les êtres chers qui vous entourent, auxquels je souhaite, ainsi qu'à vous même, une Bonne et heureuse Année 2011.
Avec une pensée toute particulière pour les harmonicistes de la république d'Aruba, petite île située au large du Venezuela, 130ème pays à fréquenter www.jeanlabre.com. Bienvenue au club !

- Jean Labre

* Internet, parlons puisque l'opportunité m'en est offerte. Je me suis retrouvé privé d'accès à la toile deux mois durant (depuis le 28 octobre), donc dans l'impossibilité de mettre mon site à jour régulièrement. Fort heureusement Josette, ma belle sœur, et Stéphane, mon webmaster de fils, sont venus à mon secours en intervenant plusieurs fois dans la programmation. Je les en remercie. Bien sincèrement désolé pour ce contretemps dont vous avez tous fait les frais.
Paru le 1er janvier 2011

Carnet d'adresses des sites d'amis

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Voici une liste de liens vers des sites d'amis, toutes activités confondues. Il s'agit de sites officiels ou bien de sites comportant une page dédiée intéressante. Je vous les recommande. Bonnes visites, et bons contacts.

-A-
Adler Larry : http://www.en.wikipedia.org/wiki/Larry_Adler
Amadéi Ange : http://www.vickylayne.com
André Christian : http://www.christian-andre.com

-B-
Baker Don : http://www.donbaker.ie
Baker Steve : http://www.stevebaker.de
Barefoot Lano : http://www.mountain-men.com
Beata Kossowska : http://www.beata-kossowska.com
http://www.unitedbluesexperience.de
Beija : http://beija.fashion.free.fr
Benoit Blue Boy : http://www.blueboy.free.fr
Berton Christelle : http://www.christelleharpqueen.net
Boh Teck Keong : http://www.harmonica.org.sg
Bonfiglio Robert : http://www.robertbonfiglio.com
Bunge Jens : http://www.jazzpages.com/jensbunge/bio_e.htm

-C-
Cagnon Laurent : http://www.laurentcagnon.fr
Caujolle Gilbert : http://gilbert.gc.free.fr
Cham-Ber Huang : http://www.bassharp.com/cbh.htm
Chapoutier Michel : http://www.chapoutier.com
Chapuis Jean Claude : http://www.glassmusic.org
Charlier Sébastien : http://www.sebcharlier.com
Chmel Franz : http://www.chmel-classic.de
Chong Ah Kow : http://www.MyHarmonicaWorld.com
Cithare Association : http://www.cithare.eu
Crommen Thierry : http://www.myspace.com/thierrycrommen

-D-
Daane Art : http://www.artdaane.nl
Del Aor Lara : http://www.delaor.fr
Deurloo Hermine : http://www.herminedeurloo.com
Duncan Phil : http://www.melbay.com/authors.asp?author=136
Dunn Keith : http://www.keithdunn.com

-E-
Emmenecker Jean Louis : http://www.jlemmenecker.com
Eyers Tony : http://www.HarmonicaAcademy.com

-F-
Filisko Joe : http://www.filisko.com
Franco de Gemini : http://www.beatrecords.it
Frerejacques Eric : http://www.frerejacques.org
Fukamachi Jun : http://www.fukamachi-jun.com
Yonnet Frederic : http://www.fredyonnet.com

-G-
Galison William : http://www.williamgalison.com
Goulet Olivier : http://www.lemondedekota.com
Gordon Eddie : http://www.bassharp.com/edgordon.htm
Grégoire Emile : http://www.croch.info
Groven Sigmund : http://www.geocities.com/artdaane/sgroven.htm
Guemy Yves : http://www.harpl.com

-H-
Häffner Martin : http://www.harmonika-museum.de
Hambley David :
Harmonica Aficionados Society : http://www.aphf2010.org
Harmonicas de France, H2F: http://harmonicasdefrance.free.fr
Harmonica-Kids : http://khac.co.kr
Herbineaux Pierre : http://www.aurec.com/harmonica_parade.htm
Herblin Michel : http://www.herblin.com
Herzhaft David : http://www.harmo.com
Hohner : http://www.hohner.fr & http://hohnerusa.com
Ho Pak-Cheong : http://home.netvigator.com/~cblau/khq
Hotvill's (The) : http://the.hotvills.free.fr

-I-
Intermezzo Duo : http://duo.intermezzo.free.fr

-J-
Janssen Rob : http://www.fatamorganamusic.nl
Japanese toys, Jacky Broutin : http://www.pitcheetoy.com

-K-
Ker Ourio Olivier : http://www.kerourio.com
Koch Robert : http://juke-myharmonicablog.blogspot.com/
Kowalczyk Bruno : http://www.perso.wanadoo.fr/bruno.kowalczyk
Kurnow Bruce : http://www.brucekurnow.com
Kwak : http://www.kwak.fr

-L-
Lassey Paul http://www.paullassey.com
Lau Chun-Bong : http://home.netvigator.com/~cblau/khq
Laurion J.François : http://duo.intermezzo.free.fr
Leclerc Patrice : http://www.pc.leclerc.free.fr
Lee Oskar : http://www.leeoskar.com
Leroux Antoine : http://www.harmo.eu/antoine
Leroux Jean François : http://www.tigrune-music.com
Levy Howard : http://www.levyland.com
Lok Ying-Kei Rocky : http://home.netvigator.com/~cblau/khq

-M-
Madcat Peter harmonica : http://www.madcatmusic.net
Major Pigalle : http://www.majorpigalle.com
Mascret Christian : http://pagesperso-orange.fr/harmonica-jazz-cm/
Maunoury Catherine : http://www.catherine-maunoury.fr
Mc Coy Charlie : http://www.charliemccoy.com
Maur Laurent : http://www.laurent-maur.com
Miller Walt : http://www.geocities.com/artdaane/wmiller.htm
Milteau Jean Jacques : http://jjmilteau.free.fr
Minevitch Borrah : http://www.geocities.com/artdaane/minevitch.htm
Mississipi River/Lubos Bena & Matej Ptaszek : http://www.lubosbena.sk
Muller Gerhard : http://www.harmonicamento.de
Musique & Santé : http://www.musique-sante.org
Musselwhite Charlie : http://www.charliemusselwhite.com

-N-
Nguyen Jean Louis : http://harmonicasoleil.ifrance.com

-O-
O'Cantina Café : http://www.ocantinacafe.com

-P-
Pedersen Pete : http://www.pete-pedersen.com
Plas-Rachelle : http://www.myspace.com/rachelleplas
Poumay Olivier : http://www.myspace.com/olivierpoumay
Power Brendan : http://www.brendan-power.com
Powers Joe : http://www.joepowers.com
Pribojszki Matyas : http://www.matyaspribojszki.com
PSB : http://www.psb-musique.com

-R-
Rossignols : http://www.myspace.com/lesrossignols

-S-
Saubestre Claude : http://www.harmonica-passion.fr.st
Scillia Mario : http://marioscillia.free.fr
Seydel : http://www.seydelusa.com
Sowa Eddy : http://www.eddysovart.no
SPAH : http://www.spah.org
Sudo Miyoko : http://www.green.dti.ne.jp/harmonica
Suzuki : http://www.suzukimusic.com/harmonicas & http://harmonica-online.com/artists/index.html
Szlapczynski Greg : http://www.gregzlap.com
Smith Al & Judy : http://www.geocities.com/artdaane/hotshots.htm

-T-
Thielemans Toots : http://www.tootsthielemans.com
Thollon Alexandre : http://www.alexandrethollon.com
Tigrune Music : http://www.tigrune-music.com
Trobridge Roger/NHL : http://www.harmonica.co.uk

-V-
Van Straaten Roland : http://www.straaten.com
Verbeke Steve : http://www.steve-verbeke.com
Vint (Mo) Maurice : http://www.harmonicats.net
Vital : http://www.vitaletvous.fr
Voce Ventu : http://www.voceventu.com

-W-
Walton John : http://web.me.com/channingwalton/John_Robert_Butler_Walton/
Warschkow Uwe : http://www.uwewarschkow.com
Wilson Dany : http://www.bassharp.com
Wolfsberger Maria : http://www.missionarinnen-christi.de
Wonder Stevie : http://www.steviewonder.net

-Y-
Yonnet Frederic : http://www.fredyonnet.com
Yushing Yoshida : http://www.yushing.jp

-Z-
Zazapat Patrice : http://zazapat.free.fr

Photo : Josette Labre
Paru le 14 octobre 2010


Edito

 

Vents d'Est
Il en est un qui nous vient des pays du Soleil Levant, plus précisément de Singapour. Il est de coutume d'attendre le nouveau « Asia Pacific Harmonica Festival » comme on attend une Romanée Conti, et comme souvent le cru est bon. Mieux encore, il n'a de cesse de s'améliorer, capable de nous offrir une cuvée traditionnelle dans laquelle chacun trouvera sa place : virtuoses, débutants, compétiteurs, visiteurs, fans de tous âges. Il est désormais facile de prédire que les festivals à venir rencontreront un joli succès, comme ce fut encore le cas cette année (*).

Le Guinness Book serait sans doute intéressé d'apprendre que le concours mondial de ce Festival a enregistré 2530 candidatures ! Ce qui ne fut pas une mince affaire pour les membres du jury qui se sont trouvés devant des compétiteurs ne rechignant pas devant les efforts répétés jusqu'à être au top du niveau requis. Notre instrument a toujours eu l'habitude des défis, il en va de sa crédibilité. Mission accomplie, les lauréats de Singapour ont fait très fort cette année...

Tel un étincelant feu d'artifice, le gala de clôture a pris fin sur une note résolument optimiste quant à l'avenir du "Pacific Asia Festival" qui se déroulera en 2012 à Kuala Lumpur, en Malaisie. Qu'on se le dise.
Grand merci à Boh Teck Keong et Victor Tang Yuen Wai organisateurs de ces festivités...

Les vents d'est nous confortent dans l'idée que nous sommes sur une planète où nous avons la chance de vivre et partager une passion sans frontières, riche en émotions.
Vous en tenir informés est la mission que s'est fixé www.jeanlabre.com (fréquenté à ce jour par 129 pays), qui n'a de cesse de prendre le pouls notre planète Harmonica.

L'automne nous gratifie d'un été indien dont nous ne pouvons que nous réjouir, avec dans son sillage un bien joli tapis de feuilles mortes que nous dépose le vent du nord... annonciateur d'Harmo-Beaujo.

Harmonicalement,
- Jean Labre

(*) Vous trouverez un article ("Culture Harmonica au Pays du Merlion", http://www.jeanlabre.com/article.php?id=111) développant cet événement dans notre rubrique « Articles », ainsi que dans la revue "Harmonicas de France" à paraître prochainement.
Paru le 12 octobre 2010

Culture Harmonica au Pays du Merlion
C'est à Singapour que vient de se dérouler le 8ème « Asia Pacific Harmonica Festival », en cette surprenante cité-état, densément urbanisée dans un cadre architectural à faire pâlir nos mégapoles occidentales, événement sous la présidence de son ministre de la culture et de la communication Lui Tuck Yew. Et sous l'œil bienveillant du Merlion, Lion à queue de poisson symbole protecteur de la cité.

Cliquez pour voir la photo agrandie.



Ainsi que je vous en ai déjà fait part dans de précédents articles, ce Festival, qui a lieu tous les deux ans, ne cesse de prendre de l'ampleur au fil du temps. Les chiffres de fréquentation qui suivent ne devraient pas manquer de séduire le « Guinness Book ».

A l'instar de nos événements méditerranéens, ce Festival est, de coutume, le rendez-vous des pays riverains du Pacifique. Outre les 7 pays du comité organisateur (Chine, Japon, Corée, Malaisie, Hong-Kong, Singapour, Philippines), l'Australie, la Nouvelle Zélande, Hawaï, la Californie sont toujours fidèles à ce rendez-vous asiatique où l'Inde et la Thaïlande ont fait cette année une apparition particulièrement remarquée, y glanant même quelques médailles pour le moins inattendues.

Sans oublier pour autant quelques représentants européens venus d'Allemagne, du Royaume Unis, d'Italie et de France, en la personne de votre serviteur et du trio « Hotvill's ».

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La culture de l'harmonica à Singapour et la pratique qui en découle méritent que l'on s'y attarde dans ces quelques lignes. Beaucoup d'éléments contribuent à son essor : sponsors qui n'hésitent pas à mettre la main à la poche, aides des médias, télés, etc. et surtout l'aval des institutions qui accordent à notre instrument une place de choix, au même titre qu'aux autres instruments de musique (classique, jazz, variétés, folklore), générant ainsi bon nombre d'aides officielles telles que la reconnaissance du diplôme de professeur, l'aménagement de locaux pour la pratique et l'enseignement de l'harmonica, l'aide à l'association « Harmonica Aficionados Society » (qui a pour président Boh Teck Keong) elle-même associée au « Singapore Harmonica Instructors and Development Center » sous l'impulsion du dynamique Victor Tang Yuen Wai. La photo ci-jointe vous donne déjà un aperçu de l'étendue des activités générées par ces associations.

Que dire de l'organisation de ce 8ème « Asia Pacific Harmonica Festival », sinon qu'elle fut parfaite, sans la moindre faille logistique, le dispositif en la matière s'avérant désormais bien rodé. Tout est allé crescendo de la cérémonie d'ouverture, avec de fantastiques acrobates exécutant la traditionnelle danse du Dragon, à celle de la clôture, apothéose de ce Jamboree de la musique à bouche.

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Le fait saillant de ce Festival fut incontestablement la compétition, répartie en 7 catégories multipliées par trois (catégories enfants, juniors, adultes), accueillant ainsi un total de 2530 compétiteurs ! Un record qui a nécessité la participation de 58 membres du jury. En ce qui me concerne, j'ai eu le plaisir d'être membre du jury des catégories chromatique et ensembles, en compagnie de mes amis Willy Burger, Yasuo Watani, He Jia Yi et Johnny Kuan (chef de l'orchestre de Hong-Kong). Tâche passionnante mais pas facile à assumer compte tenu du nombre de candidats et du niveau élevé de ces deux catégories.

Grand coup de chapeau à Victor Tang Yuen Wai, vice Président de « Harmonica Aficionados », dont je parlais plus haut, qui était en charge de l'organisation et de la logistique de cette compétition.

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Une dizaine d'ateliers et des conférences n'ont pas manqué d'attirer bon nombre de participants. Je me suis vu confier la charge d'une conférence sur le thème « L'Anche libre. Naissance et histoire d'un instrument, l'Harmonica » (prélude à mon encyclopédie en fin d'écriture). Les Hotvill's ont animé un atelier sur le thème du trio d'harmonicas.

De nombreux stands de marques d'harmonicas les plus diverses (avec techniciens réparateurs) ainsi que des stands associatifs furent à la disposition d'un public demandeur quatre jours durant.

Le site « Suntec Singapour International Convention », dans lequel s'est déroulé le festival est un lieu parfaitement adapté à ce genre d'événement, couvert, climatisé, très bien sonorisé, idéal pour les scènes ouvertes qui n'ont pas cessé d'accueillir un public enthousiaste tout au long du Festival.

Autre scène ouverte : à l'invitation de « L'Universal Studio », réplique copiée-collée de celui d'Hollywood, les visiteurs tous azimuts de ce lieu mythique ont eu l'occasion d'assister, par une chaleur torride, à un concert d'harmonica tout un après-midi non-stop.

Il est difficile d'évaluer à ce jour le nombre total de participants à ce festival. Il avoisinerait plus ou moins 20.000 d'après une source locale, incluant : les 2530 compétiteurs (payants + leurs accompagnateurs) + officiels + participants (artistes, techniciens, membres d'associations) + visiteurs (payants), etc.

Que de cerises sur le gâteau ! Il en est une que je gardais pour le dessert. Le concert, qui se tint dans une merveille architecturale à l'acoustique de rêve « L'Esplanade Concert Hall ». Oublions le Palais des Congrès, l'Opéra Bastille. Nous sommes transportés au XXIème siècle dans un autre monde... bien que je garde au fond de moi-même une tendresse toute particulière pour notre Palais Garnier.

Au programme du concert: le « Hong Kong Harmonica Orchestra », Willy Burger, He Jiayi, Yasuo Watani, Brendan Power, Jens Bunge, Juko Saito, Chong Ah Kow, Lee Hea Bong, Jean Labre, les Hotvill's... No comment! Une affiche qui parle d'elle-même.

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Mais tout a une fin. La cérémonie de clôture fut exceptionnelle, avec une pléthorique, mais ô combien enthousiaste, remise de récompenses entrecoupée d'un spectacle à vous couper le souffle : des ensembles, les lauréats de la compétition, un numéro rétrospectif de comédies musicales (West Side Story, etc.), le « King'Harmonica Quintet » et l'orchestre de Malaisie (60 exécutants) dirigé par Chong Ah Kow (qui fut le premier asiatique à obtenir une médaille d'or à Trossingen en 1989).

Au final de cette soirée, c'est précisément la Malaisie qui s'est vue confier l'organisation du 9ème « Pacific Harmonica Festival 2012 » qui se déroulera à Kuala Lumpur sous la présidence de son charismatique président Chong Ah Kow. Annonce suivie d'une ronde à n'en plus finir à rendre jaloux Patrick Sébastien, imaginez des milliers de participants « à la queue leu leu »... une nouvelle version de « si tous les gars du monde ». Puisse-t-elle résonner jusqu'à vous par le biais de ces quelques mots griffonnés encore sous le coup de l'émotion.

- Jean Labre

J'adresse un grand merci à mes amis Boh Teck Keong et Victor Tang Yuen Wai.

Photos: H.A.S./Harmonica Aficionados Society & Jean Labre
Paru le 12 octobre 2010


Edito

 

Vingt ans Après
Il ne s'agit pas d'un remake d'Alexandre Dumas, retenons juste que ce titre nostalgique nous offre sur un plateau une introduction en phase avec notre actualité, symbolisée par une volonté de revivre un temps fort, nous confortant, pourquoi pas, dans l'idée que c'est avec le passé que l'on construit l'avenir.
Mais le décor que nous proposait Dumas à changé... Nous nous retrouvons au pied d'un Mont Blanc qui n'aura de cesse, trois jours durant, de jouer à cache-cache avec des nuages capricieux.
Qu'importe, nous sommes au cœur de la Savoie en ce beau village de Domancy, coïncidence... 20 ans, pile, après le premier Festival France Harmonica qui se déroula à Meythet, toujours en Savoie, à l'initiative de Pierre Kaced, en ce jour mémorable où fut créé dans l'allégresse ce mouvement dont je suis fier d'être le Président Fondateur,en compagnie aujourd'hui de mes successeurs Jean Claude Lavergne et Alain Chaulet.
2010, un anniversaire fêté dignement. Une belle réussite, fruit d'une étroite collaboration H2F/Savoie Harmonica, avec l'inauguration d'un mobile, que Calder lui même ne désavourait pas, réalisé par le sculpteur sur métaux Serge Perrin, baptisé "L'Harmonica DO.mancy". Particularité, il s'agit de la représentation d'un harmonica chromatique... 11 trous ! Grande première offerte aux vents tourbillonnants.
Domancy est le fief de Savoie Harmonica qui compte déjà 9 années d'existence. Cette association, animée par le maire fondateur Gérard Perrin, s'est dotée d'une organisation sans faille, un modèle du genre. J'ai bien aimé la prestation de l'orchestre de cette association (70 exécutants), interprétant des œuvres folkloriques du pays de ma grand-mère, à commencer par « Sur le Chemin du Val d'en Haut ». Ajoutons à cela une soirée concert jubilatoire. Bref, une Fête de la Musique avant l'heure.

Notre monde bouge, les cultures instrumentales ne cessent de se marier harmonieusement, l'harmonica n'est pas en reste, butinant de ci delà d'un continent à l'autre, voguant allègrement d'un Koto Japonais aux frissons du tango argentin, d'un Paganini à la valse musette... « Toute la musique que j'aime » notre Johnny dixit...
Le Festival de Singapour de cet été en sera la parfaite illustration. J'aurai le bonheur d'y prendre part, part de musique, part de vie...

« La vie c'est comme la musique, il faudrait l'écouter deux fois » (Françoise Sagan).

Harmonicalement

Jean Labre
Paru le 21 juin 2010

A la redécouverte de la culture Harmonica en Pays Batave

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Les Pays Bas se situent depuis longtemps dans le peloton de tête du développement de la culture harmonica, toutes spécialités confondues.
Le FESTIVAL 2010 de Veldhoven (*1) nous en a fait une fois de plus une brillante démonstration placée sous le signe de la diversité, célébrant en ce début mai les 25 ans d'existence de l'orchestre « Veldhovense Mondharmonika Vereniging » créé en 1985 par le regretté Peter Janssen. Evénement qui coïncidait à cette époque avec la naissance de la NOVAM (Organisation Néerlandaise de l'harmonica et de l'accordéon), heureuse fusion de deux instruments favorisée déjà au départ par la même origine étymologique batave : « Harmonika » pour l'un et « Mondharmonika » pour l'autre. Une époque riche en événements internationaux majeurs avec, entre autres, la fondation de l'IHO (International Harmonica Organisation), toujours à l'initiative de Peter Janssen, dont il sera le premier président.

« Back to the past », je vous invite à faire avec moi un retour en arrière à la découverte du parcours de ce « Mondharmonika » si cher à nos amis hollandais.
Le point de départ se situe au début des années 30, en la personne de Max Geldray (1916-2004), Van Gelden pour l'état civil, qui en 1932, alors qu'il n'avait que 16 ans, se vit offrir un harmonica chromatique. Admirateur de Borrah Minevitch il ne va pas tarder à « tomber dans la marmite »... Cela va commencer par la création d'un ensemble, les « Mondharmonika Band», avec Geert Van Driesten, entre autres, suivi du quartet « The Hollander Boys ». Mais dès 1934, il va entamer une carrière de soliste qui ne prendra fin qu'un jour d'automne 2004 à Palm Springs (USA, Californie).
Surnommé, mondialement, et indiscutablement, « The First Harmonica Jazz Player » il va s'affirmer au fil des décennies comme étant un musicien doté d'un « swing » et d'un sens inné de l'improvisation hors du commun; ce qui lui vaudra, globe trotter infatigable, de jouer avec les plus grands : Coleman Hawkins, Jo Bouillon, Ray Ventura, Henri Salvador, Django Reinhardt et le « Hot Club de France », Michel Warlop, Duke Ellington, etc.
A l'initiative de Borrah Minevitch, lors d'une tournée européenne des célèbres «Rascals », il sera soliste occasionnel du quintet «Hotcha Boys», à la fin des années 30.
Au fil du temps, Max Geldray va faire découvrir le pays des tulipes à bon nombre de ceux qui en ignorait l'existence.
Notre globe trotter séjournera une dernière fois en Hollande, en 1995, avant de retourner à Palm Springs, se consacrant à la fin de ses jours à l'harmonica thérapie, intervenant dans l'association « Jazz Without Booze » (jazz sans alcool), ainsi qu'auprès de patients dans une clinique amie. .. et ne ratant jamais l'occasion de prendre part à des « bœufs », ici ou là, dans les cafés concerts de Palm Spring, havre de repos des stars hollywoodiennes.
Vous pouvez vous procurer des enregistrements de Max Geldray, remasterisés sous le label « Frémaux & Associés ». Heureuse initiative qui vous permet d'écouter ce joueur d'exception sous la référence « Harmonica Swing Années 20-30-40-50 » (FNAC).

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Et l'aventure va se poursuivre, elle est si bien partie, ce n'est qu'avec le passé que l'on construit l'avenir. Le courant des années 50 va voir émerger la culture du trio traditionnel incluant : solo chromatique, basse et chord. Le trio « Hotcha » (1949-1970), succédant au quintet burlesque du même nom, en est la parfaite illustration. Ce trio reste encore de nos jours une des références mondiales en la matière (*2) ; avec cette particularité batave qui confère au bassiste la position vedette du trio alors qu'habituellement ce rôle est généralement dévolu au soliste. C'est à Geert Van Driesten, bassiste de légende, que revint ce rôle de « tenir la baraque » du trio... brillament assisté par Joop Heijman au chromatique et Jan Vuik aux chord, vinetta et polyphonia. . Quelques changements de partenaires surviendront en cours de l'épopée de cet ensemble, parmi lesquels : Eddie Sernie, Henk van Dipte, Lee Kuipers, Gijs vd Wiel, Wim et Cor Belder, Johan Janssen et quelques autres...
De là naitra une culture basse que l'on retrouve de nos jours dans les prestations des « Fata Morgana » ( http://www.fatamorganamusic.nl ) , avec Ronald Kamminga, ainsi que chez les « Multicats », avec le jeune Luciën Winterberg, fils de Joop chordiste de ce trio, et dans bien d'autres formations allant du trio aux plus grands ensembles.
Geert Van Driesten fut également le fondateur de la première école d'harmonicas de Rotterdam, secondé par son épouse qui dirigea à cette époque un ensemble de 35 harmonicistes dans un répertoire alliant harmonieusement la musique classique aux variétés.
On peut considérer que c'est à cette époque qu'est né cet engouement national pour les orchestres d'harmonicas, ajoutant ainsi un fleuron de plus à l'éventail culturel hollandais.

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Dès les années 80, sous l'impulsion de cadres dynamiques tels que Peter Janssen, Frans Bosmans, Meine Segveld, Joop Winterberg et, actuellement, Viola Barends (photo gauche), la vague orchestres ne cessera de prendre de l'ampleur ; avec, il est vrai, l'aide précieuse apportée par la NOVAM.
Je me souviens encore de ce « Veldhoven Festival 2002 » au cours duquel, en tant que membre du jury, il m'a fallu noter12 orchestres de 11 à 30 exécutants (7 hollandais et 5 allemands)... Mai 2010, les 5 orchestres qui se produisirent lors du concours national de ce festival ont recueilli un succès bien mérité, il n'était pas chose aisée de les départager.

Si il me fallait citer les noms d'harmonicistes hollandais qui se sont illustrés au cours des décennies qui nous ont précédés, autres que ceux déjà évoqués plus haut, , je retiendrais, dans un ordre approximativement chronologique ceux de : Lee Kuypers (années 50) concertiste itinérant, notamment en France (Paris salle Pleyel, nombreuses visites au CHARM d'Albert Raisner), « Les Snapshots » (années 50/60), « Larryson's » (idem), Karel Jansen, Larry Robert et son groupe « Chromatika Group Da Capo », Frank Verwey (années 60/70), Rinus Gerristsen (années 70/80), Wim Dijkgraaf... Désolé pour ceux que j'ai peut être oublié.
Enfin de nos jours il faut saluer l'œuvre accomplie par Art Daane archiviste historien de la grande aventure planétaire de la musique à bouche ( http://www.artdaane.nl ) et de surcroît talentueux bassiste. Je tiens aussi à rendre hommage à Rob Janssen, fils de Peter, sous la houlette duquel le trio Fata Morgana s'est assuré une réputation mondiale. Musicien accompli, il joue avec brio de tous les harmonicas inhérents aux ensembles d'harmonicas. Rob est en outre président du jury des championnats du monde. Jury dont j'ai le grand plaisir de faire partie depuis de nombreuses années.
Et que là où il se trouve Max Geldray se rassure, la relève jazz est assurée en la personne d'Hermine Deurloo joueuse de chromatique de grand talent.
Avant de terminer cet article, je tiens à remercier les organisateurs de ce Festival «Veldhoven 2010 » pour le chaleureux accueil qu'ils m'ont réservé... grand Merci à Jack Mikkers, maire de cette dynamique cité.

Jean Labre

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(*1) Au programme :
Samedi matin, 8 mai : Concours national ouvert aux orchestres ensembles et solistes (jury : Thierry Crommen, Ronald Kaminga, Jean Labre).
Samedi après midi, ateliers : Thierry Crommen (improvisation chromatique, diato), Ben Bouman, Hollande (effets diatonique/blues, sonorisation), concert Barefoot Lano.
Samedi soir, concert à l'auditorium du centre culturel de Veldhoven.
Programme:
En ouverture du concert : L'orchestre « Veldhoven Mondharmonika Vereniging » sous la direction de Viola Barends, invité soliste Jean Labre, suivi des shows Jean Labre, Thierry Crommen – entracte - le groupe « Blue Kings » (Hollande), Brendan Power et Fata Morgana, en trio.
(*2) Trio Hotcha. 1997, sortie d'un coffret compilation de 100 titres remastérisés en 3 CD, sous le label distributeur «A Brillant Compact Disc » (Hollande), référence ABCD 30091-2. Ce label ayant disparu, il ne vous reste plus que le recours à internet (Amazone, E-Bay, etc), où il vous est également possible d'accéder à des prestations You-Tube de ce trio ainsi que celles de bien d'autres harmonicistes.
& A noter que "Hotcha" signifie rythme en langage latino-américain.
Photos Frans Bosmans / Fata Morgana
Paru le 7 juin 2010


Edito

 

Harmonica Thérapie
Ça bouge dans notre univers de la musique à bouche. Un coup d'œil sur notre calendrier (clic « Nouvelles »), vous en dira plus long sur ce chapitre, vous n'aurez que l'embarras du choix. Mais l'actualité nous oriente en priorité, noblesse oblige, vers le vingtième Festival « France Harmonica/Harmonicas de France » qui aura lieu en Savoie à Domancy du 11 au 13 juin prochain, un anniversaire à ne pas manquer.
Oui, ça bouge dans notre univers. L'harmonica, qui souvent a été considéré comme étant le « vilain petit canard » de tous les instruments de musique, refait surface, prenant une belle revanche dans un domaine pas vraiment inattendu : l'harmonica thérapie... déja pratiquée en Chine, eh oui, il y a 4500 ans à l'initiative de l'empereur Huangdi inventeur du sheng, ancêtre de l'harmonica.
On constate,depuis deux décennies, que l'Art prend de plus en plus soin de l'Hôpital, faisant entrer avec bonheur la couleur, les sons humains, la vie... dans un univers traditionellement aseptisé.
J'ai déjà évoqué ce phénomène dans de précédents articles que je vous invite à consulter sur ce site. Vous y découvrirez que les intenses vibrations créées par les anches de notre instrument sont instantanément transmises dans tout le corps via le cerveau, stimulant ainsi une action physiologique et spirituelle, génératrice de bienfaits thérapeutiques, ou bien encore que certains psychiatres et neuropathologistes s'accordent à dire que le fait de jouer de l'harmonica génère des effets psychosomatiques bénéfiques, etc.

Il faut rendre hommage à l'association Musique et Santé qui vient de mettre en place une série de stages d'initiation à la musicothérapie, encadrés par des médecins, des scientifiques et des musiciens, dont Jean Jacques Milteau (parrain de cette association), stages ouverts à tous musiciens, à commencer par vous, si le cœur vous en dit.*
Rendons également hommage au docteur Sung Hee Yun, Président du "SPAH Harmonica Health Committee", infatigable promoteur de "l'Harmonica Therapy" aux USA.

Mais, ainsi que le veut la coutume, un édito d'avril ne saurait se passer de... "poisson d'avril". Connaissez-vous le Semicossyphus reticulatus ? Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps... ne cherchez pas plus loin, il s'agit du labre, un bien joli poisson doré des mers du sud.

Le Burundi, ce n'est pas un poisson, est le 123ème pays à fréquenter jeanlabre.com
Bienvenue au club

Harmonicalement vôtre
Jean Labre

*Les dates de ces stages sont mentionnées dans notre calendrier.
Paru le 1er avril 2010

Harmonica et Santé, "Music for Life"
Comme je vous l'annonçais précédemment dans l'article "Musique et Santé/L'harmonica et le Souffle", je donne suite aujourd'hui à cet article à propos duquel bon nombre d'entre vous m'interrogent sur ce qu'il en est actuellement.
Bonne nouvelle, ça bouge... l'actualité est rassurante et nous oriente désormais vers des perspectives d'avenir encourageantes.
Ça bouge également à l'étranger, d'un continent à l'autre, notamment aux USA où l'on constate que des recherches parallèles menées de chaque côté de l'Atlantique aboutissent aux mêmes conclusions.
A l'instar de l'action menée en Californie par le professeur Sung Hee «Victor » Yun qui nous fait part de ses conclusions dans un long article paru dans le magazine de la SPAH, « Harmonica Happening » (N°42, été 2008), dont je vous traduis aujourd'hui l'essentiel, avec la gracieuse autorisation de son auteur.


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Contenu de cet article :
« Les concepts de base exposés dans cet article sont le fruit d'un large éventail d'informations en provenance du monde médical et de ce monde musical qui nous est si cher. Il est le fruit de la sagesse, d'une connaissance approfondie du corps humain, il est la résultante de témoignages, d'anecdotes vécues et de preuves avérées en provenance de la communauté harmoniciste et des milieux hospitaliers, corroborées par la communauté scientifique, le tout débouchant sur un consensus général qui nous laisse entrevoir un avenir prometteur.
Mon propos résulte d'une longue recherche dont le vecteur principal est le corps humain, mais il se doit d'être emprunt de sagesse, dans le respect de la tradition, ne laissant rien au hasard, prenant en compte anecdotes et témoignages en provenance de tous bords : ceux issus de la communauté harmoniciste et ceux émanant du public en général, mais essentiellement ceux en provenance de la communauté scientifique.

PHYSIOLOGIE, IMPLICATION DE L'HARMONICA
DANS LE DOMAINE DE LA SANTÉ

L'aboutissement de recherches et travaux nous démontre que l'harmonica est en nous, corps et âme, une source de puissance et d'énergie. D'où l'intérêt suscité dans les milieux médicaux toujours à la recherche de nouvelles thérapies.
L'intérêt de la pratique de l'harmonica à l'hôpital est un phénomène récent. Mis à part son côté amusant, divertissant, on s'est aperçu que l'instrument ouvrait un horizon thérapeutique générateur de bienfaits.
Le fait de jouer de l'harmonica implique une multitude de mouvements du corps humain : bouche, lèvres, langue, joues, mâchoire, dents, cou, yeux, oreilles, muscles environnants, bras, mains, articulations, os, côtes, gorge, poumons, cœur, diaphragme, jambes, pieds, etc.
La plupart des parties du corps se trouvent ainsi engagées, d'où l'intérêt de tirer partie de tous ces liens corporels en vue de créer de nouvelles pratiques thérapeutiques, ludiques de surcroît.
Il faut savoir que les intenses vibrations créées par les anches sont instantanément transmises dans le corps, via le cerveau, stimulant ainsi une action physiologique et spirituelle, génératrice de bienfaits thérapeutiques.
La respiration requiert de jouer à un niveau sonore élevé afin de faire travailler l'élasticité des muscles sensibles du diaphragme (d'en moyenne 4mm d'épaisseur). Cela stimule l'échange d'oxygène et de dioxide de carbone dans les quelques 300 millions de petits sacs ou alvéoles de nos poumons, générant ainsi un apport d'oxygène frais qui va se répandre dans l'ensemble du corps : celulles,tissus, organes,jusqu'au cerveau. Cet apport est source de rajeunissement, il améliore toutes les fonctions de l'organisme en activant le rythme d'immunité contre la maladie.
Certains psychiâtres et neuropathologistes s'accordent à dire que le fait de jouer de l'harmonica génère des effets psychosomatiques bénéfiques.
L'observation d'une foule d'anecdotes et de témoignages concordants, démontre les effets bénéfiques de l'harmonica et du souffle.
De nos jours, des structures médicales les plus diverses effectuent, avec une rigueur scientifique, des recherches qui aboutissent à une reconnaissance de ces bienfaits. De là est née une opportunité de challenge pour tous ceux qui s'intéressent à la question, à commencer par les scientifiques.
Il en résulte que la médecine traditionnelle considère que l'harmonica s'avère être un excellent outil pour traiter certaines maladies. Certains praticiens de médecine traditionnelle estiment que la pratique de l'harmonica aide à augmenter le flux (débit d'énergie) qui conduit à renforcer le système immunitaire, réduisant ainsi la susceptibilité d'attraper des maladies, en éliminant les facteurs extérieurs que peuvent apporter, entre autres, les aliments. Ils soulignent aussi que jouer, ou écouter, de l'harmonica communique à notre cerveau, à notre organisme comme une orchestration qui aboutit à améliorer notre état de santé.

Outre l'émission d'effets chimique des composants de l'instrument (bois, plastic, nickel, cuivre,acier,etc.), sous forme de moisissures, viennent s'ajouter d'éventuels apports extérieurs de bactéries, ainsi que d'autres éléments en provenance de notre propre corps avec la salive pour véhicule. Autant de refuges bactérioloqiques qui doivent impliquer de notre part une pratique d'hygiène rigoureuse, écartant ainsi des éléments perturbateurs nuisibles au bon fonctionnement de la thérapie.

On retrouve de multiples applications du but recherché à travers des mouvements associatifs, tels que « Harmonica Thérapy International » en constante collaboration avec la SPAH, collaboration qui consiste à venir en aide à ses adhérents confrontés aux problèmes de santé évoqués dans cet article, phénomène qui à généré récemment une recrudescence d'adhésions à cette association, et rendu plus populaire la pratique de l'harmonica aux USA.

Depuis plus d'une décade, le concept « Harmonica & Therapy » a pris forme dans bon nombre d'établissements de santé, particulièremen dans l'Est et le Middle Est des USA, où se pratiquent couramment des traitements curatifs pour les problèmes de respiration, incluant les obstructions pulmonaires chroniques, l'asthme, les bronchites chroniques, emphysèmes et autres troubles pulmonaires, traitements pratiqués auprès des malades par un personnel qualifié directement impliqué dans une médecine reconnue, attentive au suivi de ces thérapies.
Concept également développé en Californie à «El Camino General Hospital » de Mountain View qui prodigue, deux fois par semaine, des soins dans son service « Cardio Vascular Pulmonary Rehabilitation », supervisé par médecins et thérapeutes spécialisés.

Des recherches dans des centres spécialisés, encore sporadiques, sont actuellement effectuées ainsi que dans quelques universités majeures et des hôpitaux épars à travers le pays.
Il faut souligner que la rigoureuse application des méthodes que nous évoquons aujourd'hui est encore actuellement relativement peu développée; mais l'éventail des recherches ne cesse de s'étendre dans bien des domaines, autres que ceux que j'évoquais précédement, tels celui de la gestion de la douleur et des états dépressifs, celui de l'anxiété, du stress, des maladies cardiovasculaires, de l'apnée du sommeil, de la maladie de Parkinson, et aussi : la mucoviscidose, le tabagisme, les désordres et handicaps mentaux, les problèmes émotionnels et pertes de mémoire.

Aidé par le plaisir et son côté réjouissant, l'harmonica revendique un pouvoir de guérison, favorablement accepté dans le milieu musical (professionnel inclus), et l'ensemble de la planète Santé.

Soyez activement à l'écoute de l'harmonica et n'hésitez pas à répandre ses bienfaits chaque fois que vous en aurez l'occasion.

Sung Hee « Victor » Yun

Fondateur du "Harmonica Music Therapy International Institute" et du "Palo Alto Harmonica Health Research Institute", (Breathing Education Center).
Président du comité "Harmonica et Santé" de la SPAH.

Rendons hommage à l'action menée par la SPAH, sous la conduite du professeur Sung Hee Yun, qui n'a de cesse de s'associer aux recherches thérapeuthiques entreprises par le monde médical et le monde scientifique

Autres Articles relevés ci et là
Sur le même sujet, dans la revue « Harmonica Happening », parue en été 2001, l'harmoniciste Tulsa READ a écrit un article ayant pour titre :
L'HARMONICA, OUTIL THÉRAPEUTIQUE
POUR LES AFFECTIONS CARDIO PULMONAIRES
Soulignant que les maladies respiratoires sont la quatrième plus importante cause de décès aux Etats-Unis. Environ quinze millions de personnes meurent chaque année de ces maladies. Le corps médical a récemment mis en place un arsenal thérapeutique utilisé par les pneumologues et les kinésithérapeutes spécialistes de la respiration, notamment à l'hôpital Florida Celebration of Health, en Floride, ainsi qu'au Collège d'Infirmiers de l'Université de l'Ohio et au Centre Deborat pour le Cœur et les Poumons du New Jersey.

Le docteur Scott A. LERNER, (MD/FCCP), du Midwest Pulmonary Consultants Diseases and Critical Care (également joueur d'harmonica), déclarait à la parution de cet article : « Mr. Read (harmoniciste), est un musicien et un professeur accompli. Jouer de l'harmonica peut améliorer la fonction pulmonaire en fortifiant les muscles respiratoires. Dans cette limite, jouer de l'harmonica est bénéfique aux patients qui ont des problèmes respiratoires ».
EXERCICES THÉRAPEUTIQUES PHYSIQUES
POUR LES POUMONS, LE CŒUR ET LES SINUS
En fin de cet article son auteur nous présente une série d'exercices qui se résument en la pratique de gestes basés sur le concept retenu :
1) Tout d'abord, si vous n'avez pas de difficulté à vous tenir debout, restez debout plutôt qu'assis. Si vous choisissez de vous asseoir vous allez avoir plus de mal à respirer, votre abdomen étant poussé vers l'intérieur.
2) Respirez toujours par le nez lorsque vous jouez, aussi bien en inhalant qu'en exhalant. Cela libère la pression de l'air dans l'arrière gorge, ce qui permet d'obtenir le ton juste des notes et permet aussi aux anches de donner une réponse immédiate à l'aspiration (au lieu d'avoir un retard ou pas de réponse en fermant votre respiration nasale).
3) Pour commencer à faire tout exercice il vous faut inspirer et expirer avec la partie basse de votre diaphragme, allant jusqu'au ventre. Essayez d'inspirer-expirer 95% de l'air avec votre ventre, et 5% avec votre nez.
4) Commencez les exercices lentement, puis augmentez graduellement votre vitesse. Donnez vous pour but de jouer au moins une heure par jour.
5) En faisant ces exercices, considérez à partir de maintenant votre harmonica comme un outil allié à un instrument de musique.
On notera qu'avec l'harmonica chromatique le cheminement de l'air est plus long, ce qui nécessite plus d'air pour jouer.
Mais attention, si vous avez de sérieux problèmes cardiaques, consultez votre cardiologue avant de commencer ces exercices.

Il vous est possible de vous procurer les exercices dont il est question en contactant la SPAH éditeur de la revue « Harmonica Happening », à l'adresse indiquée en renvoi à la fin de cet article.
Mais les conseils qui précèdent sont aussi applicables à la remarquable méthode de Jean Jacques Milteau parue dans le CD « Manque pas d'Air » que nous évoquions précédemmentµ.

Un autre article, paru toujours dans la revue ‘Harmonica Happening(
N°36, hiver 2002), est consacré à Buddy Wakefield, personnage bien connu de la SPAH, lequel reprend dans les grandes lignes les articles que nous venons d'évoquer, sous le titre : « Better Breathing using in the Harmonica ».

Plus récemment, un séminaire ayant pour thème "Harmonica et Santé", s'est tenu à Saint Louis du Missouri l'été dernier, lors de la convention annuelle de la SPAH, toujours à l'initiative du professeur Sung Hee "Victor" Yun. Y ont pris part : Tom Stryker (Président de la SPAH), David Barett,Joe Filisko, Mary J.Gormley, John Schaman, Terry Rand, ainsi que des représentants des marques : HOHNER (Steve Baker), SUZUKI (Os Leguizamo) et SEYDEL Rupert Oysler).
Cela fait plaisir de voir autour d'une table des marques concurrentes débattre d'une noble cause... On en redemande.

J'ajouterai que Sung Hee "Victor" Yun est un joueur d'harmonica diatonique d'une grande sensibilité. N'est-il pas le mieux plaçé d'entre nous au niveau du ressenti des vibrations de notre musique à bouche.

Jean Labre

*Revue "Harmonica Happening", contact : http://www.spah.org & SPAH Inc. P.O. Box 865 TROY MI.48099-0865 USA
Coût de l'abonnement annuel 45 US $, ce qui fait également de vous un adhérent à l'association américaine de l'harmonica, la SPAH (Society for the Preservation and Advancement of the Harmonica).
*CD "Manque pas d'Air" de J.J. Milteau, Contact "Musique et Santé"
4 passage de la Main d'Or Paris 75011 - Tel : 01 55 28 81 00 http://www.musique-santé. & 15€

Photo de Sung Hee «Victor » Yun prise au cours d'une conférence à l'université de Stanford et parue dans la revue Harmonica Happening.
Paru le 2 mars 2010

Association Musique et Santé... l'Harmonica et le Souffle

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« Depuis deux décennies, l'Art prend soin de l'Hôpital. Dans un univers traditionnellement aseptisé, il fait entrer la couleur, les sons et les passions humaines, en un mot la VIE. »
Thème de plus en plus d'actualité qui m'amène à reprendre, en guise d'introduction, cet article paru sous la plume de Josette Koch-Labre dans la « Revue Echos France Harmonica »
(N° 37, été 2002), sous le titre : « L'Harmonica et le Souffle », en collaboration avec l'association «Musique et Santé ».

L'Association Musique et Santé

Partant du constat que chaque enfant, chaque adulte, quel que soit son âge, sa culture, sa langue d'origine, est touché par la musique, les acteurs du monde médical peuvent envisager celle-ci comme un outil thérapeutique supplémentaire.
L'association est née de la rencontre et de la collaboration entre des musiciens et des professionnels de la santé et de la culture. Faisant d'abord partie d'Enfance et Musique, elle est maintenant une association à part entière.

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Son engagement dans le secteur hospitalier depuis plus de douze ans, aujourd'hui de façon autonome, a contribué à faire avancer de manière significative au niveau national*, la prise en compte de la musique et de la culture dans le quotidien de la vie des personnes hospitalisées.
L'association a pour parrains Steve Waring, Jean Jacques Milteau, Dédé Saint-Prix et Sarah Nemtanu musiciens, le professeur Marcel Rufo, pédopsychiatre , chef du service medico-psychologique de la famille et de l'enfant, au CHU Sainte Marguerite et à la Timone, Assistance Publique de Marseille, et le professeur Yanick Aujard, pédiatre.
Elle a pour Président le Dr. Didier Cohen Salmon et pour Directeur Philippe Bouteloup*

Musicothérapie

L'idée de soigner par la musique est loin d'être une idée nouvelle. Depuis des temps très anciens on sait qu'elle a de nombreuses vertus dont celle de guérir les maux de l'esprit. Quant à avoir de réelles vertus curatives, les résultats des travaux menés dans ce domaine sont souvent contradictoires et on peut dire qu'il n'y a pas de pharmacopée musicale.
Cependant il y a des domaines dans lesquels la musique a une action tout à fait positive auprès des enfants et des adolescents, et sans doute auprès des adultes. Dans les différents lieux de soins qui les accueillent, elle permet de tisser des liens entre patients et équipes soignantes : la musique devient alors un moyen d'échange, de communication et de mieux être, de création et plaisir partagé.
Intervient ensuite le choix des moyens concrets de réalisation de ces objectifs, et parmi ces moyens, le choix des instruments.

L'Harmonica

C'est un petit instrument qui a bien des qualités : il est bon marché, léger à transporter, plutôt facile à jouer. Il ne fait pas peur, il est à la fois familier, intime et évocateur de multiples sujets : les musiques populaires, les voyages, l'histoire des hommes à travers celle des instruments, le souffle, l'air...
Mais surtout, on peut dire qu'à travers lui on respire la musique. Il utilise autant l'air inspiré que l'air expiré (il est le seul dans ce cas sur la planète). De plus, l'harmonica ne demande pas de souffler fort, il y a peu d'effort à faire pour en tirer un son. Cela fait de lui un outil particulièrement adapté dans le domaine des problèmes respiratoires, tels l'asthme et la mucoviscidose
En ORL, l'harmonica aide les enfants en difficulté sur le plan respiratoire à acquérir une meilleure conscience de leur geste respiratoire en leur proposant des activités ludiques basées sur le souffle musical.

Initiatives et Actions

A l'initiative de l'association Enfance et Musique et de Jean Jacques Milteau, un atelier d'harmonica a été créé à Bullion en octobre 1997. Caroline Raimbault, orthophoniste, note qu'au départ « il s'agissait d'une volonté musicale en tant qu'aspect éducatif davantage que de rééducation ».
En une heure par semaine les enfants, exemptés de la contrainte du solfège, arrivent très rapidement à jouer de petits morceaux. L'intervention de personnes de l'extérieur permet de sortir du monde de la maladie, et de garder le plaisir musical des enfants. De plus, dans le souffle de l'harmonica, l'orthophoniste peut évaluer l'inspiration, l'expiration et le souffle abdominal. Chaque enfant à Bullion a pu avoir son harmonica et en mars 1998 tous ces enfants ont donné un concert à la Cité de la Musique à Paris, avec Jean Jacques Milteau, devant 1200 autres enfants.
Greg Szlapczynski participe également très activement à ces ateliers.

Autres expériences

Depuis quelques années un travail est mené autour de la musique dans le service de pédo-psychiatrie du Professeur Rufo à Marseille. A cette occasion, le personnel soignant a constaté que le musique a eu des effets extrêmement bénéfiques sur les enfants reçus dans le service, notamment les enfants autistes et sans langage ou bien en difficulté sur le plan relationnel. Elle a également des répercutions au niveau des parents dans le cadre de l'accueil musical qui leur est proposé.
La musique peut-elle être un révélateur de communication cachée, enfouie chez ces enfants repliés sur eux-mêmes ? Peut-elle être source d'ouverture, moyen d'échange et de mieux être, de possibilités de contact et de création ?

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Une action similaire a eu lieu en 2001 au Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse, dans le service médico-psychologique de l'enfant et de l'adolescent du professeur Jean Philippe Raynaud. A l'occasion de la fête de la musique, Jean Jacques Milteau et Manu Galvin ont passé plusieurs jours au CHU de la ville. Ateliers d'harmonica avec les adolescents et les plus jeunes, mini concerts au chevet des enfants hospitalisés en chirurgie pédiatrique et concerts dans la nef de l'hôpital ont permis de faire que les jeunes malades participent eux aussi à la fête de la musique.
Sous la responsabilité de Jean Jacques Milteau, un atelier souffle et harmonica a démarré dans le service ORL du professeur Garabédian à l'hôpital d'enfants Armand Trousseau (AP-HP) à Paris, avec la collaboration du docteur Roger et de Josiane Charon, éducatrice de jeunes enfants de ce service.
De plus, conjointement avec l'association Musique et Santé, avec l'aide d'Adeline Pelletier, kinésithérapeute, et de France Musique, en compagnie de Manu Galvin à la guitare et Laurent Vernerey à la contrebasse, Jean Jacques Milteau a réalisé le CD « Manque pas d'Air ». C'est une petite méthode qui permet de pratiquer divers exercices respiratoires autour de quelques schémas simples.*

Le bilan de toutes ces actions est très positif. S'il faut insister sur le fait que l'harmonica n'est pas un instrument « curatif » des insuffisances et des maladies respiratoires, il semble largement prouver qu'il peut jouer un rôle multiple dans le monde du handicap et de la maladie : instrument thérapeutique du souffle, vecteur de plaisir, de communication et par là même de mieux être.
Aujourd'hui, l'association Musique et Santé s'engage dans un travail d'actions et de formation en direction de la gériatrie et de la gérontologie, programme dont les objectifs sont de mobiliser et de renforcer les capacités de communication et d'expression de la personne âgée, en l'aidant à sortir de son isolement, en confortant ses capacités créatives, en la revalorisant. Là encore, toutes les qualités et spécificités de ce petit instrument lui vaudront peut-être une place de choix.

Je crois qu'il ne faut pas non plus oublier de parler des exemples que nous avons près de nous parmi des harmonicistes connus. Toots Thielemans est sans doute le plus célèbre d'entre eux qui a amélioré un asthme sévère en soufflant-aspirant dans notre cher instrument ; John Walton est un autre exemple de ses bienfaits... sans oublier pour autant le président Ronald Reagan qui à la suite de son attentat, en 1981, s'est soumis à une harmonica therapie dont il n'a jamais cessé de vanter les bienfaits. Plusieurs adhérents de France Harmonica, victimes de diverses pathologies, n'ont de cesse de se réjouir d'avoir pratiqué cette thérapie.

La musicothérapie est un sujet dont je n'ai abordé ici que quelques aspects qui mériteraient un approfondissement dans plusieurs domaines, entre autres les formations des personnels concernés, aidées en cela par les musiciens qui apportent leur expérience personnelle à l'hôpital. Existe-t-il d'autres actions menées ailleurs dans le monde par les différentes approches envisagées. Un prochain article peut-être ?
En attendant, bravo à Musique et Santé, à ses parrains et à l'harmonica.

Josette Koch-Labre
Public relations de l'association France Harmonica
Rédactrice de la revue « Echos France Harmonica »


*Avec le soutient Ministère de la culture et de la Communication, du ministère de la Santé et des Sports, du Conseil Régional d'Ile de France, des Conseils Généraux d'Ile de France, des Bouches du Rhône, du Val de Marne, de la Mairie de Paris, du Comité du coeur de la SACEM, de la Fondation d'entreprise de France Télévisions, de la Commission Européenne, etc.

*Association Musique et Santé
4, passage de la Main d'Or 75011 Paris
Tel : 01 55 28 81 00 Fax : 01 55 28 81 01
http://www.musique-sante.org

*CD « Manque pas d'Air »
Vous pouvez vous le procurer auprès de l'association.
Il vous en coûtera 15 €

Qu'en est-il actuellement ?

Il est heureux de constater aujourd'hui que la situation a progressé et que le corps médical, le monde artistique, et nos institutions*, prenent l'affaire en mains et se mobilisent pour une action commune qui n'a de cesse de prendre de l'ampleur, générant une prise de conscience qui se traduit par des initiatives variées dans de notre hexagone.

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Telle, en Lorraine, celle de l'association Pédiatrie enchantée, très active depuis 7 ans, dont le but est d'apporter la musique aux enfants malades dans les différents hôpitaux de la région. Sous la houlette de Jean Louis Emmenecker, vice Président d'Harmonicas de France, elle intervient dans le cadre de l'Ecole de l'asthme pédiatrique, à Metz, à l'hôpital du Bon Secours ainsi qu'au Centre Hospitalier Bel Air. Dans ces établissements dans se pratiquent des séances thérapeutiques proposées aux enfants asthmatiques par une équipe pluridisciplinaire (pneumo-pédiâtre, puéricultrice, infirmière scolaire, kinésithérapeute, psychologue, éducatrice), leur apportant, en plus le plaisir de la musique.

Ou encore dans France Soir, Matthieu Firmin qui consacre un article soulignant l'action de Greg Zlapczynski dans les services pédiatriques de plusieurs hôpitaux. Cette action s'inscrit dans les projets de l'association Musique et Santé dont il est question aujourd'hui, agissant sur le travail du souffle, avec un petit harmonica que les enfants emportent chez eux (grâce à la société Hohner), travail présenté sous forme de jeux que les enfants attendent chaque fois avec impatience, vraie récréation qui leur permet de s'évader de leur milieu hospitalier...

Si les vertus thérapeutiques de l'harmonica ne sont pas encore à ce jour totalement avérées, les bénéfices psychologiques d'une telle prise en charge sont eux, incontestables.
Ce que j'ai pu observer moi-même par le passé, lorsque j'allais jouer à l'hôpital Necker des Enfants Malades, à Paris, avec le trio Hudson, dans le service de madame Jeanne Blézat, ainsi qu'à l'institut des Aveugles à Saint Mandé, à l'initiative de l'actrice Danièlle Delorme.

Il faut aussi rendre hommage à l'initiative de Thierry Courties, animateur dans un centre pour handicapés moteurs. Il s'est baptisé lui-même « animateur-accompagnateur-diatonique », et accompagne des handicapés lors de séjours APF Evasion , contribuant ainsi à l'animation de ces séjours en jouant du diato. Il a pour devise : « animer, c'est bien, accompagner c'est mieux, dans la joie et la bonne humeur de l'harmoniciste ».
Pour conclure, l'harmonica et le souffle symbolise un concept qui prend désormais une dimension internationale sans cesse grandissante. J'y consacrerai prochainement un article.
Souhaitons longue vie à « Musique et Santé », à ces internvenants et à ces patients de tous âges qui bénéficient des bienfaits de la Musicothérapie.
Quant à nous harmonicistes, gardons bien en mémoire ce dernier conseil, cette mise en garde que ne cesse de nous prodiguer le corps médical :
On ne prête pas, pas plus que l'on emprunte, un harmonica. Microbes et virus n'attendent que cela pour se manifester, au détriment de votre santé.
Un harmonica c'est comme un être cher... ça ne se prête pas.


- Jean Labre

Photos :
1. Pochette du disque de J.J. Milteau
2. J.J. Milteau/Steve Waring, Manu Galvin, J.J. Milteau et une patiente (photos Musique & Santé)
3. J.L. Emmenecker, J.C. Seignert (kinésithérapeute)et deux patients
Paru le 6 février 2010


Edito

 

Meilleurs voeux
Un rite vieux comme le monde qui revient chaque année, suivant le même scénario, aux 12 coups de minuit. Seul le décor varie, suivant que l'on se trouve à Fontane di Trevi, au Corcovado, ou sur la plus belle avenue du monde parée de mille et une lumières incandescentes...
Une nuit de Saint Sylvestre où, pour le passage à l'an nouveau, on se congratule animé d'une foule de bonnes résolutions pour la plupart vite oubliées au petit matin...
C'est aussi l'instant de faire un bilan rapide de l'année écoulée en revenant sur les faits marquants qui l'ont illustré.
En ce qui nous concerne, 2009 a été marqué par un événement qui n'a que le tort de revenir une fois tous les quatre ans : le « World Harmonica Festival » (WHF) qui inclue les Championnats du Monde*, ou Concours Mondial, si vous préférez. Rendez-vous incontournable dans la ville mythique de Trossingen, dépositaire de la légende de la musique à bouche depuis près de deux siècles.
Un événement durant lequel les pays asiatiques ont fait étalage de leur efficacité et leur savoir faire tous azimuts, ce qui leur a valu de décrocher 11 médailles d'or sur les 14 offertes. La France n'a pas démérité obtenant une médaille d'argent avec Christelle Berton et une de bronze avec Antoine Leroux *.
Que dire des concerts de rêves qui nous furent offerts avec notre alien Howard et le fabuleux orchestre symphonique « Hong Kong Harmonica Association Orchestra », larme à l'oeil à la clé garantie... sans oublier Olivier Ker Ourio au sommet de son art.
Dire qu'il va nous falloir attendre quatre ans pour revivre cela avec un public enthousiaste mais cependant limité faute de moyens financiers pour y prendre part. On ne peut que le déplorer. Nous ne sommes plus au temps de Sophocle où les citoyens les plus riches supportaient les frais du spectacle, tandis que les spectateurs se voyaient indemnisés pour leur présence.
Les temps ont bien changé, il faut s'en accommoder avec la logistique événementielle requise qui ne fonctionne qu'avec une nouvelle race de « mécènes », les sponsors, pas toujours faciles à convaincre. Rendons hommage aux organisateurs qui se démènent comme des beaux diables pour obtenir les mânes requises pour mettre sur pieds les événements harmonicistes tels le « 8th Asia Pacific Harmonica Festival », événement de l'année 2010, qui va se dérouler à Singapour l'été prochain, et notre 20eme Festival H2F/France Harmonica qui aura lieu au printemps à Domancy en Savoie; ainsi que bon nombre d'autres événements planétaires annoncés dans notre rubrique « Calendrier ».
Profitons en, le temps passe si vite, et plus on ira... plus de gens n'auront pas connu Claude Garden... ainsi va la vie.

Bonne et heureuse année à vous tous et à vos proches

Jean Labre

*Voir l'article http://www.jeanlabre.com/article.php?id=63
*Voir les résultats détaillés dans la revue Harmonica de France Fédération ainsi que dans le site http://www.whf-2009.de
Paru le 1er janvier 2010


Edito

 

Le Rendez-vous de la Forêt Noire
Nous sommes au coeur de cette forêt de légende, durant les années 20 au début du XIXe siècle. Dans une demeure traditionnelle toute la famille est sur le point de passer à table lorsqu'un colporteur frappe à la porte, sa haute silhouette se découpe dans l'encadrement, il tient un solide bâton et porte sur le dos une énorme hotte d'osier, il clame : « Dieu bénisse cette maison », et le père de famille lui répond par le traditionnel dicton :
« Dieu te bénisse, entre et apporte ici le bonheur ».
C'est ainsi que naquit le lien magique entre ces colporteurs du plus petit instrument du monde et le peuple avide de ces rencontres et découvertes.
Il faut rendre hommage à ces colporteurs, qu'ils soient de Bavière, de France sous l'égide de Marie Candide Buffet, et plus tard aux Etats-Unis grâce au flot d'émigrés en provenance d'Europe, lesquels, harmonica en poche, eurent vite fait de conquérir des populations qui n'attendaient que cela.
Le démarrage de la révolution industrielle se chargera du reste...sous l'impulsion d'Hohner et de quelques autres... Voir article : http://www.jeanlabre.com/article.php?id=3
Il existe dans la bonne ville de Trossingen un Musée de l'Harmonica, unique au monde, dans lequel est retracée la belle histoire de notre instrument, une aventure de 150 ans sur laquelle veille attentivement Martin Häffner, maître des lieux, qui n'a de cesse de rester attentif aux événements de la planète Harmonica : http://www.harmonika-museum.de.
Si d'aventure vous vous promenez dans Löwenstrasse à Trossingen, lors des Championnats du monde de cette fin de mois, ne manquez pas de visiter ce musée.
Il ne vous reste plus qu'à prendre votre bâton de pèlerin et de vous rendre à ce rendez-vous de Forêt Noire, à ce jamboree de l'amitié, à ce Festival Mondial au cours duquel se dérouleront les Championnats du Monde de notre instrument (rubrique Les Nouvelles) ... qui n'ont lieu, hélas, que tous les quatre ans.

Harmonicalement
Jean Labre
Paru le 15 octobre 2009


Edito

 

Rendez-vous d'automne en Forêt Noire
Nous sommes au cœur de cette forêt de légende au cours des années
20, au début du XIXe siècle.
Dans une demeure traditionnelle toute la famille est sur le point de passer à table lorsqu'un colporteur frappe à la porte ; sa haute silhouette se découpe dans l'encadrement, il tient un solide bâton et porte sur le dos une énorme hotte d'osier. Il clame : « Dieu bénisse cette maison », et le père de famille lui répond par le traditionnel dicton :
« Dieu te bénisse, entre et apporte ici le bonheur ».
C'est ainsi que naquit le lien magique entre ces colporteurs du plus petit instrument du monde et le peuple avide de rencontres et de découvertes.
Il faut rendre hommage à ces colporteurs, qu'ils soient de Bavière, de France sous l'égide de Marie Candide Buffet, ou d'ailleurs qui, plus tard arriverons aux Etats-Unis, harmonicas en poche, et auront vite fait de conquérir des populations qui n'attendaient que cela. (voir article : http://www.jeanlabre.com/article.php?id=3)
Le démarrage de la révolution industrielle se chargera du reste sous l'impulsion d'Hohner et de quelques autres.

Il existe dans la bonne ville de Trossingen un Musée de l'Harmonica unique au monde, dans lequel est retracée la belle histoire de l'instrument, une aventure de 150 ans sur laquelle veille avec soin Martin Häffner, maître des lieux, qui n'a de cesse de rester attentif aux événements de la planète Harmonica.
Si d'aventure vous vous promenez dans Löwenstrasse à Trossingen, lors des Championnats du monde de cette fin octobre, ne manquez pas de visiter ce musée.
Il ne vous reste plus qu'à prendre votre bâton de pèlerin et à vous rendre à ce rendez-vous de la Forêt Noire, rendez-vous de l'amitié, à ce Festival Mondial de Trossingen au cours duquel se dérouleront les Championnats du Monde de notre instrument, événement qui n'a lieu, hélas, que tous les quatre ans.
Les Nouvelles

Harmonicalement
Jean Labre
Paru le 15 octobre 2009


Edito

 

Le Goût des Autres
Un édito d'été ne saurait se passer de cet événement qu'est la Fête de la Musique... cadeau royal que nous offre notre calendrier tous les 21 juin.

Evénement incontournable que j'ai eu le plaisir de partager, une fois de plus, avec l'orchestre « Mirajazz », au « Café Cassette » à Saint Germain des Prés, en face de ce qui fut jadis « La Rose Rouge » (1946-1974), cabaret mythique où, sous la baguette magique d'Yves Robert, se produisirent les Frères Jacques, Mouloudji, Juliette Gréco, le mime Marceau et tant d'autres parmi lesquels la chanteuse Gille, maman de mes filles.

Le temps présent a vite fait de nous replonger dans l'actualité, aidé en cela par les médias ainsi que l'internet qui nous inonde de millions de pixels desquels émerge parfois une actualité consacrée à notre instrument. On ne s'en plaindra pas, à en juger par le nombre de sites harmonicistes que je me suis efforcé de recenser et que vous retrouverez, pour la plupart, dans mon article http://www.jeanlabre.com/article.php?id=74.

Après le « King » Elvis, Michael Jackson... le King de la Pop Music est retourné sur sa planète, ainsi va la vie. Les extraterrestres sont une denrée rare. Larry Adler et Claude Garden, que les médias ont quelque peu boudés, en ont fait de même, faisant de nous des orphelins inconsolables... Mais il faut relativiser la dimension que peut atteindre parfois la célébrité, l'essentiel ne réside-t-il pas dans nos préférences et notre ressenti ? Howard Levy... ce n'est pas mal non plus ! Non ? Rendons grâce au destin de garder en nos murs cet « Alien... sans papiers ! ».

C'est la transhumance en cette région du haut Var, qui m'est si chère. Bergers et troupeaux s'acheminent vers les alpages. Choix de vie millénaire en décalage total avec ce que nous vivons mais qui nous permet de croire encore en un monde meilleur.

Ayons le goût des autres et de tout ce qui nous entoure... pour peu que l'on accepte de pousser la porte derrière laquelle tout devient autrement possible.

Harmonicalement

Jean Labre
Paru le 28 juin 2009


Edito

 

Anches et Poètes
« Longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues...» Alain Bashung, qui vient de nous quitter, ne va pas échapper à l'adage incontournable de Charles Trenet, et c'est bien ainsi.

Je le revois encore lors de sa dernière apparition en public, pendant l'émission télévisée des Victoires de la Musique début Mars, interprétant son dernier tube « Résidents de la République », au cours duquel il nous gratifia d'un émouvant final... à l'harmonica, grand moment d'émotion, de ceux dont notre instrument a le secret.

Force est de constater que, depuis quelques générations, bon nombre de chanteurs ont recours à la complicité de la musique à bouche pour apporter un plus à leurs interprétations. On pourrait citer : Brassens, Brel, Gainsbourg, les Beatles, Mac Cartney, John Lennon, David Bowie, Antoine, Bob Dylan, Mike Jager, Elton Jones, Noir désir et bien d'autres, dans les registres les plus divers. Souvent, quelques mesures suffisent à conquérir la mémoire populaire, cette reconnaissance du grand public qui vaut lettres de noblesse, celles là même que nos institutions se montrent si frileuses à accorder.

Harmonica, vous avez dit harmonica ...la fête continue !
A l'affiche au Japon : « 4500ans d'existence d'un instrument universel », célébré par un concert exceptionnel qui se déroulera à Sendai, le 21 avril 2009, dans le temple Aoso Jinjya (VIIéme siècle). La première partie de ce concert sera consacrée au Shô (notre ancêtre avec le Cheng), en la personne du jeune virtuose Yuu Takahashi. La seconde partie, suite logique de la première, sera consacrée à l'harmonica en général : diatonique, pentatonique, chromatique, etc. J'aurai l'honneur d'en assurer la démonstration.

L'Azerbaïdjan est désormais le 121ème pays a fréquenter jeanlabre.com, bienvenue au club !

Et si le cœur vous en dit, venez nombreux, fin mai*, au Festival Harmonicas de France.

Harmonicalement

Jean Labre

*Ne manquez pas de consulter notre calendrier événementiel (rubrique " Nouvelles").
Paru le 21 mars 2009


Edito

 

Nouvel An 2009
Les temps changent et c'est bien ainsi. Les Rois Mages, symbole de la diversité, nous le rappellent fort opportunément.
Les temps changent tous azimuts... La planète Harmonica ne peut que s'en réjouir. J'en prends pour exemple tous ces « Jamborees » de la musique à bouche qui fleurissent ici et là.
Je reviens du 7ème « Pacific Harmonica Asia Festival » d'Hangzhou (Chine) qui en est la parfaite illustration (voir l'article consacré à cet événement)*. L'année 2009 ne sera pas en reste, elle nous promet d'ores et déjà bon nombre de festivals et manifestations dont le point d'orgue sera le «World Harmonica Festival 2009 » qui aura lieu du 28 octobre au 1er novembre prochain à Trossingen, en ce lieu mythique qui n'a guère pris de rides depuis 150 ans !
Notre rubrique « Calendrier » ne manquera pas de vous annoncer en temps tous les événements que nous promet l'année à venir.
Les temps changent... le temps passe, laissons le faire... «Le temps est le meilleur Bâtisseur de l'Amitié» (Tahar Benjelloun).
Mais tout a un commencement, le Honduras est le 115ème pays à fréquenter jeanlabre.com, qu'il soit le bienvenu.

Il me reste à vous souhaiter une bonne et heureuse année 2009, à vous ainsi qu'à vos proches !

Bien à vous
Jean Labre

* Opportunité qui m'est donnée pour vous rappeler que la rubrique "Calendrier" fait partie de la rubrique "Nouvelle", consacrée aux annonces courtes, concernant l'actualité. La rubrique "Articles" est consacrée aux articles de fond, contenant plus de texte.
Paru le 1er janvier 2009

Asia Pacific Harmonica Festival 2008

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C'est à Hangzhou (1.932.600 habitants), au sud-ouest de Shanghai, que vient de se dérouler le septième « Asia Pacific Harmonica Festival », succédant ainsi aux précédents de Taipei, Kuala Lumpur, Séoul, Atsugi, Hong-Kong et, une seconde fois, Taipei.
Ce Festival asiatique qui a lieu tous les deux ans ne cesse de prendre de l'ampleur au fil du temps. J'ai déjà évoqué ce phénomène dans un article paru dans la revue « Harmonicas de France » (n° 12)
et simultanément dans mon site (jeanlabre.com), sous le titre :
« Championnats du Monde, Concours Mondiaux ».
Que dire de l'organisation de ce Festival sinon qu'elle fut parfaite, sous la houlette d'un comité efficace assurant une logistique événementielle à la fois conviviale et respectueuse d'un rite désormais bien établi.

J'en prends pour exemple la compétition qui accueillait 1669 candidats aux podiums (15 catégories, orchestres inclus) ! Répartis dans des salles adaptées à cet événement, dans une cité universitaire au sein de laquelle on découvre un Musée de l'Harmonica qui n'a rien à envier à celui de Trossingen.

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C'est également dans cet espace, associé à la ville proche de Shanghai, que se trouve l'école d'harmonica la plus célèbre de Chine, et c'est dans ces lieux qu'était installé l'état major du festival, supervisé de main de maître par miss Cui Xia, attentive six jours durant au moindre événement, sans jamais se départir d'un sourire désarmant.
L'événementiel artistique était assuré par le célèbre virtuose Jia-Yi He, coordinateur des trois soirées de concerts et autres événements dont il assurait, résidant aux USA, une traduction simultanée tout en prenant part au spectacle à plusieurs reprises.

A l'instar de nos rencontres méditerranéennes, ce festival est de coutume le rendez-vous des pays riverains du Pacifique : outre les pays organisateurs (Chine, Japon, Corée, Malaisie, Hong-Kong, Singapour, Philippines), l'Australie, la Nouvelle Zélande, Hawaï et la Californie, furent aussi de la fête, sans oublier pour autant quelques représentants européens venus d'Allemagne, Italie, Finlande et de France, en la personne de votre serviteur. (photo prise en compagnie de Gerhard Müller et Jia-Yi He... symbolique de l'événementiel international).

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Les trois soirées de concerts eurent lieu au « Hangzhou Theater». Imaginez une réplique de notre Opéra Bastille avec une avant scène et la fosse montées sur vérins hydrauliques, une sonorisation à vous faire rêver et un vaste espace spectacle, accueillant et très confortable. En cette circonstance, bon nombre de caméras télés renvoyaient le spectacle à l'extérieur, rediffusé sur écrans géants en centre ville (il en fut de même sur les lieux des diverses compétitions).

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Trois soirées de concerts nous furent offertes avec des prestations qui recueillirent un vif succès, nous faisant découvrir et redécouvrir des spectacles harmonicistes de grande qualité. Je retiens tout particulièrement la prestation de l'« Harmonica Orchestra of Hong-Kong Association » un véritable orchestre classique comprenant 80 musiciens dont 74 harmonicistes, ensemble de haute tenue interprétant des œuvres classiques traditionnelles et modernes avec une exécution, une synchronisation et une gestuelle dignes des grands orchestres classiques (hommes en smoking et femmes en robes de soirée). Un spectacle à vous couper le souffle qui ne déparerait pas au Palais Garnier ou en notre Opéra Bastille.

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En outre, j'ai particulièrement apprécié un quatuor variétés de Hong-Kong (Hong Kong Association) entrecoupé de tours de magie, exécutés par le soliste, show digne d'une soirée cabaret de Patrick Sébastien, du grand art ! Et aussi ce sextet coréen, « Harmony-Kids », au jeu de scène remarquable agrémenté par la gracieuse prestation de deux jeunes femmes (au chord et à la basse), ainsi que cet ensemble « Harmonica and Hip-Hop » de Malaisie aux acrobaties époustouflantes ponctuées par un accompagnement harmonica, pour le moins surprenant ! J'ai également bien aimé la prestation blues/ diato de mon ami australien Tony Eyers, président de l' « Harmonica Academy » (www.HarmonicaAcademy.com). Et, cerise sur le gâteau, ce merveilleux «Kojo No Tsuki » (traditionnel japonais) interprété par la légende du tremolo Kan Manaka.
Bien évidemment, je ne peux pas citer tout le monde, disons que c'est vers ceux-la que va ma préférence. J'ajouterai que j'ai été heureux de prendre part à l'un de ces concerts.
La soirée de clôture s'est terminée dans l'allégresse générale avec une distribution de récompenses ô combien méritées. Cette compétition a atteint un niveau technique impressionnant. Sachez que désormais les «Airs Bohémiens » de Sarasate ne sont plus considérés comme étant une œuvre de très grande difficulté ! Bien que passionnante, cette compétition m'a un tantinet « pris la tête » en tant que membre du jury !

Cela n'est pas facile de tout vous raconter ! Les quelques photos jointes à cet article ne sont qu'un pâle reflet de mon ressenti partagé avec tous ces amis de la Planète Harmonica.

Le prochain « Asia Pacific Harmonica Festival » aura lieu en l'an 2010 à Singapour. Cela vous laisse deux ans pour faire le plein de votre tirelire en vue d'un voyage qui en vaut la chandelle... sans délaisser pour autant Trossingen 2009, l'an prochain.

Bien à vous
Jean Labre

affiche Zhou Wenqing, photos Jean Labre
Paru le 29 novembre 2008


Edito

 

Voix Sublime
"Back in the Past" ... Il y a de cela 4600 ans, nous sommes en Chine au XXVIIe siècle avant notre ère, sous le règne de l'empereur Houang-Ti, le "Souverain Jaune". Outre les inventions de la boussole, du calendrier chinois et de la céramique, on lui attribue l'invention du cheng (sheng), premier instrument à anches libres, basé sur les deux principes fondamentaux qui régissent l'univers : le Yin, féminin et passif et le Yang, masculin et actif.
Mais écoutons aussi la voix d'une autre légende, Albert Raisner, qui nous conte la naissance de cet ancêtre de l'harmonica (1) dans son livre, «Le Livre de L'Harmonica»(2) :
"Yin et Yang concertent et s'harmonisent selon des rapports musicaux, dit Houang-Ti, c'est pourquoi nous reconnaissons dans la musique la suprême vérité à laquelle obéissent le corps, l'esprit, la société humaine et l'univers entier. Les cinq notes de la musique correspondent à tout ce qui se voit sur terre : couleurs saisons, éléments, planètes. A la note kyo correspond notre foie, à la note tché correspond notre cœur, à kong la rate, à chong le poumon et à yu les reins. La musique est le remède aux maux de notre corps et de notre âme. C'est aussi la clé de la suprême sagesse". Cet orgue à bouche que l'empereur poète donna aux fils du ciel porte le nom de cheng, qui signifie « Voix Sublime ».
Les cinq notes évoquées ci-dessus, sont, dans l'ordre : mi, la, ré, sol, do, gamme pentatonique. L'apparition de cette gamme est de ce fait la première étape importante que la musique humaine ait franchie sur notre planète...
« Back in the Past » ... Je ne pouvais trouver meilleure introduction pour annoncer la tenue du « 7th Asia Pacific Festival » qui se déroulera du premier au 4 novembre prochain à Hangzhou, au sud de Shanghaï, festival au cours duquel seront évoquées l'origine de l'harmonica et la belle histoire qui s'ensuivit. Rendez-vous international très attendu, auquel je suis heureux d'être invité à participer.

L'île de Guam est le 111eme pays à rendre visite à JeanLabre.com. Souhaitons lui la bienvenue.

Harmonicalement vôtre,
- Jean Labre

(1) Cheng et Harmonica, seuls instruments à anches libres dont le principe essentiel permet de souffler et d'aspirer, ce qui les situe à part des autres instruments à vent.
(2) « Le Livre de L'Harmonica » paru aux Editions Presses du Temps Présent, en 1961. Extrait paru dans la revue « Echos France Harmonica » N°27 (hiver 98/99), avec la gracieuse autorisation d'Albert Raisner. Thèse que je reprends dans mon encyclopédie de l'harmonica, en cours d'écriture.
Paru le 14 octobre 2008


Edito

 

Solstice en Musique
Quoi de mieux qu'un rituel ? Tous les ans l'été arrive avec son cortège d'événements et divertissements dont on ne se lasse pas. Le solstice du 21 juin nous gratifie du jour le plus long de l'année qui nous permet de savourer pleinement la Fête de la Musique dont le succès planétaire ne cesse de s'accroître d'une année sur l'autre, et dont le créneau d'âge de fréquentation dépasse sans aucun doute celui de notre cher « Tintin ». Je remercie personnellement l'orchestre « Mirajazz » qui ne manque pas de m'inviter chaque année à partager avec lui cette nuit de liesse, en musique. .. à Saint Germain des Prés !

Un été qui nous arrive avec une foultitude d'événements ! Je retiendrai cette année la tournée en Russie de l'orchestre « Les Harmonicas de France », en août, dans le cadre des « Eurochestries », sous la houlette de Pierre Couteau ; ainsi que la Convention USA, à Saint Louis du Missouri, de l'association SPAH, qui fête cette année son 45ème anniversaire. Un été qui s'achèvera au seuil de l'Automne par le "7ème Asia Pacific Festival" qui aura lieu en Chine à Hangzhou, au sud de Shanghai, auquel je vais prendre part.
Ne manquez pas de consulter notre calendrier pour de plus amples informations.

Souhaitons la bienvenue au Zimbabwe qui est le 104ème pays à fréquenter jeanlabre.com, plus particulièrement à son internaute anonyme qui semble trouver ainsi un réconfort dans la tourmente à laquelle son si beau pays se trouve actuellement confronté.
Il y a de cela 18 ans, je déposais en la Préfecture de Paris les statuts de l'association « France Harmonica »... Je suis heureux de souhaiter aujourd'hui la bienvenue à Alain Chaulet qui reprend le flambeau de l'Harmonica en France, avec détermination et des projets plein la tête. Bienvenue au Club, Alain !

Quand les premières chaleurs, si il en est, vont se faire sentir, peut-être serez-vous tentés de vous rendre à la plage... méfiez-vous, le sable est le pire ennemi de la musique à bouche !

-Jean Labre
Paru le 23 juin 2008

Trio en Poche - Pocket Ensemble Tombo

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La marque Tombo vient de commercialiser deux harmonicas de petites dimensions, inventions de Juko Saito*, qui devraient rendre plus accessible, techniquement et financièrement, la création de trios et autres ensembles d'harmonicas. Ce « Pocket Ensemble » est déjà adopté au Japon par l'A.J.H.F.* et est en voie de l'être dans les écoles et jardins d'enfants. Il est accompagné d'un recueil comprenant 50 arrangements écrits par Juko Saito.

Le modèle « Pocket Bass 1160» a pour dimensions : 143 m/m de longueur, 57m/m de largeur et 44 m/m de hauteur d'embouchure. Les notes du niveau supérieur sont : Fa, Do, Sol, Ré, La, et celles du niveau inférieur  : Ré, La, Mi, Si, Fa#. Le son de cette mini basse est étonnant, il rappelle un peu celui de la première basse Hohner dite « basse noire ».

Le modèle « Pocket Chord 1161 » surprend par ses petites dimensions pour un instrument d'un tel concept (longueur 145 m/m, largeur 35 m/m, embouchure 25 m/m) ! Il ne comporte que 8 accords : Fa, Do, Sol 7, Ré 7, sur la partie supérieure, et : Ré mineur, La mineur, Mi 7, Si 7, sur la partie inférieure. Cette suite d'accords, jouant sur les relatifs do/ la mineur, offre déjà la possibilité d'interpréter des morceaux basés sur des accompagnements du genre « anatoles » (Do, La min, Ré min, Sol 7, Do) ; mais il existe aussi d'autres possibilités d'extensions harmoniques, via la clé de fa, fournies par la basse. Juko Saito a très bien cerné le problème avec les arrangements qu'il nous propose dans son recueil. L'accompagnement qui en résulte, les deux instruments combinés, me rappelle un peu le son du légendaire "Polyphonia 7" (3 branches) de chez Hohner.

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J'ai assisté à une démonstration trio convaincante lors de la convention A.J.H.F. d'avril dernier à Tokyo (photo trio Jean Labre), avec en solistes une alternance de chromatique et diatonique tremolo. Ce « Pocket Ensemble » est promis à un bel avenir, mais encore faudrait-il qu'il soit distribué en France. Les démarches vont bon train dans ce sens, d'autant que les prix pratiqués au Japon (70 euros en ce qui concerne la « Pocket Bass » et 68 euros pour le « Pocket Chord ») devraient nous permettre d'acquérir ces instruments à des prix abordables.

La culture trio bat quelque peu de l'aile dans notre hexagone. Le « Pocket Ensemble » me semble être un bon moyen de lui donner un second souffle par une pratique toutes générations confondues... comme Tintin de 7 à 77 ans, voir plus !

- Jean Labre

Dernière minute : pour vous procurer ces instruments contacter "Major Pigalle", 01.48.74.75.24. &

*Juko Saito est aussi l'inventeur des harmonicas tremolo pentatoniques (Tombo), voir notre article traitant de ce sujet dans notre rubrique
« Articles ».
*A.J.H.F. All Japan Harmonica Federation
Paru le 22 mai 2008


Edito

 

Oeufs de Pâques
A Pâques, à la cour des rois d'Angleterre et des rois de France, on offrait des œufs magnifiques. C'est le cas de la statuette de Cupidon enfermée dans un énorme œuf de Pâques, offert par Louis XV à madame Du Barry.

Et de nos jours encore, pour le plus grand plaisir de nos enfants, grands et petits, la tradition veut que les œufs de Pâques nous arrivent de Rome. Tradition qui remonte à plusieurs siècles et qui fait de nous des « cacheurs » d'œufs aux aurores des matins pascals. Instant magique qui associe également des animaux à notre course matinale, tels le lapin, le lièvre, la poule, autres « cachés » complices.

Scoop... (et ça n'est pas un poisson d'avril !) : ce matin même, en allumant mon ordinateur, j'ai eu la surprise de découvrir sur mon petit écran une visite du Kazakhstan, 100ème pays à fréquenter jeanlabre.com ! Souhaitons lui la bienvenue.

La tradition, il faut bien l'admettre, n'avait pas prévu la venue sur la toile de la malicieuse petite araignée « cacheuse » ! A n'en point douter, elle nous réserve encore bien des surprises, elle a plus d'un tour dans son sac !

- Jean Labre
Paru le 1er avril 2008

Historique des Championnats du Monde d'Harmonica (1) et concours Mondiaux (2)
C'est le 3 octobre 1950, à TROSSINGEN (Allemagne), lors d'une assemblée constitutive, à laquelle prirent part 10 pays, que naquit la FIH (Fédération Internationale de l'Harmonica), dont la vocation essentielle reste, encore de nos jours, la promotion et l'organisation de manifestations harmonicistes mondiales avec le soutien de la société Hohner. Ces 10 pays étaient : l'Afrique du Nord, l'Afrique du Sud, l'Allemagne, la Belgique, l'Eire, l'Espagne, la France, la Grande Bretagne, l'Irlande du Nord et la Suisse. Ils adoptèrent à l'unanimité une résolution instituant l'organisation de Championnats du Monde d'Harmonica.
Après quelques Festivals de rodage organisés dans les années qui suivirent : Duisbourg 1953, Strasbourg 1954, c'est en 1955, à Winterthur, qu'eurent lieu les premiers Championnats du Monde qui ressemblaient plutôt, il faut bien l'admettre, à des championnats d'Europe, n'étant disputés qu'entre une demi-douzaine de pays du vieux continent, la communication planétaire n'en étant qu'à ses premiers balbutiements.
Puis suivirent les compétitions (toujours entre européens), de 1956 à Rotterdam (Hollande), 1957 Luxembourg, 1958 Pallanza (Italie), 1959 Innsbruck (Suisse), 1960 Barcelone, 1963 Srasbourg, 1965 Delft (Hollande), 1967 Karlsruhe (Allemagne),1969 Winterthur (Suisse), 1971 Eindhoven (Hollande), 1973 Ypres (Belgique), 1975 Offenbourg (Allemagne). Il en résulte que ces rendez-vous européens se soldèrent inévitablement par une moisson de médailles d'or (et autres)européennes... Soit (médailles d'or): 8 attribuées à l'Allemagne, 2 à l'Italie, 2 à l'Angleterre, 2 à la France (Jean Leleu 1954 et Nicole Jordy en 1965), une à l'Espagne, et une à l'Autriche (Franz Chmel en 1963).
Puis survint une traversée du désert durant laquelle quelques rencontres internationales furent organisées ça et là, le plus souvent par Hohner à Trossingen.

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Tel le phenix, c'est au cours des années 80, avec la création de l'IHO (International Harmonica Organization) en 1987 (Festival de Jersey), que vont renaître les Championnats du Monde d'Harmonica, avec la dimension planétaire souhaitée au cours de l'assemblée créatrice de la FIH de 1950, évoquée plus haut.
L'avènement de l'IHO, fondée par Peter Janssen (Hollande) et Norm Dobson (USA), va dès lors apporter un plus à la relation harmoniciste internationale, aidée en cela par l'explosion d'Internet

Autant d'éléments déterminants qui vont enfin permettre à des harmonicistes de tous pays de prendre part à des championnats de dimension mondiale... tel Chong Ah Kow (de Malaysie), médaille d'or en 1989, à Trossingen, dans la catégorie Diatonique.
La FIH et l'IHO convinrent alors d'organiser ensemble les Championnats du Monde dans un pays choisi par eux d'un commun accord. La périodicité de ceux-ci, retenue à cette époque, était un championnat tous les 2 ans dans un principe d'alternance FIH (Trossingen) et IHO (selon le pays choisi).
Puis en 1990 naquit l'association FRANCE HARMONICA, fondée par Jean Labre et Claude Raguet (président et vice président fondateurs), sous la pression amicale de l'IHO, en la personne de son président de l'époque Peter Janssen et de son vice président Norm Dobson .
Jean Labre devint par la suite vice président Europe et ambassadeur de l'IHO. Il va se consacrer à la relation avec les pays asiatiques, en collaboration avec Yasuharu Mano (Japon), tout récemment promu vice-président IHO pour l'Extrême Orient. Yasuharu Mano va contribuer efficacement à établir une relation durable et constructive avec l'occident, fédérant autour de lui sept pays asiatiques, et non des moindres, Chine, Corée, Hong Kong, Malaysie, Philippines, Singapour, Taïwan.
Dès lors, les choses vont aller bon train. Les Championnats du Monde repartent d'un bon pied.

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En voici la liste, leurs lieux et dates :
1989 Trossingen, 1991 Detroit USA, 1993 Trossingen, 1995 Yokohama Japon, 1997 Trossingen, 1999 France,IHO, initialement prévus à Deauville mais finalement organisés à Paris, sans compétition (par suite de la faillite de la société événementielle FCD productrice du Festival).
2000 Bournemouth UK, "Millennium Harmonica Festival" (L'IHO organisant ainsi les championnats qui auraient dû avoir lieu l'an passé à Deauville). Photo
2001 Trossingen, qui reprend la main pour l'organisation des championnat FIH qui seront désormais organisés tous les 4 ans à Trossingen , en accord avec les représentants IHO.
2005 Trossingen, qui organisera à nouveau les prochains championnats de 2009. Informations à suivre sur JeanLabre.com .

Palmarès
Il serait injuste d'aborder ce chapitre sans rendre hommage au préalable aux professeurs d'harmonica sans lesquels il n'aurait jamais été possible d'obtenir les résultats qui vont suivre. Rendons leur hommage pour l'enseignement qu'ils ont prodigué à des générations d'élèves avec abnégation, patience et don de soi.
Pour ne citer qu'eux, je pense à : Charles Rodriguez, Gérard Margnoux, Robert Deasy, René Gary, Tony Padovani, Pierre Rochat, Charles Braun, Pierre Couteau, Eddy Sowa... et plus récemment Jean Jacques Milteau, Sébastien Charlier et Greg Szlapczynski...

Le but de cet article étant de faire état des performances hexagonales, je commence par les tous premiers palmarès issus de mes archives remontant aux années 50, point de départ de ces championnats (3).

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photo : orchestre de Hong Kong, médaille d'or de la catégorie/ Trossingen 2005.

Palmarès français établis dans l'ordre chronologique :

1953 DUISBOURG Allemagne
Catégorie chromatique (à noter que les catégories diatoniqque "Richter" ne feront leur apparition qu'à partir des années 80).
Médaille de bronze : René Gary, Gérard Margnoux, ex aequo

1954 Strasbourg
Catégorie chromatique
Médaille d'or : Jean Leleu

1955 Winterthur Suisse
Catégorie quatuor
Médaille d'or : Ensemble Valmy
solistes : Jean Louis Emmenecker et Jean Kaeilen
chordiste : Yvon Balkoni
bassiste : Armand Steines

1959 INNSBRUCK Autriche
Médaille d'or catégorie trio : Le trio Frank
soliste : Jean-François Rigny
chordiste : Guy Debionne
bassiste : Christian Sauvageot

1965 DELFT Hollande
Médaille d'or catégorie soliste chromatique : Nicole Jordy
Médaille d'or catégorie Trio : Les Trois de l'Harmonica
soliste : Pierre Couteau
chordiste : Olivette Couteau
bassiste : Jacques Filhol
Médaille d'argent catégorie ensembles : Ensemble Conservatoire des Gobelins
sous la direction de Pierre Rochat

1967 KARLSRUHE Allemagne
Médaille d'or catégorie ensembles : Ensemble Conservatoire des Gobelins, composé de : J. François Laurion, Bernard Poulverel, Josette Bellanger, Joseph Mallet, Aline Caron, Maurice Bailly, Joseph Ligault,, Pascal Trubert, Bernard Klein, , Guy Delsartre.
Médaille d'argent catégorie trios : Trio Intermezzo
soliste : Aline Caron
chordiste : Jean-François Laurion
bassiste : Maurice Bailly
________

Après l'interruption évoquée précédemment, enchaînons sur les années 90 :
1991 DETROIT USA
Médaille d'or catégorie diato blues : Michel Herblin
Médaille d'or catégorie diato open : Michel Herblin
Médaille d'argent catégorie diato blues : Alain Massé
Médaille d'argent catégorie duo : Michel Herblin, Bernard Dubos

4ème place catégorie Trio : Magic Harmonic's
soliste : Claude Meyer
chordiste : Daniel Meyer
bassiste : Angelo Schirmer

5ème place catégorie chromatique avec morceau imposé : Eddy Sowa
Prix spécial du Jury (à l'unanimité) : Jean Emilien (Madagascar)
Tous les lauréats étaient membres de France Harmonica, Jean Emilien inclus.

1993 TROSSINGEN Allemagne
Médaille de bronze catégorie chromatique avec morceau imposé : Eddy Sowa
5ème place: Jean-Claude Boireau
Médaille de bronze catégorie blues/rock : Joël Hanriot
5ème place catégorie diato/folk : Alain Massé
4ème place catégorie jazz : Alain Massé

Médaille d'argent catégorie duo :
Jean Claude Boireau, Pierre Courteaux
4ème place Jean-Claude Boireau, René Haboyan
Médaille d'argent catégorie trio : Magic Harmonic's (même formation qu'à Detroit)
Médaille d'argent catégorie musique de chambre : Norsk Mundsplill Ensemble,
avec Eddy Sowa soliste chromatique
Médaille de Bronze catégorie musique de chambre : Ensemble Haboyan, Boireau, Potier
Tous ces lauréats étaient membres de France Harmonica.

1995 YOKOHAMA JAPON
Médaille d'or catégorie diato/open : Joël Hanriot
Médaille de bronze : Alain Massé
5ème place : Marceau Grégoire
Catégorie folk/country :
Médaille d'or catégorie folk/country : Joël Hanriot
Médaille d'argent : Alain Massé
Médaille de Bronze catégorie blues/rock : Joël Hanriot

Médaille d'argent catégorie jazz chromatique : Joël Hanriot
5ème place : Guy Meney
Médaille d'or catégorie trio : Magic Harmonic's (même formation que précédemment)
5ème place : Trio Hi Fi Dixon's
soliste : Jean Héry
chordiste : Christian Briquet
bassiste : Fernand Charpentier
Médaille de bronze catégorie chromatique avec morceau imposé : Eddy Sowa
Médaille de bronze catégorie futur : Daniel Ounis
Tous les lauréats étaient membres de France Harmonica.


1997 TROSSINGEN Allemagne
Catégorie Junior chromatique avec morceau imposé :
Médaille d'or catégorie chromatique junior (morceau imposé) : Alexandre Thollon (élève d'Eddy Sowa)
5ème place : Antoine Leroux

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Médaille de bronze catégorie orchestre : Harmonica 17
4ème place catégorie chromatique jazz : Ricardo Moreno
Tous les lauréats étaient membres de France Harmonica.

2001 TROSSINGEN Allemagne
Médaille d'or catégorie chromatique avec morceau imposé : Alexandre Thollon
Médaille d'or catégorie chromatique libre : Laurent Maur
Médaille d'or catégorie jazz chromatique : Laurent Maur
Médaille d'argent : Ricardo Moreno
5ème place : Antoine Leroux

Médaille d'or catégorie diato/jazz : Alexandre Thollon
5ème place : Laurent Valette
Médaille d'argent catégorie trémolo : Nao Nakamura
4ème place catégorie quartet : Harmonica 17
Tous les lauréats étaient membres de France Harmonica, à l'exception de Laurent Valette. Nao Nakamura vivant en France, était élève d'Eddy Sowa.

2005 TROSSINGEN
Médaille d'argent catégorie chromatique : Antoine Leroux
5ème place catégorie orchestre : Harmonica 17

Jury

Depuis 1991, à Detroit, j'ai l'honneur et le privilège d'être membre du jury de tous les Championnats du Monde et autres concours mondiaux (à deux exceptions près : Trossingen 97 et Taïwan 2006). Ce qui m'amène à essayer de vous faire découvrir et mieux comprendre le fonctionnement de cette institution d'apparence hermétique pour bon nombre d'entre vous.

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Le Jury des Championnats du Monde, et autres concours mondiaux, est constitué par une sélection de joueurs et musiciens réputés, issus de bon nombre de pays. Lesquels, 4 jours durant, se doivent d'assumer un travail considérable pour départager, en toute impartialité, des centaines de compétiteurs (4) en provenance des 4 coins de la planète et répartis en une dizaine de catégories.
Dans chaque catégorie, le jury est constitué de 3 membres désignés par le comité organisateur (photo représentant 3 membres du jury Trossingen, 2005 : Naoko Takeuchi/Japon, Michal Gronich/Israël, Jean Labre).
Chaque membre du jury a pour mission de noter chaque concurrent selon des critères très précis mentionnés sur une fiche de notation qui lui est remise au début de chaque compétition et qu'il devra rendre en fin de celle-ci au membre du jury responsable de la catégorie. La phase de compétition est toujours suivie d'une réunion de délibération.
Interdiction est faite à tout membre du jury de divulguer la moindre information concernant la compétition.
La fiche de notation de chaque jury se décompose comme suit : elle porte sur un total de 50 points attribuables, répartis en 5 critères de notation :
1/ choix du morceau, de sa tonalité, compte tenu des difficultés techniques qu'il présente, assurance d'exécution, appréciation globale de la prestation du candidat, noté sur 15
2/ exécution du morceau : technique, respect de la partition, particulièrement dans le cas d'un morceau imposé, noté sur 10
3/ sonorité, vibrato, intonations, respect des nuances, justesse des altérations (pour les harmonicas diatoniques,overblows, overdraws), noté sur 10
4/ respect du tempo, articulation, fluidité, feeling, noté sur 10
5/ présentation, présence scénique, aisance d'exécution, noté sur 5
Il s'agit là des principaux critères retenus dans la plupart des championnats et concours depuis près de 20 ans, avec parfois des variantes, infimes, pratiquées ça et là, ou de barèmes de notation différents, exemple : total de 100 points attribuables lors des championnats de Detroit en 1991 au lieu de 50 à Trossingen en 2005, mais toujours selon les mêmes critères.
Les goûts et appréciations du public ne peuvent être les mêmes que ceux des membres d'un jury, c'est inévitable, et cela se vérifie sans cesse au vu de prestations artistiques les plus diverses sanctionnées par un vote final.
Faisons confiance aux membres du Jury de nos championnats et concours, ce sont des gens sérieux, professionnels et dévoués à la bonne cause de notre instrument.

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Concours Mondiaux
Le succès des Championnats du Monde d'harmonica n'a pas laissé indifférents certains pays qui ont vite pris goût au concept des festivals internationaux, concours instrumentaux à la clé. C'est le cas des pays d'extrême orient dans lesquels l'enseignement de l'harmonica commence souvent dès la maternelle (5). Les médias de ces pays, à commencer par la télévision, n'ont pas tardé à s'intéresser à ce phénomène culturel, très populaire... et dans ce cas là, les sponsors ne tardent pas non plus à montrer le bout du nez, c.q.f.d...
La fréquentation des festivals d'harmonica asiatiques dépasse, et de loin, celle des pays d'occident ; les chiffres parlent d'eux-mêmes, jugez en :
- en 2002, le Festival d'Atsugi, au Japon a comptabilisé 26.000 entrées !
- en 2004, le Festival de Hong Kong a enregistré 1585 candidats à la compétition !
C'est Trossingen qui détient le record de fréquentation des championnats mondiaux occidentaux avec une moyenne de 3.500 visiteurs (record 3898)et 350 compétiteurs.
Cela n'a rien d'alarmant , bien au contraire, considérons dès lors qu'il y a là complémentarité au sein de notre petit monde de la musique à bouche, et c'est tant mieux ! On ne peut que s'en réjouir !
_____________

Trossingen 2009

Le rendez-vous est d'ores et déjà pris. Il ne faut pas le manquer, venez nombreux. Trossingen... Il faut y avoir été au moins une fois dans sa vie ! C'est un peu comme le Grand Canyon ou le Taj Mahal, c'est impossible à raconter. C'est comme un pèlerinage que l'on vit intensément dans l'instant et que l'on garde ensuite gravé à jamais en soi.
Jean Labre

(1) Article à paraître dans la revue H2F (Printemps 2008). Voir également article paru concernant le Festival 2005 de Trossingen http://www.jeanlabre.com/article.php?id=8
(2) J'avoue avoir une préférence pour l'appellation « Concours Mondiaux ». Mais lors de la création de cet événement et dans le contexte de langue anglaise dans laquelle se faisaient les débats, c'est l'appellation « Championships » qui fut retenue dont la traduction littérale est inévitablement « Championnats ».
(3) Il y a 50 ans de cela. Que ceux que j'aurais pu oublier veulent bien me pardonner.
(4) 2530 compétiteurs au concours mondial de Singapour en 2010, record absolu !
(5) voir article « Initiation dans les écoles primaires au Japon » http://www.jeanlabre.com/article.php?id=63
Photos :IHO, Swaran Singh Arri, AJHF
Paru le 4 mars 2008


Edito

 

Bonne Année 2008
PLANETES

Dans le dédale des galaxies dont est peuplé l'Univers, faisons le choix aujourd'hui de deux planètes, deux grains de poussières égarés dans l'infini. On a déjà une petite idée d'ordre de grandeur avec la première de ces deux planètes, la Terre, pour laquelle on nous annonce une durée de vie de cinq milliards d'années ! La seconde planète, peut-être l'avez-vous déjà deviné, édito oblige, est la planète Harmonica dont le destin est inévitablement lié à la précédente... Elle se porte bien, merci. Les événements harmonicistes annoncés en ce début d'année en sont la démonstration évidente.

Cinq milliards d'années ! Le calcul mental revenant à la mode, je me demande combien d'éditos à venir cela peut représenter ? Et pour se faire, combien va–t-il falloir de présidents France Harmonica-H2F pour tenir le coup jusqu'à l'échéance annoncée ? En arriverons-nous à un métissage terriens - extra-terrestres ? Pourquoi pas ! Dès lors, pourquoi ne pas se laisser aller à imaginer un Harmo-Beaujo-Aliens, « Soupe aux choux »* à la clé, sous l'œil bienveillant de Jacques Villeret et Louis de Funès... Oui, laissons nous aller... A la Saint Sylvestre il faut toujours s'accorder une petite récréation.

Mais au petit matin de ce premier janvier, guirlandes et mirlitons, paquets cadeaux de la veille, me ramènent vite au temps présent. Le temps de souhaiter la bienvenue à Malte, 94ème pays à fréquenter jeanlabre.com, et surtout, le temps de souhaiter à tous une bonne et heureuse année 2008, une année comme vous la voudriez !

Jean Labre

* « La Soupe aux choux », film de Jacques Girault avec Louis de Funès et Jacques Villeret (en extra terrestre).
Paru le 26 décembre 2007


Edito

 

Automne sur la Toile
On s'accorde à dire que l'humanité a vécu trois grandes révolutions culturelles au cours de notre ère et sans oublier pour autant les grandes étapes qui les précédèrent voyons, avant de souffler la deuxième bougie automnale de notre site, en quoi nous pouvons nous sentir concernés.
La première étape de cette trilogie révolutionnaire se situe vers le milieu du XVème siècle, à l'aube de la Renaissance, lorsque Johannes Gutenberg inventa l'imprimerie. Elle sera suivie plus tard, au XIXème siècle, par la révolution industrielle (rendons hommage en passant à la saga Hohner).
L'histoire de l'humanité, les mœurs, les comportements sont depuis entrés dans un tourbillon ininterrompu d'inventions et de progrès qui ont abouti aujourd'hui à l'invention de l'Internet...
Nous y voilà ! C'est cela qui vous permet aujourd'hui d'être fidèles à notre rendez-vous sur la toile. Tel Sourav Chowdhury, symbole à lui seul de la musique du monde, qui vient de nous faire parvenir un clip tourné dans un décor proche du Taj Mahall, avec un joli tremolo à la clé.
Enfin, pour rester dans la même tonalité, sachez que la Mongolie est le 86ème pays à se joindre à nous.
Il ne nous est plus permis de parler d'isolement. Merci Internet.

Harmonicalement vôtre.

Jean Labre
Paru le 16 octobre 2007


Edito

 

Fête de la Musique
C'est la fête, vents d'est, vents d'ouest soufflent sur la toile... ronde des « mels », échanges, découvertes si propices aux rencontres inattendues. C'est ainsi que l'on découvre que Bruce Willis va prendre part cet été à un séminaire chromatique à Copake, état de New York, à l'initiative de Robert Bonfiglio. Ainsi s'allonge la liste des célébrités partageant notre passion, apportant un plus à notre « chmilblick ».
Mais sans aller aussi loin, il est des événements que Coluche, harmoniciste occasionnel, n'aurait pas désavoués, bien au contraire. Cela s'est passé le 9 juin et c'est bien la première fois depuis des lustres qu'un théâtre parisien, « La Comédia » accueillait en son sein un spectacle consacré à l'harmonica « dans tous ses états ! », pour ne citer que l'annonce faite sur l'affiche. Spectacle conçu sous l'égide de l'ensemble « Armos », cet ensemble caméléon qui réussit la performance (impensable ?) de faire apparaître côte à côte chromatique et diatonique, unis dans un même pupitre instrumental, exécutant l'aria en ré majeur de Jean Sébastien Bach ! Ce groupe Armos qui nous a offert en ce début juin un plateau d'harmonicistes tous styles, tous genres, auquel j'ai eu le bonheur de prendre part. On en redemande ! Ainsi va le « ruin'babines » et l'on s'en réjouit.
Dernière minute, Malte est le 76ème pays à fréquenter JeanLabre.com.
Bonne et éclatante Fête de la Musique !
Jean Labre
Paru le 21 juin 2007


Edito

 

Le temps des cerises
Fidèle au rendez-vous du printemps, les cerisiers en fleurs sont de retour parmi nous. Il n'y a pas que les hirondelles qui font (ou ne font pas ?), dit-on, le Printemps !
En prélude à ceux de l'été, dont nous reparlerons plus tard, nos rendez-vous événementiels printaniers se bousculent déjà au portillon.
A commencer par le pays du Soleil Levant, où les cerisiers se disent « Sakura » et fleurissent en avril. L'époque des cerisiers en fleurs est célébrée dans ce pays par de nombreuses festivités dont, fin avril : « La quinzaine Franco-Japonaise », rendez-vous culturel placé cette année sous le signe, entre autres, de l'harmonica (voir notre rubrique « Nouvelles »).
Cet événement sera le prélude à un calendrier planétaire riche en événements musicaux et qui va se poursuivre, noblesse oblige, par nos incontournables festivals annuels de mai : festival de Saint Aignan et festival H2F d'Auxerre...
Une vrai fête de la musique avant l'heure.
Une hirondelle nous a déposé ce matin un e-mail en provenance du Togo, 71ème pays à fréquenter notre site qui se réjouit de son audience internationale... Voilà qui devrait faire plaisir à mon ami John Walton. Hello John ! Quel temps fait-il au paradis des harmonicistes ?
- Jean Labre
Paru le 7 avril 2007

Du côté de chez Hohner
Survivante de la révolution industrielle du XIXè siècle, à laquelle l'harmonica restera à jamais attaché outre Rhin, cette marque prestigieuse fête ses 150 ans d'existence.* Bon anniversaire Hohner !
La marque nous propose 3 modèles "Hohner 150th Anniversary" commémorant cet évènement. attention, tirage limité*.

Notre site reçoit fréquemment des demandes d'informations techniques* relatives à des modèles récents, ou plus anciens, fabriqués ici et là sur la planète Harmonica.
Cela concerne notamment le modèle XB40 de chez Hohner, dont je reprend aujourd'hui mon article paru dans la revue « Echos France Harmonica » n°43 :
Le XB40, ou le bending (altérations) à la portée de tous ?
Pas aussi facile que l'on pourrait l'imaginer. Car il va falloir tout de même que chacun y mette un peu du sien avant d'acquérir la maîtrise technique de ce nouveau venu, il faut en convenir, révolutionnaire.

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Avant d'aborder la description de l'instrument, il me semble bon de revenir sur ce qu'est le bending et sur la technique de base qui nous permet de l'obtenir.
Il s'obtient par un effet d'altération ayant pour point de départ la note, soufflée ou aspirée, choisie parmi les 10 trous de l'instrument de concept Richter. Selon l'effet d'altération que l'on va exercer sur la note concernée, le son produit pourra ainsi être baissé ou élevé dans le but de créer plus de notes que n'en comporte l'harmonica dans sa définition initiale.
L'obtention de la note recherchée se fera par une gymnastique buccale qui consistera à emmagasiner en bouche la quantité d'air requise, cela accompagné d'un blocage de la langue contre votre palais. Mais pour bien obtenir l'effet recherché, il faudra vous aider de la voix, à l'aide de voyelles que vous devrez placer lors du glissement de la langue sur le palais, aide vocale allant du « AAH » au « EUHEU », sans effet de vocalise, s'agissant uniquement d'une onomatopée plus cérébrale que physique. La langue, en se déplaçant de l'avant vers l'arrière du palais, ou l'inverse, vous permettra d'obtenir la note désirée. Entraînez-vous de la sorte avant d'aborder en connaissance de cause le chapître qui va suivre, et accordez vous un temps d'écoute de maîtres en la matière tels que : Howard Levy, J.J. Milteau, Michel Herblin, Joel Hanriot, etc.
Côté altérations, vous allez être gâtés. Alors qu'un diatonique Richter, type Marine Band, vous limite à l'obtention de 12 altérations possibles, le XB40 vous en offre 40 !

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Ainsi prend fin la périlleuse aventure des « overblows » pratiqués sur les prédécesseurs Richter du XB40. Vous pouvez désormais les obtenir par un simple bending ainsi qu'indiqué dans le tableau de la page précédente. Exemples : le d# obtenu en overblow sur un Marine Band, en trou 1, pourra être réalisé par un simple bending soufflé en trou 2 du XB40. Il en est de même pour le g# obtenu par un overdraw sur un diato lambda, en trou 9, que vous obtiendrez par bending aspiré en trou 10 du XB40, etc.
Ces performances, pour le moins surprenantes, sont essentiellement dues à la trouvaille qui consiste à placer 2 lamelles par note. Une lamelle principale qui est accordée pour la note principale, et une lamelle auxiliaire qui ne réagit pas au souffle ; elle ne réagira que sur un ordre d'un effet d'aiguillage en provenance d'un système de valves installé à même le sommier. Ce nouveau concept de musique à bouche nous permet ainsi d'obtenir les 60 notes figurant sur le tableau ci-dessus.
C'est du travail sérieux, une parfaite étanchéité est assurée par 10 vis cruciformes reliant confortablement plaques et sommier. L'instrument est de dimensions supérieures au légendaire « Marine Band », normal... compte-tenu de tous les éléments constituant cette petite merveille de technicité.
A chacun sa philosophie de l'instrument : certains diront que la tirette du chromatique est tellement plus pratique pour l'obtention des demi-tons... les inconditionnels des overblows répliqueront foutaise ! Qu'ils se rassurent, cela n'enlève rien à un Howard Levy qui n'a toujours pas fini de nous étonner !.
A chacun son point de vue, le mien est qu'il faut aller de l'avant. Un pas vient d'être franchi, bel accessit pour Hohner. Sans oublier pour autant Rick Epping, papa du XB40, auquel j'adresse un grand bravo.
Keep blowing !

Dans un autre registre, parmi les récents modèles sortis récemment, le Chromonica 270 DELUXE semble avoir été bien accueilli par les adeptes du « 12 trous », fidèles depuis des lustres au concept Chromonica, 3 octaves, et à son look qui ne prend pas de rides.

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Dans son souci constant d'innovation Hohner a eu la bonne idée de le relooker en remplaçant les trous d'embouchure carrés par des trous ronds. Ce détail, apparemment anodin, revêt cependant une importance commerciale et permet de rallier à cette marque les adeptes des trous ronds, qui n'avaient jusqu'alors que la seule solution de se tourner vers d'autres marques pour obtenir satisfaction (j'exclue de mon propos le CX12 qui vise une autre clientèle). Les adeptes des trous carrés auront toujours la possibilité de faire leur choix parmi les nombreux modèles proposés dans le catalogue Hohner.
Outre cette nouvelle embouchure, Hohner a tout particulièrement soigné la finition de cet instrument. On découvre ainsi un jeu de plaques vissées sur un corps en poirier, assurant ainsi une parfaite et confortable étanchéité. Ajoutons à cela, pour les gauchers, la possibilité d'inverser la tirette. Enfin le capot en métal, sans étain, nous fait découvrir une nouvelle gravure, plus attractive.
Si vous voulez en savoir plus sur le catalogue Hohner, consultez le site http://www.hohner.fr , abondamment fourni.

Jean Labre

*Voir notre article : « L'anche libre ou naissance et histoire de l'harmonica ».

*Harmonicas "Hohner 150th Anninersary", il s'agit de modèles ayant pour références :
-Standard Edition (voir photo dans notre rubrique ("Nouvelles").
-Chrom Edition
-Gold Edition
En vente chez "Major Pigalle" ou tout autre magasin de musique de l'hexagone dépositaire de la marque Hohner.

*On me demande parfois sur quels harmonicas je joue. Mon choix se porte sur les harmonicas Hohner suivants : le Super 64X, le CX12, le Marine Band Special 20, le Golden Melody.
Et lorsque je joue en trio : le Chord Akkord et la basse modèle 268.

Photos Hohner
Paru le 9 mars 2007

La Musique de Film - Franco De Gemini
"Caro Franco, La tua esecuzione con l'armonica è, ancora una volta, degna del film e dell'idea musicale che l'accompagna. Grazie ancora." - Ennio Morricone
"Cher Franco, Ton interprétation à l'harmonica est, encore une fois, digne du film et de l'idée musicale qui l'accompagne.
Encore Merci." - Ennio Morricone

L'harmonica a souvent été courtisé par les réalisateurs de musiques de films, tel un ingrédient indispensable, indissociable des images qu'ils proposent, associant ainsi totalement l'ouïe à notre regard sur le film. A tel point que l'on ne peut imaginer l'un sans l'autre, mais il arrive parfois que la musique prenne le pas sur l'image, ce que l'on pourrait considérer, nous autres musiciens, comme un heureux événement.
La musique de film associée à l'harmonica, a recueilli un vif succès lors du dernier Midem à Cannes, en janvier dernier, événement au cours duquel un hommage fut rendu à Franco de Gemini, harmoniciste interprète de plus ou moins 800 musiques de films (à quelques unités près), ce qui représente environ 8600 heures passées dans les studios d'enregistrements, durant plus de 50 ans !

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Ce sosie et ami du regretté Lino Ventura est désormais sans rival pour faire bonne figure dans le livre « Guinness » des records. En cette occasion Franco de Gemini fêtait les 50 ans de son label Beat records, reconnu comme étant l'un des plus réputés dans le domaine de la production de musiques de films (mais également spécialisé en jazz et musique classique). Beau parcours pour cet Homme à l'Harmonica, rendu célèbre par son interprétation de ce titre dans « Il était une fois dans l'Ouest » 1968(*), point de départ d'une longue complicité entre trois compères : le regretté Sergio Leone, Ennio Morricone,les inventeurs du western spaghettis, et Franco de Gemini.
Ces deux derniers fêteront leurs 80 ans dans deux ans. Ennio Morriconne a reçu un Oscar à Hollywood, pour sa brillante carrière, lors de la récente cérémonie, fin Fevrier.

Compositeurs, producteurs, artistes, Franco a fréquenté les plus grands qui deviendront ses amis, outre le trio des inséparables déjà cité, on retrouve : Joe d'Amato, Visconti, Leonard Bernstein, Gina Lollobrigida, Charles Bronson, Sophia Loren, Vittorio de Sica, Henri Mancini, Italo Zingarelli, Bud Spencer et tant d'autres noms célèbres associés à tant de films : Il était une fois dans l'Ouest, Pour quelques dollars de plus, Le bon la brute et le truand, My name is Trinity, Mort à Venise, Manhattan, Pain Amour et Fantaisie, La Marche triomphale, Mission Cobra , La Bataille d'Angleterre, Holocauste, Le Ruffian, le nouvel enregistrement de West Side Story à Rome, en 1985, sous la direction de Bernstein, etc. Autant de musiques dans lesquelles on le retrouve soit comme interprète, soit comme éditeur, soit comme producteur de disques et souvent sous les trois casquettes à la fois.

Un CD, « Franco de Gemini – The Man with the Harmonica » est sorti récemment en Allemagne sous le label All Score Media (catalogue N° ASM 023). On y retrouve des morceaux inoubliables dont « L'Homme à l'Harmonica », en deux versions différentes, et d'autres composés par lui. Vous pouvez vous le procurer auprès de http://www.allscore.de ou par FNAC.com.
<FNAC URL="musique.fnac.com/a2284193/Franco-De-Gemini-Man-with-the-harmonica-CD-album" PROD="Franco de Gemini - The Man with the Harmonica">

Dans une interview récente, réalisée par Bayern 11 Radio (Allemagne), Franco DE Gemini nous raconte l'histoire de l'enregistrement de L'Homme à l'harmonica : « Naturellement je me suis bien amusé avec Morricone lorsque nous avons fait Il était une Fois dans L'Ouest. Quand je suis arrivé au studio il avait déjà enregistré les bases musicales du score. Il me dit alors : — Tu connais l'histoire du film ? (Sergio Leone me l'avait déjà raconté). Tu as juste 3 notes à jouer ! — Ah bon, 3 notes ! C'est beaucoup plus difficile qu'un concerto de Mozart entier. Où est la partition ? — Il n'y a pas de partition ! — Pas de partition ? Que dois-je faire ? — Je te donne 3 notes et tu fais ce que tu veux avec ton harmonica. Je lui dit alors : — L'acteur a les mains attachées dans le dos, comment peut-il bouger l'harmonica ? — Là, nous devons faire ce que nous suggère le scénario, l'harmonica coinçé entre les dents il est censé ne pouvoir jouer que ces 3 notes , réplique Morricone. J'ai joué 3 notes... Le résultat est maintenant connu ». Ces nasales et ces sonorités pénétrantes devinrent, comme la musique de Morricone, la marque de fabrique d'une génération entière de films.

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Tout ceci est très bien raconté dans un livre qu'il vient d'écrire et publier, avec l'humour qui le caractérise, sous le titre : From Beat to Beat, Memoirs of the Man of the Harmonica (en italien et anglais). Livre abondamment illustré contenant un CD incluant 19 titres des plus divers, avec ou sans harmonica, qui nous permettent de mieux découvrir ce personnage hors du commun. Il vous est possible de vous le procurer par commande sur le site : http://www.beatrecords.it
Pour plus d'info :  ; adresse : Beat Records, via Filippo Nicolai, 16, 00136 Rome Italie.

Franco de Gemini reste toujours attentif aux événements liés à notre monde de l'harmonica, il reste fidèle à l'esprit du « Club Harmonicisti Torinesi » (Club d'Harmonica Turinois) dont il fut le fondateur dans les années 50. Nos chemins se sont croisés à plusieurs reprises, autant d'occasions de partager une passion avec un grand musicien d'une extrême gentillesse qui nous a confié lors du Midem : " Je vais d'abord mourir, après, j'envisagerai de prendre ma retraite !"

Franco de Gemini n'est pas le seul a s'être illustré dans le domaine de la musique de film. Nous n'en oublierons pas pour autant : Jerry Adler qui reste le premier à s'être fait connaître dans le monde très fermé d'Hollywood, au début des années 40, son frère Larry qui obtint un Oscar en 1953 avec « Geneviève », Tommy Morgan qui engrange à son actif plus de 500 musiques de films, Toot's Thielemans, Pete Pedersen, Richard Hayman, Charlie Mc Coy, Eddy Gordon, Albert Raisner, Jean Wetzel, William Galison, René Gary... Que ceux que j'oublie veulent bien me pardonner.
"Le Grisbi", "Le Riffifi", "Il était une Fois dans l'Ouest", "La Manon des Sources", "Bagdad Café" et tant d'autres succès intemporels restent à jamais gravés dans la mémoire du public. Autant de bons points pour un instrument aux sonorités inégalables que la musique de film a bien raison de courtiser.
- Jean Labre

(*) Retenons que c'est en 1950 que Franco De Gemini enregistra sa première musique de film dans "Pain Amour et Fantaisie" de Vittorio de Sica.
Photo portrait : Beat records, d'après peinture de Sandro Symeoni.
Photo de la couverture du livre : Beat Records
Paru le 23 février 2007


Edito

 

Bonne Année 2007
Le temps s'en va, le temps passe, si vite... 2006 appartient désormais au passé, souvenirs, souvenirs... Tournons nous dès aujourd'hui résolument vers l'avenir, vers cette nouvelle année 2007 déjà prometteuse en événements dont nous aurons l'occasion de reparler, et puis, faisons confiance au temps, faisons de lui notre complice avec les heureuses surprises qu'il nous réserve toujours dans sa hotte...
"avec le temps faut laisser faire et c'est très bien..." (Léo Ferré).
Nous allons vivre en 2007 un événement harmoniciste d'importance planétaire qui restera gravé, à n'en point douter, dans les annales de la musique à bouche. Il s'agit du concert d'Howard Levy qui aura lieu à Bad Elster, en Allemagne, le 3 février prochain, au cours duquel ce virtuose d'exception interprétera le "Concerto pour Harmonica Diatonique et Orchestre Symphonique", dont il est le compositeur. Il sera accompagné par l'orchestre "Chursächisten Philarmonic".
Qui eut pu imaginer pareille révolution il y a seulement quelques années ? L'accession de l'harmonica diatonique au rang d'instrument de concert classique sera sans aucun doute l'événement majeur de cette année 2007 et de ce début de siècle, pour nous, harmonicistes. Merci monsieur Howard Levy.
Avec le temps qui passe... Howard nous fait là un sacré cadeau que cet édito me permet de partager avec vous, en ne manquant pas de vous souhaiter, à vous ainsi qu'à vos proches, une bonne et heureuse année.
Jean Labre
Paru le 30 décembre 2006

Harmonicas pentatoniques
"Une nouvelle ère pour l'Harmonica Tremolo, une révolution dans l'expression musicale". Juko Saito

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Lors de l'un de ses voyages au Japon Jean Labre a rencontré Juko Saito, Président AJHF*, créateur de l'harmonica trémolo pentatonique.

Cédant à ma curiosité instinctive, je n'ai pu résister à la tentation de souffler dans cet instrument dès l'instant où je l'ai eu en mains, aidé en cela par les premiers conseils d'utilisation prodigués par Juko Saito... en prélude à notre interview.
C'est du jamais déjà entendu et ça n'a rien de commun avec les autres harmonicas existants.

Si l'instrument est nouveau, les gammes pentatoniques, elles, le sont moins. Elles ont déjà une longue existence, une histoire et une culture bien établie partout dans le monde et cela depuis plus de 4500 ans (voir notre article : "L'anche libre - histoire de l'harmonica").
Le Trémolo pentatonique se définit comme étant une nouvelle application instrumentale dans ce domaine mélodique, dont la gamme ne possède que 5 notes, comparée à la gamme diatonique (7 notes), et la gamme chromatique (12 notes). Il est à noter que ces deux dernières gammes n'ont fait leur apparition au Japon qu'à la fin du 19è siècle,pendant l'ère Meiji (1868 - 1912).

La musique traditionnelle japonaise tourne autour de 3 gammes pentatoniques qui se résument ainsi :

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1/ Do-Ré-Mi-Sol-La. Ainsi que vous pouvez le constater, cette gamme ne comporte ni Fa ni Si. C'est la gamme majeur pentatonique.

2/ La-Si-Do-Mi-Fa . Cette gamme exclue la quarte et la septième (ni Ré, ni Sol ). C'est la gamme pentatonique mineur.

3/ Do-Mi-Fa-Sol-Si . Cette gamme exclue la seconde et la sixte ( ni Ré, ni La ). Elle est bien connue au Japon sous l'appellation de gamme pentatonique d'Okinawa.

Juko Saito a donné naissance à de nouveaux modèles d'harmonicas selon la définition de ces trois gammes. Ce sont les premiers harmonicas pentatoniques trémolos. Ces harmonicas sont fabriqués par :
TOMBO MUSICAL INSTRUMENTS C° à Tokyo. URL : http://www.tombo.co.jp
E-mail :


Dans un premier temps, voici quelques schémas explicatifs qui vous aideront à mieux découvrir ces instruments. Il existe 6 modèles dont voici les caractéristiques :

1/ Major Pentatonic Harmonica (réf : MA-1).

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Modèle en Sol majeur "NOMA-3" (soufflé, aspiré). Gamme se prêtant aux arrangements de musique traditionnelle japonaise.

2/ Major Pentatonic Harmonica ( réf : MA-2 ).

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Avec obtention d'une gamme pentatonique mineur en notes aspirées, ces notes étant : La-Si-Do-Mi-Fa. Cette gamme pentatonique mineur se prête aux modes traditionnels, on la retrouve dans "Mago-Uta", air célèbre.
Il faut savoir qu'il n'y a pratiquement pas d'harmonie dans la musique traditionnelle japonaise. Ces gammes n'en mettent pas moins en valeur cette musique très mélodique et très populaire.

3/ Major Pentatonic Harmonica (réf : MA-3).

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Cette gamme permet de jouer dans un autre registre de folklore japonais basé sur la sixte et la seconde comme point de départ de phrasé. Il est ainsi possible de jouer une base d'accord sur 2 notes.

4/ Minor Pentatonic Harmonica (réf : MI-1).

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Harmonica basé sur mode mineur sans les notes Ré et Sol#. Les notes soufflées sont : La, Do, Mi. Cet instrument peut se prêter à l'exécution de bon nombre de thèmes occidentaux.

5/Minor Pentatonic Harmonica (réf : MI-2).

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Toujours destiné à l'exécution de la musique populaire japonaise. Les notes soufflées sont La, Si, Do, Mi, Fa (mineur pentatonique). Un Fa# a été introduit dans les notes aspirées; il revient souvent dans les thèmes japonais.

6/ Minor Pentatonic Harmonica (réf : MI-3).

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Instrument basé sur l'accord de La mineur. Il est possible de jouer 3 accords sur cet harmonica (La mineur en notes soufflées, Mi mineur et Sol en aspirées ). Cela permet une exécution avec une couleur différente.

Ces harmonicas ayant été conçus et testés au Japon, il n'est pas étonnant qu'ils aient trouvé refuge au sein de la musique de tradition de ce pays.

Il nous reste à nous, occidentaux, de leur trouver une application dans nos musiques traditionnelles et actuelles. J'en prends pour exemple une adaptation de Pete Pedersen de "My Blue Heaven" sur un de ces harmonicas pentatoniques... à écouter aussi "Pachinko Pentato" dans le CD "Humanitas" de l'auteur de cet article.

Une nouvelle voie nous est ouverte. Grand merci à Juko Saito, grand musicien et innovateur talentueux.
Jean Labre.

* A.J.H.F. : All Japan Harmonica Fédération

Photos: Juko Saîto — Jean Labre
Paru le 20 octobre 2006


Edito

 

Feuilles d'Automne...
Feuilles d'Automne... qu'un vent capricieux vient de déposer délicatement sur notre toile. Voilà un signe de bon augure, annonciateur d'une activité harmoniciste intense en cette fin d'année 2006.
Après sept mois d'existence, attentif au pouls de notre planète (pour les autres on verra plus tard...), notre site se réjouit de l'écoute mondiale dont il fait l'objet ; 61 pays nous ont déjà rendu visite !
Je tiens à remercier ceux d'entre vous qui nous ont adressé de nombreux témoignages de sympathie et d'encouragement. Nous avons pris bonne note des suggestions qui nous sont parvenues, certaines d'entre elles ont tout particulèrement retenu notre attention.
Ce dernier trimestre jeanlabre.com verra la naissance de nouvelles rubriques, instrumentales et techniques et des articles de fond. A vos claviers !
"L'Automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver." George Sand l'a si bien dit.

Bien à vous.

J. Labre
Paru le 4 octobre 2006


Edito

 

La lettre de Jean Labre
En ce matin du 21 juin, jour de la fête de la musique, je saisis l'occasion symbolique qui m'est offerte de vous adresser cette première lettre.
Après quatre mois d'existence notre site se réjouit des visites tous azimuts dont il est l'objet, je vous en remercie. Cinquante et un pays ont déjà rallié notre « Jamboree » de la toile ; les deux derniers sont le Chili et la Bulgarie. Bienvenue à tous !
La communication harmoniciste internationale via internet a été le thème d'un débat important lors de la convention AJHF* japonaise de Tokyo, en avril dernier. Convention à laquelle j'ai pris part à l'invitation de Yasuharu Mano, son président, qui reste convaincu, et il n'est pas le seul, de la nécessité de mettre en place un système de communication planétaire à l'exemple du site jeanlabre.com. Ce qui m'a donné l'occasion de prendre la parole, développant le concept de mon site, évoquant également les éventuels prolongements que l'on pourrait y apporter ; soulignant qu'internet présente l'avantage essentiel d'une information rapide, à peu de frais pour l'internaute, reléguant la presse associative, onéreuse, au second plan, tout en reconnaissant que cette dernière en reste cependant le complément indispensable.

Je vous invite à me faire part de vos remarques et suggestions par le canal de notre messagerie « contact ». L'équipe jeanlabre.com reste à votre écoute, il y va de la solidité de notre toile.

Bonne fête de la musique...à bouche.

Jean Labre

*All Japan Harmonica Federation
Paru le 21 juin 2006

Sunlights sur le Festival St Aignan 2006
De retour de la quatrième édition du Festival « Harmonica sur Cher », je reviens sur les faits saillants de cet évènement dont nous avions déjà fait mention en mars dans nos annonces calendrier. Ce Festival mérite qu'on s'y attarde un peu plus afin d'en souligner les mérites essentiels dont le principal est à attribuer à l'Association Mediator et son dynamique président Christophe Minier qui ne cesse de nous surprendre un peu plus chaque année.
Quatre jours riches en évènements qui ne laissent guère aux festivaliers le temps de souffler : concerts, ateliers, conférences, bœufs à n'en plus finir pour les noctambules, et ils sont nombreux. Quatre soirées de concerts d'une grande qualité avec des artistes venus des quatre coins du monde.
Que dire d'autre de ces artistes dont la diversité et la qualité des prestations qu'ils nous ont offert méritent d'être soulignées :
-Barefoot Lano, cet australien toujours pieds nus comme son nom l'indique, bluesman au grand cœur, qui vous laisse sous le charme de ses compositions aidé en cela par les trois autres éléments de son quartet, une joie de vivre, un instant de bonheur qu'il partage avec le public. Barefoot Lano, c'est « danse avec les kangourous » !
-Le percussionniste Orlando Poleo, qui nous vient du Venezuela avec son groupe Afro-Venezuela Jazz, généreux en décibels. Il a eu l'heureuse idée d'intégrer dans son groupe Laurent Maur, au chromatique, lequel assure l'exposition de tous les thèmes du répertoire avec chorus à la clé, et avec quel brio, ça déménage !

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- Sébastien Charlier et son quartet, également partie prenante dans ce carrousel planétaire, nous gratifiât à son tour d'une démonstration d'overblows dont il a le secret. Cet alien du Richter (baptisé ainsi par Charlie Mc Coy) nous a fait une fois de plus une démonstration de son grand art avec un quartet jazz très à la hauteur de la situation.












-J'attribue le clou de ce festival à un showman d'exception : Jason Ricci, de Nashville, et son quartet New Blood.

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Imaginez un personnage au look David Bowie, monté sur bâtons de dynamite (record de décibels assuré), un bluesman à la fois sensible, rugueux, engagé, avec une présence scénique exceptionnelle, on est aussitôt conquis, on tombe sous le charme d'un show de classe internationale qui ne déparerait pas dans une première partie au stade de France, sans oublier son compère le remarquable guitariste Shawn Dustin Stachurski à la présence scénique très style rocker... ça vous met le feu !

-Pour tempérer ces flots de décibels, Christophe nous a judicieusement réservé un temps de respiration monastique, en la collégiale de Saint Aignan, au cours duquel Claude Saubestre fit une démonstration talentueuse des possibilités offertes à l'harmonica chromatique dans le domaine des répertoires de la musique classique et de la musique de genre, remarquablement accompagné par la pianiste japonaise Nami Miyata.

Mais n'oublions personne. Un plateau exceptionnellement riche nous a offert les très belles prestations des groupes : Olivier Goulet & Le Monde de Kota, ainsi qu'Emmanuel Frangeul, au sein du groupe (Franco-USA) : Karl W. Davies & the Milkmen. Sans oublier non plus cet après-midi du mercredi au cours duquel Eric Frère Jacques offrit aux enfants de tous âges sa belle histoire des contes du Mississipi.

Journées de la passion dont nous étions tous animés, ça aide, j'étais comme sur un nuage, ça m'a bien facilité la tâche lors de ma conférence, au cinéma du Petit Casino, sur le thème : il était une fois l'harmonica... une histoire de 4500ans.
Harmonica sur Cher à atteint le top des festivals mondiaux de la musique à bouche et c'est bien parti pour durer. On ne peut qu'en féliciter Mediator, son président et tous ses bénévoles, ces merveilleux bénévoles.

Jean Labre

Photos : Jean Labre et Jason Ricci Bluesunday
Paru le 5 juin 2006

L'anche libre, ou naissance et histoire de l'Harmonica
Nous sommes en Chine au XXVIIème siècle avant notre ère, sous le règne de l'un des "trois grands ancêtres", l'empereur Huàngdi, "le souverain Jaune", qui aurait vécu selon l'histoire légendaire de 2697 à 2597 av. J.-C. Outre les inventions de la boussole, du calendrier chinois, des bateaux océaniques et de la céramique, on lui attribue l'invention du sheng, premier instrument à anches libres, basé sur deux principes fondamentaux qui régissent l'univers : le yin et le yang. Le yin , féminin et passif, et le yang, masculin et actif.
" Yin et Yang concertent et s'harmonisent selon des rapports musicaux, dit Huàngdi, c'est pourquoi nous reconnaissons dans la musique la suprême vérité à laquelle obéissent le corps, l'esprit, la société humaine et l'univers entier.
Les cinq notes de la musique correspondent à tout ce qui se voit sur terre : couleurs, saisons, éléments planètes. A la note Kyo correspond notre foie, à la note Tché correspond notre cœur, à Kong la rate, à Chang le poumon, et à Yu les reins.
La musique est le remède aux maux de notre corps et de notre âme. C'est aussi la clé suprême de la sagesse. L'être humain, comme toutes choses dans l'Univers, est un accord de la Grande Symphonie. " (extrait du " Livre de l'Harmonica " d'Albert Raisner).
On notera que les cinq notes du sheng, évoquées ci-dessus, sont, dans l'ordre : mi, la, ré, sol, do, gamme pentatonique. L'apparition de cette gamme est par conséquent la première étape importante que la musique humaine ait franchi sur notre planète.

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Il faudra cependant attendre 1990 pour assister à la naissance d'harmonicas pentatoniques créés au Japon par Juko Saito pour la marque " Tombo ", laquelle fabrique également une remarquable reconstitution du Sheng; le Shô (photo ci-dessus).

Continuons notre voyage dans le temps.

- 750 après J-.C. Apparition du Shô au Japon, variante du sheng. Instrument polyphonique sur lequel il est possible de jouer en produisant des suites d'accords dérivés de la gamme pentatonique.

- 1295, de retour de Chine, Marco Polo aurait introduit le premier sheng en occident.

- Marin Mersenne (1588-1648), savant français, correspondant de Descartes, Pascal, Toricelli, se livre à une étude approfondie du sheng, à partir de laquelle il introduit le principe des anches libres en Europe. Ce qui l'aide à déterminer les rapports de fréquences des notes de la gamme.

- 1796, le père missionnaire Amiot, de retour de Chine, rapporte plusieurs shengs à Paris.

- 1780, un peu partout en Europe, on commence à se livrer à des expériences instrumentales basées sur l'étude des anches libres.

- 1816, un facteur d'orgues allemand, Johan Buschmann, invente le terpodion, clavier à anches libres qui sera le prédécesseur de l'harmonica et de l'harmonium.

- 1821, son fils, Christian Friedrich Buschmann invente un petit instrument, l'aura, de 10cm de longueur, qui possède 15 lamelles de métal (anches libres) qui vibrent sous le souffle. Portant son invention à ses lèvres, il va la faire glisser à gauche, à droite, recréant le geste millénaire de la flûte du Dieu Pan. L'aura est simple, pratiquement indéréglable et renferme les caractéristiques de l'harmonica tel que nous le connaissons.

- 1822 Donnant suite à son invention de l'année précédente, Friedrich Buschman imagine d'associer un petit soufflet à l'aura, démontrant ainsi qu'il serait possible de substituer un souffle mécanique au souffle humain. La succession d'inventions qui va suivre nous démontrera qu'il fut sans doute le précurseur de l'accordion (qui deviendra l'accordéon). Le fruit de cette première découverte prendra le nom de handäoline (éoline à main).

- 1823, en Allemagne, naissance du mundeoline (éoline à bouche).créé par Messner, à Trossingen, Allemagne.

- 1823, cette même année, c'est encore le nom de Messner qui émerge. Cet habile artisan, après avoir analysé les éléments constituant l'aura, va inventer un nouvel instrument dont il entreprendra la fabrication dès 1827 à Tossingen, sa ville natale. Après avoir apporté de multiples modifications, il lui donnera le nom de mundäoline (éoline à bouche... mot bâti sur le radical Eole, Dieu du vent).

- 1824, Geor Anton Reinlein dépose un brevet de fabrication d'un harmonica à la manière chinoise, non suivi d'effets.

- 1825, en Espagne, à Madrid, apparition d'un orgue à bouche, inventé par Mieg, également non suivi d'effets.

- 1825, naissance du premier 20 notes/10 trous. Nouvelle configuration développée par un nommé Richter, natif de Bohême (Tchécoslovaquie). Configuration de plus en plus utilisée qui portera son nom : diatonique Richter. Elle connaîtra une véritable révolution à la fin du XXème siècle avec la découverte des overblows (Howard Levy) et autres altérations.

- 1827, en France, à Paris, Marie Candide Buffet, accordeur de son état, invente l'harmonica métallique à bouche dans son atelier situé rue des Blancs Manteaux dans le 4ème arrondissement. L'entreprise de Marie Candide Buffet connaît un développement rapide, l'obligeant à distribuer le travail de fabrication en ville chez des particuliers, et l'un d'eux, Jacob Alexandre, va fonder à son tour, en 1828, une firme spécialisée dans les fabrications de cette nature. Mais l'originalité et la qualité de ces fabrications sont telles que Cyril Demian, s'en serait inspiré en partie lorsqu'il créé son harmonica à main ou accordion dont le brevet est déposé à Vienne le 6 mai 1829 et qui devient, après bien des perfectionnements, l'accordéon que nous connaissons. La même année, en Angleterre, Charles Wheatstone invente un petit instrument hexagonal similaire à l'accordéon, le concertina, transformant ainsi le symphonium à bouche, sa première invention, en un symphonium ... à soufflet.

- 1827, Christian Messner, artisan horloger de Trossingen en Allemagne, lance la fabrication d'harmonicas, en petite série, du modèle Mundharfe avec son cousin Christian Weiss.

- 1828, quelques années après son aura, Friedrich Buschman annonce à son frère, dans une lettre écrite de Barmen (devenue depuis Wuppertal), une nouvelle invention. En voici le contenu : J'ai inventé, à Barmen, un nouvel instrument très bizarre. Ce petit appareil a quatre pouces de diamètre. Il comporte 21 notes. tu peux jouer piano, crescendo ou ad libitum. L'instrument n'a pas de clavier, il produit des harmonies comprenant 6 notes, mouvement rapide ou autre. Il est possible de tenir le son tant que l'on souffle dedans. Le but de mon invention est de jouer l'accompagnement sur notre instrument (terpodion) et la mélodie sur ce petit appareil, ce qui donne un effet vraiment étonnant.

- 1829, départ de la première grosse fabrication, à Vienne, en Autriche.Elle va connaître un important développement dans les années qui vont suivre, notamment à la naissance de l'usine Wilhem Thie en 1834.

- 1829, Cyril Demian crée l'harmonica à main ou accordion, dont le brevet est déposé à Vienne le 6 mai 1829. Le concept de base consistant à remplacer le souffle humain par un soufflet mécanique (déjà imaginé par Friedrich Buschman en 1822). La même année, en Angleterre, Charles Wheatstone invente un petit instrument hexagonal similaire de l'accordéon, le concertina, transformant ainsi le symphonium à bouche, sa première invention, en un symphonium... à soufflet.
Force est de constater que sans l'invention de l'harmonica, l'accordéon n'aurait sans doute jamais vu le jour à cette époque.

- 1847, naissance de la marque SEYDEL, fondée par Christian August Seydel à Klingenthal, Allemagne. Cette marque est toujours en activité de nos jours.

- 1857, à Trossingen, point de départ de la saga HOHNER, sous l'impulsion de Matthias Hohner qui réussit à produire 650 harmonicas la première année. Hohner S.A. sortira son milliardième harmonica en 1986 lors de la sortie du modèle Comet (Photo gravure usine Hohner en 1894).

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- Saviez-vous que le premier harmoniciste célèbre recensé, vers 1860, est le président Abraham Lincoln ? On ne saurait trouver meilleur symbole pour le départ de l'aventure humaine de notre instrument.

- A la fin du XIXème siècle, aux Etats-Unis, les pionniers de la country music vont jouer un rôle important dans le développement de l'harmonica. C'est le résultat du mélange des différents peuples d'émigrés qui sont venus outre-atlantique avec leurs traditions d'origine : les Anglo-Irlandais, les Espagnols, les Franco-Acadiens, les Polonais et autres peuples d'Europe centrale. Ils apportent dans leurs besaces les premiers harmonicas diatoniques, et les font ainsi découvrir aux populations noires qui les adoptent d'emblée, mais qui se démarqueront de la country music, ne reconnaissant que la culture blues pure et dure.

- Au début du XXème siècle, c'est le Japon qui va connaître à son tour un impressionnant démarrage sous l'impulsion de Hidero Sato qui va marier l'harmonica Tremolo aux autres instruments traditionnels japonais: koto, shamizen, sakuhashi et percussions diverses. Tant et si bien que de nos jours l'harmonica tremolo est devenu un instrument traditionnel à part entière dans la plupart des pays d'extrême-orient.
En 1927 Hidero Satoh se verra décerner un Prix Spécial du jury, à Trossingen, pour l'ensemble de son œuvre. Il est encore de nos jours l'idole de millions d'harmonicistes asiatiques.

- Au fil du temps vont naître d'autres types d'harmonicas qui amèneront l'éclosion de styles différents, et qui vont enrichir, par là même, notre palette instrumentale. Après les modèles déjà évoqués, vont apparaître successivement : l'harmonica chromatique, puis les harmonicas d'accompagnement : le vinetta, le célèbre polyphonia à trois branches, la basse noire suivie de la basse blanche, le chord et plus récemment l'harmonetta (nous vous feront part des caractéristiques techniques de ces instruments dans les pages instrumentales de notre site).

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- C'est en ce début de XXème siècle que naissent les légendes qui vont donner à notre instrument ses lettres de noblesse. C'est à eux que nous devons d'exister. Ce sont (entre autres) : Larry Adler, Tommy Reilly, John Sebastian, Sonny Boy Williamson, Sonny Terry, Little Walter, Borrah Minevitch (on n'a jamais fait mieux dans le genre), Jerry Murad et ses Harmonicats... avec leur enregistrement de " Peg O my Heart " tiré à huit millions d'exemplaires !

- Dans les années 50, les glorieuses , l'harmonica devient très populaire. La mode est aux trios d'harmonicas : Stagg Mc Mann, Raisner, Marny, Harmonicats, Hotcha, Candido ; ainsi qu'à de nouveaux solistes chromatiques, qui viennent compléter la palette des précédents : Jean " Toots " Thielmans, Jean Wetzel, Dany Kane, Claude Garden, René Gary, Franco de Gemini... qui enregistrèrent bon nombre de musiques de films dont le célèbre " Touchez pas au Grisbi ". Le record dans ce domaine est détenu par Franco de Gemini qui enregistra à lui seul plus de 800 musiques de films.

- Les plus grands compositeurs se sont intéressés à notre instrument. Bon nombre de pièces classiques (concertos, etc.) ont été signés par des grands noms tels que : Darius Milhaud, Villa Lobos, Henri Sauguet, Charles Dutoit, Piazzola, François Dompierre, Joseph Kosma, James Moody, etc. Gerschwin et Ravel ont été enthousiasmés par les prestations de Larry Adler dans " Rapsody in Blue " et "Boléro ".

Ainsi prend fin la part d'histoire appartenant au passé et ce qu'il faut en retenir. Après les années 60 nous basculons dans notre vécu. A nous de faire l'histoire d'aujourd'hui, qu'il nous appartiendra de transmettre au futur de la musique à bouche, sans pour autant abandonner le passé à l'oubli.

Cet article est plus amplement développé dans l'Encyclopédie de l'Harmonica que je suis en train d'écrire. Je vous ferai part en temps voulu de sa date de parution.

- Jean Labre
Photos : M. Vicent Roubert et Harmonikamuseum Trossingen
Paru le 16 janvier 2006

World Harmonica Festival 2005 (WHF 2005)
Nous vous invitons à prendre connaissance de l'article de Jean Labre ; il était coordinateur logistique de la délégation française et membre du jury de la compétition mondiale lors de l'édition 2005.

"Trossingen c'est un peu comme le Grand Canyon ou le Taj Mahal, c'est impossible à raconter. C'est comme un pèlerinage que l'on vit intensément dans l'instant et que l'on garde ensuite gravé à jamais en soi."
Trossingen, ville mythique, fêtait cette année ses 148 ans d'existence consacrée à l'harmonica et de rayonnement mondial. C'est aussi en cette ville, le 3 octobre 1950, que naquit la F.I.H (Fédération Internationale de l'Harmonica) au cours d'une réunion constitutive à laquelle prirent part 11 pays (1) ; l'objet de cette association étant de promouvoir et d'organiser, avec le soutient logistique de la société Hohner, des manifestations harmonicistes internationales. Bon nombre de Festivals virent alors le jour avec des " Championnats " qui étaient, faute d'une communication internationale suffisante, plus européens que mondiaux.
En 1985, la naissance de l'I.H.O. (International Harmonica Organization), contribua à apporter un plus à la relation internationale, et à donner enfin une dimension planétaire aux compétitions, toujours aidée en cela par la FIH. C'est ainsi, qu'en 1989 à Trossingen, eut lieu le premier Festival mondial digne de ce nom. Les années 90 virent une alternance FIH/IHO, pour l'organisation de ces évènements : Detroit USA en 1991 et Yokohama, au Japon en 1995, intercalés dans le rythme immuable des WHF de Trossingen tous les 4 ans.

Ce qui nous amène tout naturellement au WHF 2005 de ce mois de novembre. Nous étions 49 français à y prendre part.
Organisé par la FIH, ce WHF était sponsorisé par Hohner S.A., DHV (Deutscher Harmonica Verband) et la ville de Trossingen. La présidence en a été confiée à Gerhard Müller (actuel président de la FIH), la vice présidence à Steve Baker et la présidence du jury de la compétition à Rob Janssen (Fata Morgana). Le jury de cette compétition était constitué par une représentation de joueurs et musiciens réputés issus de 13 pays, lesquels 3 jours durant, eurent à assumer un travail considérable pour départager, en toute impartialité, 520 compétiteurs venant de 27 pays et répartis en 11 catégories.

Ces championnats ont donné lieu à une confrontation de haut niveau. C'est en cette circonstance que les talents naissants commencent à montrer le bout du nez, mais force est de constater que la concurrence est de plus en plus rude avec la percée indéniable des pays asiatiques qui s'affirment désormais, au fil de ces championnats, comme de redoutables compétiteurs, raflant la majorité des médailles. J'en prends pour exemple cet excellent orchestre de Hong Kong qui nous a fait une démonstration à couper le souffle à tout harmoniciste non averti.

Sans oublier pour autant l'immuable et méritoire orchestre Laakirchen (Autriche), sous la direction de Walter Buchinger, et le non moins méritoire " Harmonica 17 ", sous la direction de Pierre Couteau, qui obtint une cinquième place avec mention " excellent ".

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A part cette performance, la France ne récolta qu'une seule médaille, d'argent, dans la catégorie chromatique libre. Elle fut attribuée à Antoine Leroux, accompagné au piano par Nami Miyata (la plus parisienne d'entre nous), qui obtint, lui aussi, la mention " excellent ".

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Une dizaine d'autres français répartis dans différentes catégories obtinrent des accessits avec cette même mention. Mais il faut se rendre à l'évidence que nous sommes loin désormais des performances " France Harmonica " réalisées dans les années passées ; cela est essentiellement dû aux prestations des pays du " Soleil Levant ".
Quoi qu'il en soit cette compétition permet à tout un chacun de se confronter aux joueurs de tous pays et par là même de s'auto-évaluer, et de se dire en repartant qu'il fera mieux la prochaine fois.
Le palmarès de ces championnats est publié sur le site du festival : http://www.whf.2005.de , ne manquez pas de le consulter.

Mais Trossingen c'est aussi un éventail d'événements qui en font un rendez-vous incomparable par leur diversité, offrant aux visiteurs un programme attractif adapté aux spécialités et goûts de chacun. J'en prends pour exemple les trois soirées concerts, dont la "Ladies night ", heureuse innovation à laquelle participèrent nos ladies virtuoses : Naoko Takeuchi (Japon), Michal Adler-Gronich (Israël), Kathrin Gass (Allemagne), Hermine Deurloo (Hollande) et, le dernier soir, Beata Kossowska (Pologne), la " Madonna " du diatonique. Autant de rayons de lune, pour le plaisir des yeux et des oreilles.

Ajoutons à cela le succès des 18 ateliers-workshops, animés par des spécialistes de réputation planétaire, et qui se déroulèrent à guichets fermés.
Seul bémol à la clé, la dispersion des lieux de compétition qui obligent à des footings à travers la ville. Celle-ci n'est cependant pas dépourvue d'un certain charme, et nous avons bénéficié, cette fois-ci, d'un " indian summer " favorable à ce genre d'exercice. Ce qui a permis à la plupart d'entre nous de visiter, ou revisiter, le célèbre musée de l'harmonica et de l'accordéon, unique en son genre, sans cesse renouvelé et animé par l'infatigable Martin Häffner.

C'est dans l'église Martin-Luther-Kirche que Yashuo Watani, le King's Harmonica Quintet et Ulrich Müller Fross donnèrent un concert de musique de chambre, qui devait recueillir un vif succès, le samedi après midi. Mais à chacun son lieu de culte, les purs et durs du diato ,et chroma-jazz, se retrouvèrent chaque soir, jusqu'au petit matin, à la " late night session ", au Kesselhaus, sous la houlette de Steve Baker et ses invités.
Ce WHF 2005 a été une réussite. Il y en avait pour tous les goûts. Certains regrettent même de ne pas avoir pris part à tel ou tel événement étant ailleurs au même moment. C'est ça la magie de Trossingen, on aimerait souvent être partout à la fois.
Qu'il me soit permis de remercier les organisateurs, la maison Hohner, la FIH et plus particulièrement Gerhard Müller et son équipe qui réservèrent à la délégation française un accueil chaleureux.

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Il s'appelle Alexander V. Savelyev. Il nous est venu d'Ukraine après trois jours d'un voyage éprouvant, totalisant 42 heures de bus et de train, avec les tracas de passages de frontières, etc. Il est des nô-ô-tres, avec cette passion qui nous anime quel que soit le pays d'où l'on vient.
Si tous les harmonicistes du monde voulaient se donner la main... C'est fait !
A bientôt Alexander, à Trossingen, dans 4 ans et merci d'être venu.

Jean Labre
Président Fondateur de France Harmonica

(1) Ces 11 pays étaient : Afrique du Nord (...), Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Eire, Espagne, France, Grande Bretagne, Hollande, Irlande du Nord, Suisse.
photos : Swaran Sing Arri/WHF2005 organization et Phil.Delbourg.
Paru le 15 décembre 2005


Edito

 

Bienvenue sur le site de Jean Labre !
Une page est tournée, je quitte aujourd'hui le site "France Harmonica" pour me consacrer au site "JeanLabre.com", avec toujours le même objectif, celui de vous tenir informés de la vie internationale de notre instrument aux multiples facettes.

Bienvenue à tous, amis fidèles et autres à venir. Je vous invite à naviguer dans l'actualité, la culture, la technique de la musique à bouche en vous promenant, au gré de votre curiosité, parmi les diverses rubriques qui vous sont proposées en français et en anglais afin de permettre aux harmonicistes internautes de tous les pays de se joindre à nous.

Bons vents sur un site qui n'a qu'une seule ambition, vous passionner.

- Jean Labre
Harmoniciste
Président Fondateur de France Harmonica
Vice Président IHO Europe
Paru le 14 octobre 2005

 

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